‹ La question scolaire [microforme]Chapitre 10 sur 43 · UNE VOIX · texte numérisé non relu

UNE VOIX

M. FERGUSON.— J'en don à l'hon, préopinant, m trompe pas, Je tiens renseignements du surintendant de L'instruetion, le Dr Ryer son, Et, à ma première conntissance, je puis dire que dans deux localités où ont été établies des écoles séparées, les catho liques en sont devenus fatigués, Je suis convaineu que maintenant ils consentiraient volontiers à ce que leurs enfants regtssent leur éducation avec ceux du reste de la soift£ sut bien que leur religion ne court aueun danger et que leur par conséquent, ne serait pas par là enga gte. (Eeoutez! Ecoutez!i J'espère que le jour viendra où eette question sera envisagée non pas au point de’vue de l'église à laquelle ils appartiennent, mais bien à celui qui sera le plus avantageux à l'éducation de leurs enfants, qui pourront alors grandir en paix ave les autres, Je le répète, je eyler e ce sujet se partie des résolutions, J'avais préparé une motion à cet ettot et une autre à l'égard de nos eanaux, sorte que je suis chagrin qu'il ne me soit pas laissé d'occasion de

les mettre en délibération.

Vous vous trompez.

parne

demande i je ne

Hess

cifti, «ne

conselence,

de

HON. J. 8. MACDONALD. Cornwall.

Pages 1020-1021, Je me lève, M, l'Orateur, pour proposer un autre amendement. (Signes «dl'impatience,) Je dois déclarer à cette chambre qu'il ne m'a jamais été donné de voir une mesure d'une aussi grande importance que celle-ci pasrer sans qu'on ait tente d’y apporter plus G'amendements, Je ne propose pas non plus cette motion dans le simple but de la faire inserire sur les journaux de cette Chambre, car je sens bien que les vues que je vais exprimer et auxquelles j'ai toujours tenu depuis que j'ai l'honneur d'être membre, ne seront peut-être pas partagtes par un bien grand nombre de députés, Je ne désire pas que l’on porte atteinte aux droits de la minorité catholique romaine du Haut-Canada, pas plus qu'aux droits et privilèges de toute autre dénominat 3 £ peler à Chambre que nous fournit Co pays — chercher

l'expérience que ne

pour pas aller

d'exemple chez la république voisine

prouve que chaque fois que l'on na refusé à la majorité le droit de légiférer sur un sujet donné, cette tentative a toujours été suivie des conséquences les plus graves, Qu'il me suffisent de mentionner la question des réserves du clergé, L'on se rappelle qu'aux termes de l'Acte d'Union il était défendu de légiférer sur cette question; cependant elle a donné lieu à des luttes sérieuses peudant plusieurs années, La constitution primitive des Etats-Unis ne permettait pas au congrès de s'occuper de la question de l'esclavage, cependant le peuple ne tarda pas à en demander la suppression, et cette agitation an produit la guerre civile, (Ecoutez! Ecoutez!) La question des réserves du clergé à amené la rébellion dans le Haut-Canada, J'affirme done, M.

l'Orateur, qu'en imposant une restriction constitutionnelle au sujet des de la minorité, nous semons la discorde qui ne

écoles

tardern ja à yroduire les plus vives animosii moins d'amender la constitution. La misorite sera toujours bien protégée

dans les questions qui touchent de près à sa foi ou à son système d'éducation dans une colonie: vivant à l'ombre du drapeau anglais: mais si vous soustrayez expre-sément cette question au contrôle de la ma jorité, les droits de la minorité ne seront pas suffisamment sauvegardés ni dans l'une ni dans l'autre section de la province, car vous aurez démontré que vous ne croyez pas à la justice de la ma jorité. Ilest done de notre devoir, M. l'Orateur, de veiller à ce qu ‘une question qui pouls touche ue si l'éducation de nos en fants — une question qui a déjà causé tant d'excitation dans le Haut-Canada

ne soit pas soustraite au contrôle de la législature locale, Nous ne devons pas enlever à cette dernière un pouvoir qu'elle désirera exercer précisément parce qu'on voudra l'en priver, Soyez-en persuadé, M.

l’Orateur, les autres corps religieux ne manqueront pas ‘le protester contre les droits exclusifs où les privilèges quelconques que l'on pourra conférer à une croyance religieuse en particulier, Je étonné de voir un membre de cette Chambre se lever et dire à la minorité protestante du Bas- Canada ou à la minorité catholique du Haut-Canada: ‘Ne comptez pas sur justice de la majorité,” A-t-on jamais connu un pays où la majorité ne possédait pas le contrôle affaires et où la minorité ne s'y soumettait pas? Est-ce qu'en Angleterre et en France la majorité ne gouverne pas et que la minorité n'obéit pas?

Je n'ai jamais convu de pays où il n'en était pas ainsi. La minorité est à l'abri de te niètement sur ses droits, et je suis prêt pour ma part à me confier à la justice de la majorité du

près que celle de

ferais

des

Haut-Canada

quand il s'agira de la protection des libertés civiles et religieuses des catholiques romains de cette section du pays, Je suis rendu À un âge assez avancé et je désire d'autant plus faire inserire mes opinions dans le journal de cette Chambre qu'avant longtemps j'aurai la satisfaction de pou- Voir dire — peut-être dans l'enceinte de cette Chambre — que j'ai vrotesté contre des résolutions destinées à empêcher la ma jorité du peuple du Haut-Canada d'exprimer librement son opinion et d'exercer un Pouvoir qui lui revient de droit, Mon amendement est à l'effet que:

‘Les mots suivants soient ajoutés à la motion principale: ‘‘et qu'il soit donné instruction au dit comité d'examiner si au.

cune restriction constitutionnelle qui enievera à la législature locale du Haut-Cannda l'entier contrôle et la direction de l'é ducation sujet seulement à l'approbation ou à la désapprobation du parlement géné.

ral, n'aura pas l'effet de créer beaucoup de mécontentement et de jalousie entre les divers corps religieux dans cette section de la province, ’’

Si l’on eroit que l'on va apaiser l'aigreur des sentiments produits dans le Haut- Canada par la tentative de perpétuer un certain système d'éducation, l'on se trompe grandement. Je désire done connaître l'opinion des membres de cette Chambre sur le sujet, je désire savoir s'ils sont d'avis que la restriction proposée par la constitution est de nature à produire l'harmonie, ou s'il ne vaut pas mieux laisser les catholiques du Haut-Canada et les protestants du Bas-Canada se protéger eux-mêmes, ou plutôt compter pour cette protection sur le bon sens et la justice de leurs concitoyens, (Ecoutez!)

M. A. MACKENZIE.—Ayant déjà, M.

l'Orateur, voté en faveur des résolutions dans leur ensemble, je ne saurais avoir d'hésitation à repousser cet amendement, mais en le faisant je désire expliquer Ja position que je prends. (Ecoutez! Ecoutez!) Si l'hon. député de Cornwall (M.

J. S. Macdonald) eût déployé le même zèle contre le système des écoles séparées, alors qu'il avait lo pouvoir 4 ‘empêcher toute législation à ce sujet, il se serait évité ainsi qu'au parti qui l'a maintenu au gouvernement une somme considérable de troubles. T1 semble bien singulier que lui, qui s'est montré si disposé à encourager Je système des écoles séparées, soit aujourd ‘hui si zélé pour le contraire. (Ecoutez!) La motion de l‘'hon. député n'a d'autre but que de susciter de l'opposition à la mesure, et de placer autant de Haut-Canadiens que possible dans une fausse position: mais ie me bornerai à lui dire, quant à moi, qu'après avoir combattu autant que qui que ce soit pour empêcher la passation de toute

loi qui aurait l'effet de désorganiser notre système d'écoles communes, et ayant cons taté que tous mes efforts étaient vains, j'en suis venu à la conclusion que notre position ne saurait Ôtre pire quand même lex réso lutions seraient mises À effet. (Ecoutez! } J'ai dit dans une autre Oceasion que je 1

Pensais pas que le système des écoles «

parées pût entraîner des conséquences dé rastreuses, pourvu qu'il ne fut pas encou ragé davantage, Je ne erois ons que ces écoles puissent produire beauco ip de mal, si elles ne prennent pas plus de développe ment qu'elles n'en ont aujourd'hui: c'est Pourquoi, tout en étant opposé à ce sys tème, je suis prêt à accepter un projet de Confédération, bien qu'il ait l'effet de per pétuer un petit nombre d'écoles séparées.

(Ecoutez!) Sous l'union législative a

tuelle, il nous est impossible de songer à l'abrogation de la loi concerwan séparées; il est même fort douteux que nous puissions opposer une digue À l'enva hissement de ce principe. (Ecoutez!) Not position ne sera pas plus mauvaise vous la nouvelle constitution, et sous un rapport nous aurons un avantage incontestable, en ce sens que les partisans des écoles séparées se verront dans l'impossibilité d'opérer des modifications à la loi C'est tout simple ment substituer le certain à l'incertuin, Je regrette vivement que l'hon, député ait cru nécessaire de proposer cette résolution.

les écoles

L'amendement de l'hon, J, 8, Mac ienald est alors mis aux voix et rejeté sur la divi sion suivante : —

Pour.—MM, Biggar, Burwell, Macdonalil (Cornwall), Macdonald (Toronto Onest ), Ross (Prince-Edouard), Rymal, Scateherd et Wallbridge (Hastings Nord).—s.

Contre—MM. Abbott, Alleyn, Archam beault, Ault, Beaubien, Bellerose, Blanchet, Bourassa, Bowman, Bown, Brousseau, Brown, Cameron (Ontario-Nord), Ca ng, Caron, Proc.-Gén. Cartier, Cartwright, tauchon, Chapais, Cockburn, Cornellier, to ipal Cowan, Currier, De Boucherville, Denis, 1) Niverville, Diekson, Dorion (Druremoni «et Arthabaska), Dorion (Hochelaga), Duckett, Dufresne (Iberville), Dufresne (Monteaini), Dunsford, Evanturel, Ferguson (Frorie nac), Fortier, Galt, Gaucher, Gaudet, Got frion, Gibbs, Harwood, Haultain, Higgin son, Holton, Houde, Howland, Jones (Leeds Sud), Knight, Labrèche-Viger, Lafran boise, Lajnie, Langevin, Le Boutillier, Pr Gén. Macdonald, Mackenzie (Lambten), Mackenzie (Oxford North), Magill, MeConkey, MeDougall, MeGee, MeGiverin, McIntyre, MeKellar, Morris, Morrison, Paquet, Parker, Perrault, Pinsonneauit, Poulin, Pou- Powell, Raymond, Rémitiari, Robitaille, Rose, Ross (Champlain), Ross : sundas), Scoble, Shanly, Smith (Durham Est), Smith (Toronto Est), Somerville, Stirton,

pere,

Sylvain, Thompson, Tremblay, Walsh, Webb, Wells, White, Willson et Wood.—95,

M. Bourassa propose alors pour amendement:

‘‘Que les mots suivants soient ajoutés à la motion principale: ‘‘Et qu'il soit donné instruction au dit comité de pourvoir à ce que la minorité catholique romaine du Hant- Canada soit mise sur le même pied, quant à l'éducation, que la minorité protestante du Bas-Canada, sous les gouvernements locaux de la Confédération des provinces de l’Amérique Britannique du Nord.'’

Pour.—MM. Bourassa, Caron, Coupal, Dorion (Drummond et Arthabaska), Dorion (Hochelaga), Dufresne (Iberville), Fortier, Geoffrion, Holton, Houde, Labrèche-Viger, Laframboise, Lajoie, Macdonald (Cornwall), O'Halioran, Paquet, Perrault, Pinsonneault, Rymal et Sylvain.—20.

Contre—MM. Abbott, Alleyn, Archambeault, Ault, Beaubien, Bellerose, Biggar,

Proc.-Gén. Cartier, Cartwright, Cauchon, Chapais, Cockburn, Cornellier, Cowan, Currier, De Boucherville, Denis, De Niverville, Dickson, Duckett, Dufresne (Montcalm), Dunsford, Evanturel, Ferguson (Frontenac), Ferguson (Simcoe Sud), Galt, Gaucher, Gaudet, Gibbs, Harwood, Haultain, Higginson, Howland, Jones (Leeds Sud), Knight, Lan gevin, Le Boutillier, Proe.-Gén, Macdonald, Macdonald (Toronto Ouest), Mackenzie (Lambton), Mackenzie (Oxford Nord), Magill, MeConkey, MeDougall, MeGee, MeGiverin, Melntyre, MeKellar, Morris, Morrison, Parker, Poulin, Poupore, Powell, Raymond, Rémillard, Robitaille, Rose, Ross (Champlain), Ross (Dundas), Ross (Prince- Edouard), Seatcherd, Scoble, Shanly, Smith (Durham Est), Smith (Toronto Est), Somerville, Stirton, Thompson, Tremblay, Wallbridge (Hastings Nord), Walsh, Wells, White, Willson, Wood et Wright (York Est).

La motion principale est alors adoptée sur

Blanchet, Bowman, Bown, Brousseau, Brow n, division, et un comité spécial est nommé en Burwell, Cameron (Ontario Nord), Carling, conséquence.

La constitution, done, telle qu’élaborée, protège tout ce qui est cher au peuple français dans la province de Québec.

Mais les Français disséminés un peu pertout dans le pays, sont sujets aux lois de chaque province: il est inutile de se faire d'illusions là-dessus. Tout ce que nous avons obtenu jusqu'ici et tout ce que nous obtiendrons à l'avenir pour le françris, nous viendra de la gracicuseté et de l'esprit de justice de nos compatriotes de langue anglaise. Plus vite notre demi-douzaine de Don quichottes de Québec et d'Ontario et nos politiciens sans serupules de chez nous rentreront dans l'oubli, plus vite et plus facilement nous viendra la paix à l'endroit de sujets irritants qui ne se règleront jamais à coup d'insultes, de provocations et de violence à l'adresse d'une majorité peu disposée à s’en laisser imposer.

À tout ce que je me suis permis de dire, je vais maintenant ajouter le témoignage d’un homme dont la parole ne peut être mise en doute, Cet homme avait eu l’occasion en 1905 d'étudier toute la question. relativement à la cause Gratton vs. la Commission Scolaire d'Ottawa. Jusque là nous avions prétendu que les Frères des Écoles Chrétiennes dans Ontario ne tombaient pas sous le coup des règlements du winisière de l Éducation et que le seul fait d’appartenir à cette belle communauté donnait la faculté d'enseigner dans nos écoles séparées, sans autre certificat. Nous nous réclamions de la ( ‘onstitution, vu que les Frères étaient établis dans Ontario en 1867. Le gouvernement qui, lui, ne se faisait pas d'illusions sur nos droits constitutionnels, fermait les yeux et nos communautés religieuses enseignaient librement dans nos écoles séparées. Mais l’un des nôtres, un nommé Gratton, instituteur lui-même, qui s’offusquait de la prétendue compétition que nos communautés religieuses faisaient aux laïques, porta la qualification des Frères des Écoles Chrétiennes devant les tribunaux. Cette cause, comme celle qui vient d’être décidée par la cour supérieure d'Ontario, ne pouvait avoir qu’un dénouement. Il fut déclaré que nos Frères étaient obligés de se qualifier de la manière ordinaire.

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