‹ La question scolaire [microforme]Chapitre 17 sur 43 · REMARQUE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

REMARQUE GÉNÉRALE

Le but que l'on veut atteindre duns les écoles publiques de la province est de donner à In jeunesse qui les fréquente une éducation dans la branche commune de l'instruction qui les rendra capables d'accomplir convenablement les fonctions de la vie qu'ils seront appelés à remplir, et cette éducation devra être donnée dans In langue anglaise, Toute déviation de cette règle ne devra être que partielle et en rapport avec les circonstances particulières de certains districts du pays, de sorte que l'on pourra ainsi atteindre plus complètement le but proposé. 1 n'y « aucun doute que duns toutes les écoles françaises des différents comtés que nous avons visités, malgré certains cas particuliers où il y a manque de progrès et d'efficacité, il se fait des efforts pour communiquer une certaine connaissance de la langue anglaise, et non seulement il est vrai de dire ceci, mais le travail dans ce sens reçoit plus d'attention présentement que dans les années passées. Dans quelques-unes de ces écoles l'anglais a été enseigné

does plusieurs années, de sorte qu'elles sont, pratiquement parlant, des écoles

anglaises. 11 y en a auss, on pourra le constater en consultant l'état statistique qui fait partie de ce rapport, dans lesquelles la langue anglaise est en grand usage dans le travail de l'école. Ceci est particulièrement vrai dans les comtés d'Essex et de Kent,

I ÿ a des écoles où le temps consacré à l'anglais ou à son usage est trop restreint, mais

méme dans celles-ci on accorde plus d'attention à l'anglais que précédemment,

En traitant avec ces écoles afin d'en augmenter l'efficacité et de s'assurer de l'e scignement satisfaisant de la langue anglaise, il faut compter avec le temps et exercer de ln atience, Pour plusieurs années l'on permit aux Français de conduire leurs écoles à Le manière sans intervention de la part soit du département de Éducation où du publie. L'on édifia des règlements spéciaux afin de pourvoir des instituteurs français pour ces écoles et d'y autoriser des livres français. Ils ont demeuré depuis dans les localités où on les trouve jouissant de l'usage de leur langue maternelle; ils y sont très attachés. C'est la langue de leurs pères et la langue dont ils se servent dans leurs demeures et qui est parlée par leurs enfants. 11 est tout naturel qu'ils la chévissent avec affection et désirent que leurs enfants apprennent à la connaître. Si l'on traite les écoles équitablement en tenant compte des sentiments du peuple et si les recommandations que nous faisons de ce rapport sont adoptées, nous croyons que ces écoles, dans un intervalle de temps raisonnable, seront élevées à un degré d'efficacité qui sera satisfaisant également au peuple anglais et français,

Nous avons raison de croire ici que quels que soient les changements qui seront nécessaires pour rendre ees écoles plus efficaces et pour faire progresser les enfants plus rapidement et plus intelligemment dans la connaissance de l'anglais, ceci sera bienvenu de la part de la population française elle-même. Nous avons trouvé que, en général, le peuple montre un profond intérêt dans l'éducation de ses enfants

Pendant que plusieurs des instituteurs ne parlent pas l'anglais couramment, nous savons que des instituteurs peuvent donner une instruction dans une langue dans laquelle ils ne peuvent pas converser, En même temps, ilest nécessaire que tous les instituteurs de nos écoles publiques doivent se familiariser avec la langue anglaise et devenir capables de la parler couramment et nous avons trouvé d'une manière générale que dans les écoles où les instituteurs peuvent se servir de cette langue avec efieacité, ils ont porté leurs écoles à un degré très satisfaisant d'efficacité.

Les instituteurs anglais disent que leur inhabilité à parler le français est un obstacle sérieux à l'enseignement donné à des élèves français qui ne comprennent pas l'anglais, Les instituteurs employés dans ces écoles françaises devraient être capables de parler le français aussi bien que l'anglais. Un nombre suffisant d'élèves anglais qui voudraient faire le travail et encourir les dépenses nécessaires pour se qualifier à l'enseignement dans ces écoles françaises ne pourraient pas être obtenus au prix des petits salaires que l’on accorde. De là, la nécessité d'employer les moyens recommandés dans ce rapport pour permettre aux élèves français de s'entraîner dans la connaissance de l'anglais et dans la théorie et la pratique de Jeur profession. Il faut aussi se rappeler que les instituteurs de ces écoles françaises ont à faire leur travail en face de difficultés que l'on ne rencontre pas là où les écoles sont exclusivement anglaises. Ceci est plus particulièrement vrai par rapport aux localités totalement françaises ou à où il n'y a que quelques Anglais. Les élèves n'entendent pas d'autre langue en dehors de l'école que le français, ils n’ont pas occasion de se servir de l'anglais et leurs progrès dans l'étude de cette langue sont conséquemment lents. L'on remarquera que ce rapport à trait exclusivement aux écoies qui existent parmi les C'anadiensfrançais et dans lesquelles la langue française est en usage

Nous n'avons conséquemment fait aucune mention spéciale de l1 minorité anglaise La situation de cette dernière dans plusieurs cas est difficile. Les écoles telles qu'elles sont conduites maintenant ne sont pas satisfaisantes pour elles. Leurs enfants viennent en contact avec des idées religieuses et nationales qui he sont pas en sympathie avec eux. La question devra conséquemment être considérée LA sr Le à ces difficultés...

Après la publication de ce rapport, le Ministère de temps à autre press crivit d'autres règlements et des méthodes à suivre pour faciliter l'enseignement de l'anglais, et je crois pouvoir affirmer sans hésitation que dans tous ces règlements adoptés par le Ministère de l'Éducation, se manfestait plutôt le désir de pourvoir aux besoins des enfants et de se rendre à la demande des parents qui réalisent l'importance de l'enséignement de l'anglais, Comme il est dit plus haut, le plus sûr moyen d'apprendre l'anglais se trouve dans a consécration de l'usage de cette langue sur une très grande échelle, à l'école,

En février 1890, fut approuvé de nouveau par le Ministère de l Éducation un règlement qui probablement fut publié en 1887 ou 1888. Le voici:

Dans les sections scolaires où le français et l'allemand prévalent, la commission peut, en plus, du cours d'études prescrit, requérir que l'instruction soit donnée dans la lecture, la grammaire et la composition française ou allemande aux élèves dont les parents où les gardiens ordonneront l'enscignement de l'une ou de l'autre de ces langues, et dans ces cas les livres autorisés en français et en allemand seront en usage.

En 1896, les mots suivants furent ajoutés À ces règlements:

“Rien dans tout ce qui est contenu dans ce règlement ne devra être interprété de manière à vouloir dire qu'aucun des livres prescrits hd les écoles publiques où séparées devront être mis de côté à cause de l'usage des livres autorisés français ou allemands.”

Ceci constitue ce qu'on a convenu d'apieler le règlement 15, qui est resté en force jusqu'à aujourd'hui. Vous le trouverez dans l’article 12 du livre intitulé: “Règlements des Cours d'Études et des Examens des Écoles Publiques et Séparées, 1914," publié pr le Ministère de l Éducation.

Quatre ans après le rapport de {a commission de 1899, l'honorable M. Ress crée une autre commission avec instruction de faire une nouvelle enquête, mais cette fois sur les écoles des comtés de Prescott et Russell seulement. Les mêmes commissaires enquêteurs sont chargés de cette tâche.

L'ordonnance créant cette commission se lit en partie comme suit :

Toronto, 29 mai 1893. Attendu que le 13 mai ISS9, une commission fut choisie par le ministère d'Édueation afin de s'enquérir jusqu'à quel point les règlements du mie nistère de l'Éducation relativement à l'étude de l'anglais dans les écoles publiques de certains comtés d'Ontario, étaient respectés….{Æt attendu que depuis le rapport de

la dite eommission le ministère de l'Éducation a tpprouvé certains règlements définissant plus complètement la natureet l'étendue de l'instraction qui doit être donnée en anglais dans les écoles où la langue fr ieuise prévaut...

Les dits commissaires, étant autorisés à ces fins, devront s'enquérir du progrès, s'il y : lieu, qui a été fait dans l'étude de l'anglais de puis la date de leur dernier r ipport.

Le rapport de cette nouvelle commission fut remis à M. Koss au mois d'août 1893. Il est fait avec le même esprit d'équité que le premier rapport et l'on y trouvera le même souci de l'avancement des enfants.

Je détache de ce rapport les passages suivants:

Il appert que jusqu'en 1885, l'enseignement de l'anglais dans les écoles publiques des districts français était laissé au jugement des syndies et des instituteurs, et comme résultat la langue anglaise n'était pas enseignée dans ces écoles et n'était jamais en usage, Mais on vertu Fcéemetts du département approuvés le 25 août 185, l'usage des “Ontario Reader” fut requis dans les écoles des districts français et allemands en plus des livres qui pourraient être en usage dans ces écoles. En septembre

de la même année, des instructions pour l'enseignement de l'anglais furent remises aux instituteurs des écoles françaises publiques ou séparées et les grandes ligne du cours que l'on devra suivre afin d'assurer une meilleure connaissance de la langue anglaise, Puir suivit une extension rapide de l’enseignement de l'anglais. De sorte que duns l'intes valk, de deux ans, il vint des rapports officiels de Preseott et Russell déclarant S 2 l'anglais était enseigné dans toutes les écoles à l'exception de dix, En INK, six de ces écoles seulement restaient sans instruction de l'anglais et en février 1889 le rapport des inspecteurs était comme suit:

Nous pouvons maintenant dire que l'anglais est enseigné dans toutes les écoles publiques

du comté.

Le rapport fait aussi allusion à une conférence d’instituteurs tenue en 1889 dans les comtés de Prescott et Russell en conformité avec les recommandations faites dans le rapport de la première enquête et reproduit la résolution passée à cette conférence par des instituteurs, presque tous Français, qui y avaient pris part. Voici cette résolution:

Résolu que les instituteurs présents remercient MM. Tilley, Scott et MeGuirl et nos inspecteurs Summerby et Dufort pour les cours de lecture si complètement pratiques qu'ils nous ont donnés durant ces jours passés, et nous désirons transmettre à l’honorable M. Ross notre appréciation de l'intérêt qu'il prend dans les affaires éducation nelles de ces comtés:

(1.)—En nommant une commission d'enquête afin que le peuple d'Ontario puisse avoir un exposé, venant de source autorisée, de l’état vérituble des affaires de nos écoles,

(2).—-En accordant une aide aussi appréciable à cette conférence pour les instituteurs français.

(3.)—En prenant les mesures pour l'établissement d'une école d'entraînement où nos instituteurs peuvent obtenir une éducation professionnelle semblable à celle qui est donnée aux autres instituteurs de la province. : Nous désirons aussi assurer à l'honorable ministre qu'il aura notre cordiale coopération dans les efforts qu'il fait pour améliorer la situation de nos écoles et que nous allons plus particulièrement faire des efforts pour appliquer les règlements se rapportant à l'enseignement efficace de la langue anglaise dans nos écoles.

Plantagenet, 4 octobre 1889.

J. BÉLANGER, Secrétaire.

Cette résoluiion fait allusion à des règlements semblables au règlement 17. Le rapport de la commission fait aussi mention du règlement du Ministère de l'Éducation qui fut adopté après la première enquête, pour établir des écoles modèles dont l’on considérait l’existence absolument nécessaire pour qualifier des instituteurs des écoles bilingues, et le rapport reproduit ce règlement dans ces termes: :

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