‹ La question scolaire [microforme]Chapitre 40 sur 43 · AU CONGRÈS CANADIEN-FRANÇAIS DE L'ONTARIO · texte numérisé non relu

AU CONGRÈS CANADIEN-FRANÇAIS DE L'ONTARIO

M. Laurier change d'attitude. Son discours d'hier soir. Coup d'œil sur les intrigues qui en ont accompagné r'organisation.

Ottawa, mercredi soir:—La deuxième journée du congrès aura IArQUÉ Un succès Conisi= dérable pour nos compatriotes de 1 ntario; leur assemblée de ce soir dans la salle de spectacle du Russell leur a valu de ln part de nos hommes publies une 1 précieuse et des engagements qui devront nécessairement compter,

Comment ce résultat est devenu possible malgr les apparences si longtemps contraires? C'est ce que je vais essayer de vous exposer en peu de mots.

Ce que je vous ai dit hier touchant les dispositions du ministère Whitney était exact. Ce que je ne vous ai pas dit, mais que j'aurais pu vous dire, c'est que monsieur Laurier voyait aussi cette manifestation d'un très mauvais œil.

Monsieur Laurier se trouve parfaiïement bien de la situation actuelle. Son intérêt est donc qu'il se maintienne le plus longtemps possible. Et done, il est naturel qu'il n'aime pas les changements et qu'il se défie de tous mouvements NOUVEAUX qui se dessineüt à l'horizon.

Cela étant donné, le congrès actuel devait nécessairement lui causer quelques appréhensions. D'autant qu'à l’a proche du 18 janvier la fête prenait chaque jour une importance plus considérable et qu'il n’était plus question que de cela dans tous les groupements canadiens- rançais de l'Ontario. Ce sera très sérieux, se dit enfin monsieur Laurier, et c'est alors qu'il songea, pour parer au danger, à faire placer l’un de ses amis à la tête de l'entreprise. Cet ami, c'était M. le Sénateur

hé sion

Belcourt.

Il parvint à imposer M. Belcourt comme président du congrès à la place de M. le juge Constantineau (je dirai peut-être l’un de ces jours par quels moyens). Il fit cela au mécontentement ginéral, car M. Constantineau, depuis le premier jour, avait été l’homme de l’entreprise et il était parfaitement entendu d'autre part qu'il fallait éviter dans cette affaire ‘tout soupçon d'ingérence politique." J propres paroles employés par M. Constantineau dans son rapport.

Ainsi, M. Laurier, pour pouvoir mettre la main sur le congrès et empêcher que celui-ci ne troubla par quelques résolutions plus ou moins inopportunes

les intérêts de sa politique, violait brutalement la volonté des 1,200 délégués grâce à un tour de force...

Ce soir donc, les représentants des deux gouvernements (provincial et fédéral) étaient réunis au théâtre Russell pour exposer leur but sur la situation.

M. Belcourt a parlé le premier, puis M. Laurier. Tous tournèrent leur adhésion complète aux principes des écoles bilingues.

M. Laurier, qui, hier encore, était des plus malveillants à l'ége- "Angrès et qui croyait on de rappeler une fois de plus à ses compatriotes he de son ami M. Belcourt: 10. Que plus fait douceur que violence :. :. : nous sommes la

e cite les

LA QUENTION SCOLAIRE

minorité duns ce pays et qu'il ne faut pas l'oublier, :l1 Que l'harmonie entre les races exige des concessions, etc., ete. M. Laurier, ce soir, était com plétement changé; non seulement il déverse comme par charretées des fours sur lex congressistes, tas encore il fut presque chaleureux pour oublier les revendications de es chers compatriotes

1 y trouvait incidemment un double avantage; d'abord, de se rncheter aux veux des con grossistes, et celui d'embarrasser les ministres provinciaux qui sont des conservateurs et qui seuls auront à régiur la question,

M, Cochrane venait après le premier ministre fédéral et se prononçnit très atégorique ment

est en faveur de l'enseignement du françuis dans les écoles canadiennes-françaises, Que l'on soumette des vues au gouvernement dans ce sens. Il promit qu'elles seront étuiées sérieusement et pour sa part il les opérera; il eroit du reste avoir donné da nee la preuve de ses sympathies pour les Craadiens-françnis en établissant, dans le Nipissing, la première école normale bilingue de l'Ontario. Cette déclaration a d'autant plus d'importance que M. Cochrane représentait ce soir M. Whitney. Son collègue, M Beck, a parlé À peu près de la même façon. Nos compatriotes de l'Ontario sont done à peu près assurés maintenant de gagner leur point, Tous les congressistes que j'ai rencontrés sont comme on dit, enchantés du résultat de In sure,

Je vais maintenant vous dire ce que le ‘Devoir’ n'osa pas dévoiler, de cainte de nuire au mouvement. Ce qui se passa ne fut que peu connu. Av: ‘6 l'alarme à ce moment sur la trame que les politiciens avaient ourdie n'aura eu aucun bon résultat, vu que la chose serait restée incroyable et le désarroi : serait emparé de l’âme de ces 1,200 délégués venus d'un peu partout avec l'espoir de cimenter une union plus intime entre les Canadiensfrançais. Quelle désillusion pour eux, s'ils avaient été mis au courant du complot qui plaça M. Belcourt à la tête de l'Association!

M. le juge Constantineau avait présidé à l'organisation du congrès. Tout le monde était satisfait de lui voir prendre la charge de président de l'Association. Ce n’est que quelque temps avant le Congrès qu'il exprima sa détermination irrévocable de décliner l'honneur, pour des raisons personnelles.

Les fonctions qu'iloccupait dans la magistrature étaient pour nous,du moins nous le croyions, une assurance qu'il éviterait l’écucil politique. De sorte que lorsque nous apprîmes qu'il se retirait, et que M. Belcourt était l'homme de son choix à lui-même, aussi bien que celui du Rév. Père Charles Charlebois et de M. Emmanuel Tassé, nous prutestâmes de toutes nos forces. M. Belcourt étai: l'organisateur de la phalange libérale française dans Ontario. Or, M. Belcou:t ne s'était jamais mêlé à aucune organisation française À moins qu'il n'eut l'espoir de la convertir en machine politique.

Certains d'entre novs savions que cette candidature ne pouvait être que louche et intéressée. Nous cherchâmes un autre candidit et nous l’avions trouvé dans la personne de M. Roy, de l’Académie Royale. alors fonctionnaire aux arhives, homme de lettres, de grand jugement et Canadien-français dévoué, Cette candidature, évidemment, ne plaisait pas à nos politiciens. M. Constentincau avait fini par avouer bien ingénûment qu'il laissait !4 présidence paree que le congrès devait préenter des vœux en faveur de la représentatjon eanadienne-française dans la magistrature de la Cour Supérieure d'Ontario. Or, il était le candidat trouvé pour une telle charge. Il serait done placé dans une position délicate, le jour où le Président Constantineau serait obligé de recommander le Juge Constantineau. Mais il devait rester avee nous pour aider au travail de l'Association. N vus fimes des menaces d'exposer l'intrigue si l'en nersistait à pousser la candiaature de M. Belcourt. Deux ou trois jours avant le congrès, qui s’ouvrit le 18 janvier 1910, on vint nons trouver pour nous assurer que M. Belcourt avait pris l'engagement formel de quitter la politique; avee cet obstacle hors de la voie, <n nous dit que M. Belcourt, un personnage éminent, bien connu, pourrait rendre d'énor-

mes services à l'Association. Nous refusûmes de croire à eet engagement, C'est alors que le juge Constantineau, qui avait servi d'intermédiaire entre l'Association et M. Belcourt, nssura qi avait catégoriquement lui-même obtenu eet engagement de M. Belcourt. Vous verrez, nous dit-on, que la résolution proposant M, Belcourt comportera un engagement de sa part de s'abstenir, à l'avenir, de toute intervention politique. Nous étions pris entre accepter ur engagement dans lequel nous avions peu de foi, ou soulever en face de ces 1,200 bons Canadiens-français une discussion des plus pénibles qui n'aurait d'ailleurs pas été comprise,

Le matin du 18, avant l'ouverture du corgrès, il y eut une réunion € comité de sa auquel j'appartenais. L'un des membres de ce comit un libéral bien connu, nous fit lecture d'un projet où il exposait l'importance d'avoir un organe pour l'Association, et il finissait la lecture de son document en recommandant au congrès d'entrer en négociation avec le journal “Le Temps," d'Ottawa, pour faire de cette feuille l'organe de l'Association. On sait que ce journal, à ce moment, était la propriété absolue de M. Belcourt et par conséquent un journal libéral militant. Je protestai vigoureusement contre ce projet et je menaçai d'exposer cette nouvelle tentative politique, si bien que la motion fut c angée en recommandation pure et simple en faveur de l'établissement d’un organe pour l'Association. Vous voyez d'ici se dessiner tout le truc,

J » congrès eut lieu; avec la deuxième journée, eurent lieu les élections. La première élection, naturellement, fut celle du président; on roussa le cynisme Jusqu'à convainere deux conservateurs éminents de ia ville d'Otta:ra de proposer et seconder la nomination de M. Belcourt. Ces deux messieurs avaient reçu l'assurance du juge Constantineau que M. Belcourt ne devait plus s'occuper de politique. La résolution comportait un engagement dans ce sens. M. Belcourt était sur l’estrade lorsqu'on le proposa. La résolution fut lue à haute voix à une distance de trois ou quatre pieds de M. Belcourt. Ce document assez long fait allusion aux grandes qualités sociales et personnelles de M. Belcourt, et à l'influence dont il dispose, inffience qu'il s'engage à mettre à lo disposition de l'Association naissante. La résolitioi. de plus, dit que comme M. Belcourt a pris la détermination de ne plus « mêler de politique et de consacrer toutes ses énergies au bien des Canadiens-français, nous ne pouvions pas faire de meilleur choix. Devant cette résolution qu'on avait eu soin de ne pas nous montrer d'avance, nous restions tous ébahis. Nous savions qu’il était aussi difficile à M. Belcourt de vivre hors de la politique qu'il est impossible à un poisson de vivre hors de l’eau.

Cependant, en face de ces 1,200 délégués, le courage nous manqua et nous laissions passer la chose tout en prenant fermement la résolution de surveiller les politicier,s qui avaient dé à mis la patte sur cette œuvre.

Je n'ai pas besuin d’ajouter que l'on fit jouer certaines tentatives pour que je fusse exclu de l'Exécutif de l'Association. Que voulez-vous, je pouvais être nuisible aux menées de nos politiciens. Mais enfin, je deviens membre de l'Exécutif,

Une dizaine de jours après le congrès, il ÿ avait dans la ville d'Ottawa une élection fédérale partielle, et M. Belcourt, au grand scandale des Canadiens-françris de la ville d'Ottawa, fit des discours en faveur du candidat libéral!

Une semaine environ après sette campagne électorale eut lieu ia première réunion de l'Exécutif de l’Associotion. À cette réunion, M. G. W. Séguin, alors percepteur des taxes de la cité d'Ottawa, qui avait pr-posé l'élection de M. Belcourt au congrès, demanda à M. Belcourt des explications sur sa conduite, relativement aux engagements qu'il avait pris. La charge de pré-

sident de l'Association était incompatible avec celle d’un politicien militant, M. Belcourt prétendit qu’il n'avait jamais pris d'engagement. Le secrétaire fut prié de relire la résolution. M. Belcourt assura qu’il n'avait jamais compris cette résolution, qu’on l'avait pris au piège et que s’il avait su qu’on exigeait de sa part un engagement de ce genre, il n'aurait jamais accepté la charge. Une discussion chaleureuse s'engagea, durant laquelle il fut fait allusion à la résignation de M. Belcourt. Mais M. Belcourt ne résigna pas et c’est à partir de ce moment que nous, les véritables amis des Canadiens-français d’Ontario, réalisâmes jusqu’à quel point nous avions été honteusement et cyniquement joués. Depuis ce jour nous fûmes, en toutes circonstances, systématiquement dénigrés. L’on nous accusait d’être des conservateurs outrés afin d’affaiblir nos protestations. L'on choisit un comité secret qui devait avoir Ja gérance de toutes affaires de l'Association. Il fut décidé, dans l'intérêt de la société, que ce comité ne dévoilerait les affaires qu’il transigerait qu’en autant qu’il le jugerait convenable, Ce comité devait d’abord être composé de quatre membres, et l’on fit choix des quatre messieurs suivants: M. Belcourt, organisateur libéral canadien-français d'Ontario, M. Emmanuel Tassé, journaliste libéral et l’un des piliers du parti dans la ville d'Ottawa; son nom a été à maintes reprises mentionné comme candidat possible, et il était de plus à ce moment recommandé par l'Association à une des vacances laissées dans le sénat pour la province d'Ontario; le juge Constantineau, fait juge par Sir Wilfrid Laurier et recommandé par l'Association à la magistrature de la Cour Suprême, et enfin le Père Charlebois, qui, de ce

quatuor, était le seul qui n'avait pas encore manifesté ses inclinations politiques.

Ce choix était à peine fait que quelqu'un, qui n’était pas dans les secrets, s’aperçut que ce comité était tout à fait composé de libéraux, à part du Révérend Père Charlebois, qui avait cependant avec beaucoup d’insistance contribué à l'élection de M. Belcourt. L'on proposa d’ajouter au petit comité un cinquième membre c{ je fus choisi. Ces messieurs n’eurent pas l’audace de faire d'opposition; leurs machinations étaient déjà par trop cousues de fils blancs. Mais j'arrivai là-dedans comme un chien dans un jeu de quilles.

Il y a bien des choses qui seraient intéressantes de mettre à nu, mais passons. Qu'il me suffise de dire que je n’ai pas toujours été consulté sur les affaires du petit comité de l'Association. La majeure partie du temps dont disposa l’Association dans l'intervalle de la première et de la deuxième réunion biennale fut consacrée à des démarches pour les nomina.ions du juge Constantineau à la Cour Supérieure d’Ontario, et celle de M. Tassé à la charge de sénateur. Le reste du temps, le petit comité fit de la politique active.

Au mois de juin 1911, on commença par vouloir lancer l'Exécutif dans la prochaine campagne fédérale dans les comtés de Prescott et Russell. Une résolution fut présentée à cet effet.

Le prétexte que l’on donna fut que M. Proulx, le député fédéral dans Prescott, s'était mis en mauvaise grâce vis-à-vis le petit comité en faisant des démarches, paraît-il, propres à contrecarrer la recommandation du juge Constantineau à la Cour Supérieure, et que M. Charles Murphy, député du comté de Russell, était un ennemi de la race française. Il y avait naturellement deux autres candidats libéraux que les instigateurs de la motion étaient prêts à supporter. Je m'opposai vivement à toute intervention de la part de l’Association dans les élections fédérales, si nous voulions conserver l'utilité de l’Association. Supporté par d'autres membres de l'Exécutif, je fis une motion défendant à l'Association de participer directement ou indirectement dans les élections fédérales qui s'en venaient, Cette motion fut adoptée et insérée dans les minutes.

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Depuis juin 1910 jusqu’en novembre de la même année, il n’y eut pas d’assemblée de l'Exécutif.

Ce que je vais maintenont relater dévoilera les moyens insidieux que le petit comité employa pour faire croire aux Canadiens-français d'Ontario que l’Association, comme telle, avait décidé de prendre part active dans l'élection fédérale qui eut lieu le 21 septembre 1911.

M. Charles Murphy, alors secrétaire d’État et député pour les comtés de Russell, rentra subitement dans les grâces de M. Belcourt et du petit comité. M. Belcourt, en maintes circonstances, dans des réunions de l’Association, avait peint M. Murphy sous ses vraies couleurs, en ennemi de notre race. Il était l’un des personnages irlandais catholiques influents qui avait demandé que les prêtres français, ainsi que la langue française, fussent chassés da l'Université d'Ottawa. Afin de pouvoir faire avaler de nouveau la candida. ture de M. Murphy dans le comté de Russell, où les esprits étaient fort montés contre ce monsieur, on imagina de lui faire signer un document qui, tout en étant une confession humiliante pour lui, serait aussi une amende honorable flatteuse pour nous, et un serment solennel de la part du secrétaire d’État de mieux se conduire à l'avenir. Voici le complot dans toute sa perfidie.

L'on adressa à quarante libéraux du comté de Russell une invitation à se réunir à Ottawa, dans les salles de l'Association d’ Éducation, pour discuter la conduite à tenir durant la prochaine élection fédérale. Cette invitation était signée, du nom de M. Emmanuel Tassé, l’un des membres du petit comité, par les initiales, J. T., (Jules Tremblay) secrétaire de l'Association d’Éducation, bonne plume libérale, engagé quelques mois auparavant par M. Belcourt et ses copains du petit comité, hors ma connaissance. Je l’appris quand la chose fut faite. M. Jules Tremblay était un ancien rédacteur du journal “Le Temps,” la propriété de M. Belcourt. L’invitaticn fut renfermée dans des enveloppes marquées au nom de l'Association. La réunion eut lieu et fut présidée par M. Belcourt. Remarquez que dans la ville d'Ottawa, il y avait un club libéral où cette réunion aurait pu se tenir facilement si l’on n'eut pas voulu créer l'impression que ce mouvement venait de l'Association. Ainsi, invitations signées par M. Tassé, membre du comité, aux initiales de J. T., secrétaire de l’Association; enveloppes de l'Association. et assemblée tenue dans les salles de l'Association, en présence de M. Tassé, un autre membre du petit comité. Aurait été bien futé qui aurait douté que l’Association n'avait rien à faire là-dedans.

M. Belcourt produit à cette assemblée un long document que M. Murphy est prêt à signer, dit-il. Mais on peut l'étudier et faire tous changements voulus. Il faut cependan: oublier le passé néfaste de M. Murphy qui se repent amèrement. M. Belcour explique que cet acte d’humiliation de la part du secrétaire d’État est un des plus beaux résultats du travail si fructueux de l’Association d'Éducation. Cela augure bien pour l’avenir, puisqu'on a pu amener un esprit aussi récalcitrant que M. Murphy à faire acte de réparation. M. Belcourt, de plus, produit une lettr: de Sir Wilfrid Laurier, dans laquelle Sir Wilfrid dit quelque chose comme ceci:

Mon cher Sénateur.—Vous savez quels sont mes sentiments à l'endroit de mes compatriotes et jusqu'à quel point je désire qu’il leur soit fait justice: soyez assuré que, dès que l’occasion se présentera, je saurai leur donner au sénat et à la magistrature la représentation à laquelle ils peuvent avoir droit.

Et M. Belcourt présenta encore ce document comme l’un des fruits du inagnifique travail de l'Association. Elle avait obtenu de telles promesses, d’un tel homme!

Immédiatement après cette réunion, les émissaires du parti libéral firent entendre leur voix. L'on parla partout de documents mystérieux signés par M. Charles Murphy et Sir Wilfrid Laurier, dans lesquels nous avions des promesses formelles à l’endroit des demandes que l’Association avait fait valoir. M. Jules Tremblay fit même une jolie conférence à ce propos au Cercle Duha-

mel de l’A.C.J.C. Bien entendu, les mystérieux documents ne furent jamais lus ni produits en public.

Inutile d'ajouter qu’il fut convenu, parmi les personnes présentes à cette réunion, que M. Murphy recevrait l'appui de l'Association. Encouragé par ce premier succès, M. Belcourt et ses confrères du petit comité voulurent faire un pas de plus Pour compromettre davantage l'Association.

J’oubliais de vous dire que, avant la réunion dont je viens de vous parler, les Cänadiens-français de Russell s'étaient unanimement prononcés en faveur de la candidature de M. McLaren, supporteur de Sir Wilfrid Laurier. Les Canadiens voulaient battre M. Charlie Murphy, et M. Belcourt employait

les moyens ci-haut mentionnés dans le but d'assurer à M. Murphy la convention libérale.

Jusqu'à ce moment, les conservateurs canadiens-français du comté de

Russell n'avaient pas l'intention de présenter de candidat et s'étaient ralliés à la candidature de M. McLaren

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