‹ La question scolaire [microforme]Chapitre 41 sur 43 · UN PIÈGE · texte numérisé non relu

UN PIÈGE

Environ sept semaines avant l'élection du 21 septembre ct une semaine environ avant qu’il ne fût question de ma candidature contre M. Charlie Murphy, un lundi après-midi, M. Belcourt me téléphone pour me convoquer à une assemblée du petit comité, dans son étude. J "y rencontrai M. Tassé, le juge Constantineau et M. Belcourt. Le Père Charlebois qui, à ma connaissance, n'avait jamais manqué une réunion du petit comité et qui était en bonne santé le matin de ce jour-là et aussi en excellente santé le lendemain

matin, n’était pas présent pour cause d’indisposition, nous expliquait M. Belcourt.

M. Belcourt, en ouvrant la séance, nous dit quelque chose comme ceci: “Vous savez, messieurs, quel travail ardu l'Association a dû faire dans la revendication de ses droits. Eh bien! j'ai le plaisir de vous dire que, enfin, j'ai par devers moi des documents qui démontrent que nous avons réussi... ."? Et il sort de sa poche le document Murphy et la lettre de Sir Wilfrid Laurier, qu'il nous lit avec une voix pleine d'émotion.

J'avais un peu enten:'u parler de ces documents, mais je ne connaissais leur contenu que par oui-dire. Je vis le piège; je demandai à M. Belcourt pourquoi il avait convoqué le petit comité. Il me répondit que c'était afin de soumettre au comité ces documents comme preuve des bons résultats du travail de l’Association.

Alors je rappelai à M. Belcourt la résolution de l'assemblée de juin dernier, qui défendait à l'Association d'intervenir en matière politique, J'exprimai bien formellement à ces messieurs l'opinion que cette réunion du petit comité n'était qu’une tentative Pour faire accepter par l'Association des documents qui, en somme, n'étaient que le fruit d’intrigues politiques et ne signifiaient rien en eux-mêmes. Je menaçai les personnes présentes d’exposer ces intrigues si l’on persistait à se servir de l'Association pour les fins de M. Murphy.

Une semaine après, M. McLaren, cédant à la pression, laissa le champ libre à M. Murphy. C'est alors que les conservateurs canadiens-français du comté de Russell résolurent de lui faire opposition et vinrent me trouver. J’acceptai. Or, dès que mon acceptation fut connue du publie, et ceci environ

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cinq semaines avant l'élection, M. Belcour. me téléphona pour m’exhorter à ne pas me présenter, m assurant que je n'avais aucune chance d’être élu, que j'y perdrais ma santé, mon temps et mon argent, ete. Comme je lui répondis que ma détermination était prise et que je le remerciai de ses bons conseils, il me dit avec beaucoup d'irritation dans la voix que ma candidature le mettrait dans une position embarrassante. Je lui demandai en quoi? Ma demande resta saps réponse.

Je lui fis remarquer que l'Association d'Éducation n'avait absolument rien à faire ni avec la candidature de M. Murphy, ni avec la mienne. Le même soir, le Rév. Père Charlebois arrive à mon bureau vers les cinq heures et durant deux heures de temps invoque tous les arguments qui lui passent par la tête pour me convaincre de ne pas me présenter et finit, comme M. Belcourt, par ceci: “Mais vous allez mettre l'Association dans une fausse position !”?

Je lui dit, comme à M. Belcourt, que l'Association n’avoit rien à faire là-dedans et qu’il ne devait pas oublier la résolution passée à la dernière séance de l'Exécutif, en juin; que je ne lui reconnaissais pas, À lui pas plus qu'aux autres membres du comité, le droit de traîner l'Association dans les luttes politiques, pas plus dans Russell qu'ailleurs. Le Père Charlebois s'en alla fort irrité. Jusqu'à ce jour, il n’a pas oublié la résistance que je lui opposai. Mais ceci n’intéresse persoune autre que moi-même et la conscience du père Ch: . iebois.

Quelque temps avant l'élection, M. Emmanuel Tassé engagea le rédacteur du Moniteur de Hawkesbury à raison de $500. pour publier tout ce qu'il lui présenterait en rapport avec l'élection fédérale, lui disant que tous les articles qui lui seraient présentés seraient d’abord sanctionnés par l’Association, ou quelque chose dans ce sens; ce rédacteur, qui a toujours été un franc patriote et un homme sincère, n'ayant aucune raison de soupçonner la bonne foi de M. Tassé, vu qu’il ignorait les intrigues que je viens d'exposer, se lia par écrit.

M. Belcourt naturellement prit part à la campagne dans le comté de Russell et fit des discours à trois ou quatre endroits différents où il se présentait en sa qualité de président de l’Association d'Education et affirinait que M. Vincent n'était nullement le représentant des Canediens-français. mais que M. Charlie Murphy était l’un de nos plus chers amis, à preuve le document qu'il avait dans sa poche (mais qu'il se gardait bie:, de produire.) Il parlait aussi de la lettre de Sir Wilfrid Laurier, en affirman ‘4e l'Association avait obtenu toutes ses demandes des autorités fédérales,

D'un autre côté, le Moniteur de Hawkesbury publiait articles sur articles dans le sens des remarques faites par M. l’elcourt, remplis de louanges à l'endroit de M. Murphy et de répudiations de la candidature de M. Vincent comme (Canadien-français. Ces articles proclamaient qu'enfin le soleil de justice s'était levé pour nous, que nous avions des promesses formelles, etc. etc.

Ce journal était distribué gratuitement dans tout le comté,

J'appris plus tard de la bouche même du Père Charlebois, à un moment où il se querellait avec M. Tassé, et que l’un et l’autre se renvoyaient la responsabilité des articles publiés dans le Moniteur de Hawkesbury, qu’il avait été convenu que le Père Charlebois devait lire les articles avant qu'ils fussent imprimés et que de fait il en avait lu la première série. Cette première série couvrait toute une page et ce qui parut subséquemment dans le journal n’en était que des répétitions sous diverses formes et avec des en-têtes différentes.

J'appris tout ceci dans une réunion du petit comité, où je demandais compte à ces messieurs de leur intervention dans l'élection de Russell au nom de l'Association. N'y eut-il pas jusqu’au juge Constantineau qui fit sa petite besogne dans cette élection en se promenant d’un presbytère à l’autre (et ailleurs) et cherchant à convaincre les prêtres, qui m'’étaient favorables, et

les libéraux ébranlés, de ne pas intervenir. Ce bon juge avait sa promotion dans sa poche!

C'était la première élection que nous avions après la fondation de l’Association et vous voyez que le petit comité de l'Association y prit une large part: M. Belcourt, M. Tassé, le juge Constantineau et le Père Charlebois, et tout ceci pour écraser l’un de leurs compatriotes qui avait passé sa vie à se dévorer pour les siens. Le sentiment français fut tellement soulevé lorsque ces intrigues furent connues que l’on jugea à propos de faire disparaître M. Belcourt, (oh! mais avec des douceurs) comme président de l’Association, lors de la deuxième convention biennale, en février 1912. Afin de tranquilliser les esprits, on laissa le champ libre à M. C.S,. O. Boudreault, conservateur bien connu, mais on eut soin en même temps de lui donner un entourage qui “aurait paralyser ses mouvements.

Puis, vient la troisième convention, en février 1914, où M. Boudreault fut mis de côté, sans cérémonies, celui-là à cause de l’insubordination dont il avait fait preuve vis-à-vis le Père Charlebois et les autres politiciens de l’Association, et M. Alphonse Charron lui succéda.

Je n'ai pas besoin de vous dire que l'élection fut des mieux orranisées, grâce à certaines influences, de bonne foi si vous voulez, mais mal renseignées, qui ne suivaient l'Association que de loin, dans l'intervalle des Congrès, parce qu’elles ne pouvaient se convaincre dans leur bonté d’âme que l’on puisse user de l'Association pour d’autres fins que le bien de la cause.

Or, M. Charron était à ce moment, et a toujours été la créature de M. Belcourt. Il lui devait sa charge et ses promotions à la Ferme Expérimentale, et en vue d’intrigues politiques à venir il était un candidat idéal.

Il sera peut-être intéressant de mentionner ici que M. Charron, après huit mois de présidence de l'Association, quitta son emploi au Ministère de l'Agriculture pour entrer à l'emploi de la Compagnie d’Assurances “ La Sauvegarde”, dont M. Belcourt est directeur. L'on assure ici, librement, que

M. Charron est le prochain candidat libéral dans la ville d'Ottawa ou peutêtre dans le comté de Russell.

A ce congrès bien “paqueté” d'avance, où j'assistais comme délégué, on s'organisa pour m'empêcher de parler, mais malgré les organisateurs, je

fus écouté et ce qui plus est, je fus choisi de nouveau comme membre de l'Exécutif.

Dans l'intervalle, le journal le “Droit”, l’organe de l’Association d’Éducation, fut fondé. Cette feuille prit naissance au printemps de 1913. Un certain nombre de prêtres s’intéressèrent à lui trouver des souscriptions. Ils affirmèrent à ceux à qui ils s’adressaient (je suis cependant certain de leur entière bonne foi) que ce journal devait être consacré exclusivement aux intérêts canadiens-français, ne devait pas avoir de couleur politique, et éviterait avec soin toute ingérence de cette nature. L'un de ces prêtres, cependant, qui n'aurait jamais dû laisser l’exercice de son sacerdoce, et qui est aujourd’hui

le directeur de ce journal, était au courant des désirs secrets des têtes dirigeantes.

Il se présenta en août 1913 chez un personnage éminent de la ville d'Ottawa qui fut longtemps dans le, politique active. Il assura à ce personnage que le journal serait conduit de manière à appuyer le parti libéral. Il lui raconte qu’il y a un mouvement secret organisé depuis un certain temps pour éloigner

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tout prêtre en vue, dans le clergé, qui pourrait être embarrassant pour le parti libéral, et il mentionne même deux noms. Il avait été question de l’un d’eux comme évêque, à plusieurs reprises. 11 affirme qu’on l'a placé là où il ne pourra pas nuire, à la tête d’une école dans la province de Québec. Je préfère ne pas répéter ce qui fut dit de l’autre. Mais ce zélé champion des âmes explique à ce personnage que l'on saurait donner à l'organe de l'Association d’ Éducation une direction politique fort utile à son ancien parti.

Cela ne tarda pas. Quelques mois à peine après la fondation du “Droit,” deux de ses directeurs, des conservateurs que l’on avait choisis à cause de leur couleur politique pour sauver les apparences, vu que la direction était à peu près complètement composée de libéraux bien connus, protestèrent contre les tendances du journal qui s’affirmaient de plus en plus et se retirèrent.

Or, l'Association venait de recevoir 812,000 du Sou de la Pensée Française destinés à venir en aide à nos écoles d'Ontario. Elle détacha $5,000 de cette souscription et les donna au “Droit.” Le geste était tellement odieux que ses chefs prétendirent que ce don n’était qu’un prêt, pour mieux voiler cc détournement de fonds.

C’est à propos de cet acte de générosité de l'Association que M. Charron disait à l'assemblée du Monument Nationol, à Montréal, le 22 décembre dernier:

“C'est grâce à vous, messieurs de Québee, si nous avons pu conserver à notre service cet indispensable auxiliaire (le Droit) de notre lutte canadienne. Lorsqu'à un moment donné cette pièce de notre artillerie menaçait de devenir silencieuse, faute de munitions, c’est vous, Canadiens-français de Montréal et de Québe:, qui, dans une commu. ne pensée patriotique, avez fourni les munitions nécessaires pour la défense du peuple francais attaqué. Au nom des persécutés d'Ontario, je vous remercie de cet acte de

générosité,

Or, pendant que l'Association distrait $5,000 de ses destinations pour les donner au “Droit”, une partie des actionnaires de ce Journal refusaient de payer leurs souscriptions, parce que ce journal dérogeait.

Il y avait à ce moment, dans le district de Nipissing, une quarantaine d'écoles trop pauvres pour tenir leurs portes ouvertes durant l'hiver 1913-14.

J'appris ceci à une réunion de l'Exécutif de l'Association, qui eut lieu environ une quinzaine de jours après le congrès de février 1914. Le secrétaire de l’Associution, tout innocemment, se mit à Lire des demandes de secours nous venant du Nipissing. Je demandai au secrétaire de l’asserablée de nous renseigner sur les démarches faites par l'Association pour répondre à ce cri d'appel de nos compatriotes. Il répondit qu’au mois d'octobre 1913 un comité avait été chargé de faire une enquête afin de s’sassurer que ces appels étaient de bonne foi, et ne nous venaient pas d’exploiteurs! Mais ce comité n'avait pas encore fait son rapport et nous étions en février 1914. Quatre mois après les demandes de secours, le comité enquêtait encore!

De la discussion qui suivit, la vérité vraie nous apparaît to'.te nue. Des $12,000 du Sou de la Pensée Française il restait tout juste ce qu'il fallait pour payer les salaires des officiers de l’Associatic . et les frais de déplacements du Père Charlebois, de M. Charron, de M. Grenon et d’autres qui se promenaient d’une campagne à l’autre pour faire de la propagande pour le “Droit,” sous prétexte de consolider la révolte contre le gouvernement. Pendant ce temps, le “Droit” avait les $5,000 du Sou de la Pensée Française. $100, à chacune des écoles, soit $4,000 avraient suffi pour ies tenir ouvertes tout l'hiver. Mais avec sa sagesse, sa sa #cité et son patriotisme, l'Association enquêtait toujours! On ne doit pas se laisser berner, quoi!

Maintenant, l’on se rappelle la campagne que fit l'Association avec l’aide de son fidèle journal, “Le Droit,” contre M, Whitney aux dernières élections provinciales. Le cri “Against the Governement” fut invoqué. Le peuple affolé erut tout ce qu’on lui dit, suivit aveuglément et nous perdîmes un ministre français dans le cabinet d'Ontario et trois députés français dans la légis lature, toute notre influence avec le parti au pouvoir, Le Dr Rhéaume et M. Champagne qui, par leurs efforts, avaient fait améliorer le premier règlement 17 en conformité avec le rapport des inspecteurs, furent abreuvés d’injures et d’insultes et furent battus.

Aujourd’hui, nous n'avons plus d'influence dans la législature. Résultat fort profitable!

Durant le cours de la campagne électorrle, l'Association discribua à pleines malles des circulaires accompagnées d’une résolution passée lors du dernier congrès, résolution à double sens. Les libéraux disaient: l’Association d’Éducotion nous affirme que le gouvernement conservateur nous persécute, done, il feut voter contre lui. Les conservateurs répondaient: Vous vous trompez. Le gouvernement Whitney nous a donné un règlement qui semble satisfoisant et nous voulons l'essayer

“Le Droit” affirmait que le chef de l'opposition avait fait des promesses. C'était faux, mais le cri ‘Against the Government’ fut lancé par l’Association et par le “Droit.”

Il est remarquable, n'est-ce pas, de constater, à l'occasion des deux seules élections qui ont eu lieu depuis la fondation de l'Association, que cette dernière avec son organe, le “Droit,” ait fait la campagne en faveur du même parti politique.

L'Association est maintenant en train de recueillir encore une fois des fonds pour continuer sa lutte chimérique en faveur des “blessés d'Ontario.” Elle affirme, avec un grand sérieux, qu'il lui faut des fonds pour mener la cause des Canadiens-françsis jusqu’au Conseil Privé. Cette quête pour des secours pour aller en Angleterre se fait depuis juin 1911 et l'Association s’est toujours bien gardée de faire aucune démarche pour obtenir l'interprétation judiciaire de nos droits, même près les 812,000 du Sou de la Pensée Française. 11 fallut que la section irlandaise de la Commission scolaire d'Ottawa s'adressât aux tribunaux, dans la cause McKell, pour que la légalité du règlement 17 et, incidemment, de nos droits à la langue française dans Ontario furent mis en cause, Or, l'Association d’Éducation n’a rien à voir dans cette cause. Seule la commission scolaire d'Ottawa, représentant les contribuables des écoles séparées, paye les frais de toute cette chicane légale dont le résultat ne fait de doute pour personne. Le “Droit” donc, l'organe de l'Association d’ Éducation d'Ontario, cherche à tromper la province de Québec, quand, dans son article du 21 décembre 1914 intitulé “A notre secours,” il s’écrie:

Les Canadiens-français de l'Ontario forment un poste avancé et très exposé de notre élément en Amérique et sont bien disposés à se battre pour la revendication des droits de la langue française; ce qu’ils demandent, c’est de leur fournir des munitions, de leur procurer le nerf de la guerre. ILS SONT PRETS A TOUT SACRIFIER POUR LA VICTOIRE, MAIS POUR COMBAT- TRE EFFICACEMENT ILS DOIVENT POUVOIR POUSSER LEURS REVEN- DICATIONS JUSQU’AU TRONE DE SA MAJESTÉ. C'EST POUR CELA QU'ILS CRIENT A LA PROVINCE DE QUÉBEC: A NOTRE SECOURS!

N'est-ce pas que cet appel sonne curieusement, quand on songe que c’est nous, les contrit 4ables de la ville d'Ottawa, qui payons les violons ?

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Et ce bon M. Charron, le perspicace président de l'Association d’Éducation, qui s'abandonne parfois à un lyrisme qui lui va si bien, semble assez mal renseigné sur la question scolaire d'Ontario quand il s'écrit à l'assemblée du Monument National, à Montréal:

Lutter et souffrir, nous le pouvons, mais céder, jamais! De toute nécessité, il faut porter notre cause DEVANT LES TRIBUNAUX SUPÉRIEURS. Et pour cela, IL NOUS FAUT DES FONDS. C'EST LA PRINCIPALE RAISON, MONSIEUR LE PRÉSIDENT, QUI MOTIVE NOTRE APPEL A VOS GÉNÉ- REUX SOLDATS!.......

Et ces remarques donnèrent le ton aux discours qui furent prononcés ce soir-là. L'appel que l’on fit aux Canadiens-frinçais de Québec fut de nature à faire croire que l'Association d’ Éducation avait besoin de fonds pour aller jusqu’au Conseil Privé. Voilà comment l’on a essayé de berner nos compatriotes de la province de Québec...

Voilà les motifs que l’on a invoqués pour refaire les coffres vides du journal “Le Droit”, journal politique, organe de l'Association, institution entre les mains de politiciens sans scrupules. Comme ces derniers ont bien réussi ne à aveugler un certain nombre de personnages, francs patriotes, d’aileurs.

Compatriotes de Québec, nous n'avons pas besoin de votre argent pour aller jusqu'au Conseil Privé.

Les secours sous forme de souscription que l'Association vous demande sont destinés à sustenter ‘Le Droit’”, un journal politique, et à continuer une agitation ruineuse pour nos écoles.

Et voilà ce que fut l'Association d’Éducation! Cette malheureuse institution qui aurait pu rendre de réels services à nos écoles, ne sera, je le crains bien, qu'une cause de ruines, de désolations et d'épreuves, si les pères de famille n'interviennent pas à temps pour remédier au mal. Pourvu qu'il ne soit pas trop tard!

Quand j'ai parlé des faits et gestes de l'Association d’Éducetion., j'avais dans l’idée cette institution dans son ensemble qui, comme toute autre orgs nisation humaine, subit l'impulsion qui lui est donnée par les têtes dirigeentes. La grande majorité de l'Exécutif et ia grande majorité de ses membres ent suivi parce qu'ils avaient confiance et parce qu'ils n'étaient pas en iresure de se renseigner Sur une question excessivement difficile. L'Association d'Éducation a donc, malheureusement, réalisé l'anxiété que nous avions éprouvée lors de sa naissance. Alors qu'il aurait fallu travailler, dans le silence, au perfectionnement de nos écoles, elle fit des éclats!

Voici donc le résultat de son travail: Campagne politique en septembre 1911 et défaite d’un compatriote à l’avantage d'un personnage qui n’a jamais ‘aché son antipathie pour nous. Campagne politique en juin 1914 avec conséquence de la perte d’un ministre canadien-français dans le "Cabinet Provincial et la perte de trois députés dont l'influence nous aurait été des plus précieuses dans nos affaires scolaires. Agitation insensée, haineuse, insultante à l'endroit d’une majorité que l’on a provoquée par tous les moyens possibles, circulaires, écrits dans les journaux, assemblées où se déchaînaïent toutes les extravagances .de langage auxquelles se livrèrent seulement des énergumènes et des fanatiques. L'Association n’a rien édifié, elle s’est employée à détruire et elle n’a laissé que des ruines.

Le “Droit” a, par moments, des mouvements de repentir. Cela parut un peu le 19 décembre dernier, dans un article intitulé: ‘“‘Choisissons nos amis.” Ceci fut écrit à propos de ce que l’on appelle: les congrès régionaux des com-

missaires d'écoles tenus sous le este de l'Association d’ Éducation. Autres moyens employés pour faire une agitation malsaine, semer des faussetés, soulever le fanatisme des nôtres et surtout faire de la propagande pour le journal “Le Droit.”

Voici:

On a remarqué cependant l’abstention bien catégorique du député de Russell au fédéral et l’on en a compris les raisons, C’est que l'honorable M. Murphy ne ques pas avec les Canadiens-français. On a compiis aussi, et plus que jamais ‘anomalie qu’il y a pour un groupe de citoyens d'accepter comme représentants des hommes qui sollicitent les faveurs du publie non pour servir les intérêts de leurs électeurs, mais pour faire mousser leurs propres affaires et qui profitent souvent de l'influence que donne un m.:ndat quelconque pour battre en bréche les droits sacré: et les intérêts les plus chers de leurs commettants.

Voilà bien la situation anormale imposée au comté de Russell, en grande majorité canadienne-française, par un esprit de parti aveugle et acceptée avec une courtoisie qui ressemble beaucoup à de la faiblesse, Cette situation, que l’on reconnatt ridicule et fatale à la cause aujourd'hui, suflira-t-elle pour ouvrir les yeux des Canadiens-fran- Sais on seulement de l’Outario, mais de Québec ?

Ou la représentation du peuple à la législature, au parlement et aux conseils municinaux est une farce, ou les électeurs devraient choisir des hommes qui personnifient leur idéal, des hommes qui unt le courage et la force de défendre leurs droits, des hommes qui au moins ne sont pas leurs ennemis.

Ce qu’il y a de plus amusant dans cette tirade, c’est qu’elle est écrite par les mêmes gens qui ont fait minoter les petites affaires de M. Murphy pour lui permettre de grimper sur le dos des nôtres afin de lui donner l’occasion de mieux leur tordre le cou.

Le “Droit” aurait-il un candidat en vue pour le comté de Russell pour les prochaines élections fédérales? C’est ce qu’affirment ies molins esprits dans la ville d'Ottawa. Ce candidat, paraît-il, n’est pas bien loin de la tête de l'Association d’Éducation. Mais Charlie Murphy est retors et les confessions ne lui pèsent pas aux doigts! Et puis, il faut bien trouver des comtés canadiens-français pour nos bons amis Iriandais qui ne peuvent pas se faire élire partout!

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