LA QUE
des autres provinces adoptent le projet et si le gouvernement impérial y donne sa sanction, les principes existants qui protègent les diverses minorités seront maintenus dans leur application,
L'hon. M. CURRIE.—Mais supposez, par exemple, qu'ateun changement ne soit fait à a loi des écoles communes du Haut- Canada; les catholiques romains auront-ils le droit d'établir un plus grand nombre d'écoles séparées ?
L'hon. M. CAMPBELL.-—Le présent acte demeurera loi et l'hon. monsieu- sait quels sont les droits des écoles catholiques romaines en vertu de cet acte,
L'hon. M. CURRIE.— C'est ainsi que je comprends ce point.
L'hon. Sol. Gén. LANGEVIN.
Pages 374, 3
Notre position est done excellente et tous ceux qui voudront dire franchement leur pensée devront avouer que les représentants du Bas-Canada à la conférence de Québec ont veillé à <os intérôts, Je puis dire que la base d'action des délégués, en préparant les résolutions, a été de rendre justice à tous,
Justice pour toutes les races, pour toutes les religions, pour toutes les nationalités, pour tous les intérêts, C'est pourquoi la Confédération sera acceptée par tout le ronde dans les provinces d'en bas comme ici. Avec la Confédération, il n'y aura pas de domination d'une race sur l'autre, et si une section voulait commettre une injustice envers une autre section, toutes les autres s'uniraient ensemble et l'en empêcheraient.
Mais en supposant qu'une mesure injuste fut passée dans la Chambre des communes du parlement fédéral, elle serait arretée dans le conseil législatif: ear là nous serons représentés également avee les autres sections, et c'est une garantie que nos intérêts seront amplement protégés, Nous aurons dans le conseil législatif 24 membres, comme le Haut-Canada et comme les provinces d'en bas, Je dis done qu'il y a une très grande différence entre le raisonnement de l'hon.
membre pour Hochelaga et la mesure du gouvernement actuel, Nos intérêts seront protégés par le conseil législatif et les soules mesures d'intérêt général seront du domaine du parlement fédéral,
Or, nous avons des intérêts différents dans le Bas-Canada, où vivent deux populations de races différentes, de religions différentes, et parlant des langues différentes, D'un autre côté, le Haut-Canada a une population homogène, mais professant différentes religions, et il en est ainsi pour les diverses provinces maritimes, Nous avons auss :
dans ces dernières provinces, plus de cent mille compatriotes d'origine française. Eh
bien! M. l'Orateur, ces intérêts différents, nous avons eu soin de les protéger, et de sauvegarder les droits de cette population en l'unissant dans la Confédération à un peuple comptant un million d'habitants de la même race qu'elle, Mais on nous a dit:
‘Vous voulez former une nationalité nou veile!"" 11 faut s'entendre sur ce mot, M.
l'Orateur. Ce que nous désirons et voulons, c'est défendre les intérêts généraux d'un grand pays et d'une puissante nation, par le moyen d'un pouvoir central et fort, D'un autre eôté, nous ne voulons pas faire disparaître nos différentes coutumes, nos mœurs, n0$ lois: au contraire, c'est là précisément 6e que nous désirons le plus protéger par Ja Confédération, Sous le nouveau système, il n'y aura pas plus raison qu'aujourd'hui de perdre notre qualité de Français où d'Anglais, sous le prétexte que nous aurons tous les mêmes intérêts géné raux, et nos intérêts de race, de religion et de nationalité resteront ce qu'ils sont aujourd'hui. Mais ils seront mieux protégés sous le système proposé, et c'est Jà encore une des plus fortes raisons en faveur de la Confédération. Non seulement en effet nous nous sommes assurés de cette protection, mais les provinces parties à Ja Confédération l'ont ainsi voulu, Tous les intérêts locaux seront soumis et laissés à la décision des législatures locales, II y aura, pour le Bas-Canada, d'autres exceptions, et, de fait, toutes les exceptions dans le plan de Confédération sont en faveur du Bas-Canada.
Ce sont les délégués bas-canadiens qui ont obtenu ces restrictions en faveur de cette province; mais ils ne sGllicitent pas de remereciements pour cette conduite, car ils eonsidèrent qu'ils n'ont fait en cela que remplir un devoir: le devoir de vrais patriotes et de bons citoyens.
Monsieur H. G. JOLY, Lotbinière, Pages 399-400,
L'hon. député m'a accusé d'avoir fait appel aux préjugés religieux des Canadiensfrançais, Je n'ai pas fait appel à leurs préjugés religieux; j'ai fait appel à leurs préjugés nationaux. Je regarde cette question de la Confédération comme fatale aux intérèts du Bas-Canada, et je considère que c'était là le seul moyen de briser les liens qui enchaînent les Canadiens-francais et de les réveiller, avant qu'il ne soit trop tard. C'est ce que j'ai fait et je le ferai toujours. Mais je suis incapable de commettre la lâcheté de faire appel aux préjugés nationaux des Anglais après mon appel aux Canadiens-français, comme l'hon. député m'a accusé, Voiei comment j'ai expliqué le passage du rapport de lord Durham: j'ai dit qu'il était impossible que les deux races pussent longtemps vivre en paix; qu'un jour ou l’autre les deux nationalités se choque-
bal
EXTRAITS D®S DÉBATS
raient; que le juge serait le parlement fédé. ral où les Anglais auraient Ja majorité et où les Canadiens-français ne pourraient pas espérer obtenir justice. Je n ai pas dit que les C'anadi ns-français commettraient des injustices contre les Anglais; mais j'ai dit que ceux-ci pourraient se plaindre, et que le parlement fédéral serait appelé à décider S'il ÿ aurait injustice ou non, et qu'il fallait se méfier de ses sympathies, J'ai ajouté que le parlement fédéral, étant composé en majorité de députés anglais, serait porté à écouter les Anglais du Bas-Canada plutôt que les Canadiens-français, Je me suis ensuite basé sur le rapport de lord Durham pour prouver que jamais Jes Canadiensanglais ne se soumettraient ontiers à la majorité du Bas-Canada, Et en citant les deux extraits du rapport de lord Durham, j'ai d'abord lu en anglais, et ensuite je les ai traduits en français. Comment peut-on dire, après cela, que je me suis servi de la langue anglaise pour faire un appel aux préjugés nationaux des Anglo-canadiens ?
C'est ce que je ne puis comprendre, Loin de m'en servir auprès à ‘eux, je ne lisais ces passages qu'avec timidité, parce que je croyais que les Anglais devaient en rougir.
Je n'avais pas besoin de citer ces passages Pour apprendre aux Anglais du Bas-Canada quels sont leurs sentiments, mais je les eitais pour les faire connaître aux Canadiensfrançais, Quant au second passage, je ne pouvais pas le citer pour m'attirer les sympathies des Anglais, puisqu'il était contre eux! Comment veut-on que j'aie cité ce passage dans l'intention d'exciter les préjugés nationaux des Anglais? Je n'ai fait appel ni aux préjugtes religieux des Canadiens, ni aux préjugés nationaux des Anglais.
L'hon. N. CAUCHON.—Je n'ai pas dit, dans le Journal, que l’hon. député pour Lotbinière était lâche: j'ai trouvé qu'il avait traité la question d'une manière incomplète et sous un faux point de vue, Quant aux citations du rapport de lord Durham, l'hon.
membre n'a pas traduit en francais la partie dans laquelle il disait que les Anglais ne se soumettraient jamais à une majorité canadienne-francaise,
M. JOLY.—J'ai traduit mot pour mot,
L'hon. M. CAUCHON.—Je ne l'ai pas entendu, mais je veux bien le croire, L'hon.
membre dit qu'il avait voulu exciter les préjugés nationaux des Canadiens-français :
mais cela ne vaut pas mieux que d'exciter les préjugés religieux. Tout ce que j'ai dit, c'est que je trouve mal qu'il ait cherché à soulever les préjugés des uns et des autres,
L'hon. M. HOLTON, Châteauguay.
Page 400.
Je désire, avant l'ouverture des débats, Savoir si le gouvernement a l'intention de
mettre devant la Chambre Ja mesure qu'il à promise à l'égard de l'instruction publique en Bas-Canada, avant que celle-ci soit appelée à voter finalement le projet de Confédé.
ration qui se discute en ce moment? Je crois n'avoir pas besoin d'ajouter que cette matière est d'un très grand intérét pour une grande partie de la population du Has- Canada; ‘est pourquoi il me semble qu'a vant le discours de mon hon, ami le députe de Montréal Centre, (M, Ross), les vues du #ouvernement sur cette question devraient être clairement exprimées,
L'hon, Proc, Gén, CARTIER, Quoique l'interpellation ne soit pas faite régulière ment, je n'ai cependant aucune répugnance à répondre à l'hon. député: d'ailleurs, ma réponse n'est pas autre que celle qu'a déjà faite mon hon, ami, le député de Sherbrooke (M. Gait),
L'hon. M. HOLTON.-L 'hon. député en question n'a pas fait connaître à Ja Chambre...,
L'hon. Proc, Gén, CARTIER. A l'ordre.
L'hon. M. HOLTON,—Je ne crois pas m'en éloigner en faisant une question de ee genre an moment de l'appel de l'ordre du Jour. Cependant, je me lève de nouveau pour donner avis aux hons. messieurs que je leur renouvellerai Ja question demain soir lorsque la Chambre passera à l'ordre du jour. Mais qu'il me soit permis de dire que ce n'en est pas moins pour les hon, mes Sicurs traiter Ja Chambre et le pays avec mépris, que de refuser de faire connaître d'une manière explicite leurs vues sur une question de cette importance, et de nous apprendre s'ils sont ou non pour présenter leur mesure à ce sujet avant le vote final sur la Confédération. Je renouvellerai done la question demain.
Hon. G. E. CARTIER, Montréal.
Hon. JOHN ROSE.
Pages 415-41IS.
Je ne me dissimule pas que la minorité bas-canadienne s'est toujours tenue sur Ja ‘défensive. C'est une condition inhérente à la position dans laquelle nous sommes : les minorités se tiennent toujours sur la défensive, Mais je pense que cans la Confédé ration, la minorité française dans Ja législature générale et la minorité anglaise du Bas-Canada seront amplement protégros, (Ecoutez!) J'en viens actuellement, M.
l'Orateur, à la question soulevée par l'hon, membre pour Châteauguay, au sujet de Ja loi d'éducation que le gouvernement a promise à cette Chambre, Je crois que c'est Ja première fois dans l'histoire du Bas-Canada —et j'appelle sur ce point l'attention de nes amis du Haut-Canada,—qu'il Y a eu quelque agitatica parmi les protestants du Bas-Canada au sujet de la loi des écoles
communes, (Ecoutez!) C'est la première rois dans l'histoire du pays qu'ils ont mani festé quelque appréhension au sujet de l'é ducation élémentaire, Je ne sache pas qu'on ait jamais fait aucune tentative dans Île Bas-Canada pour priver la minorité de ses justes droits à l'égard de l'éducation de la jeunesse, Et ce n'est pas seulement mon opinion personnelle et le résultat des observations que j'ai pu faire, J'ai reeu des let tres de personnes bien au courant depuis plusieurs années du système d'éducation du Bas-Canada, et qui viennent corroborer cette
opinion,
Une observation à ce sujet est consignée dans Je rapport des trois commissaires du gouvernement anglais qui vinrent jei en IN37, et ils avaient surtout été frappés de voir deux populations parlant des langues différentes et vivant paisiblement ensemble sans se quereller au sujet de l'instruction de leurs enfants, Nous, Anglais protestants, nous he saurions oublier que, même avant l'union des provinces, alors que la majorité française avait tout le pouvoir, on nons a aveordé sans restriction tous nos droits à l'éducation séparée, Nous ne saurions ouis on n'a essayé de nous em-
et d'instruire nos enfants à
blier que jam:
pêcher d'élever
notre guise, ot que Nous avons toujours eu
notre juste part des subventions sous le con trole de la majorité francaise et toute fa oilité d'é
l'avons jugé convenable, Un simple partieu Ber peut établir une école séparée et ob
ali des écoles séparées Ja où nous
tenir une part raisonnable des subventions S'il peut prouver Qu'il peut réunir quinze clèves Nous ne saurions done oubli Ja
ce de bonne
hibéranté que nous a tén grace Ja majorité francaise en ce qui re garde L'éducation Ecoutez!) N'est-ce pas une garantie qu'à l'avenir on agira pareille ment et que la législature locale protègera
nos intérêts et nos droits on ce qui regarde l'éducation tout aussi bien qu'avant F'union ? Ecoutez!) Mais où done est la difficuité
iratique dans cette question? N'oublions } | |
oint qu'elle ne vient pas de nos frères Ca l |
nacdierns francais, et je parle en connaissance de cause, mais bien de ce que la ma jorité protestante du Haut-Canada ne veut pas modifier l'arrangement fait il Y a une couple d'années au sujet des écoles séparées, et espère que la majorité franeaise du Bas-Canada n'accordera À Ja minorité protestante rien de plus que ce qu'on accorde à Ja minorité dans l'antre section de la province. Il faut reconnaître toutefois que notre .système actuel d'éducation demande certaines modifications qui sont attendues par la minorité protestante du Bas-Canada.
Je demanderai à mon hon. ami le procureur
[LÉ üù Bas-'anada st le système actuel à ‘éducation dans le Bas-Canada continuera d'être toujours appliqué à l'avenir, et si les
différentes dénominations religieuses conserveront les droits dont elles jouissent aujourd'hui. Nous sommes obligés de voter pour cette mesure sans connaître exactement les garanties que nous fera la législation future, et par suite, mon hon, ami ne trouvera pas étrange que je Ini indique les chan gements que nous désirons, et que je tienne à m'assurer jusqu'à quel point le gouvernement tiendra compte de ces changements dans la mesure projetée. Le premier point qui a causé de fréquentes difficultés est de savoir si les propriétaires non-résidents auront le même droit de désigner l'école an profit de laquelle leur part des taxes devra ttre affectée, en d'autres termes, si une personne ne résidant pas dans un canton n'aura pas le droit d'indiquer à quelle école séparée elle désire que sa part de taxes prolite. Un autre point a trait aux taxes sur les propriétés des compagnies incorporées, Dans l'état actuel des choses, la minorité du Bas- Canada n'est pas satisfaite de l'emploi de ces taxes, Je désirerais savoir si on adoptera un moyen équitable et satisfaisant de répartir ces taxes, par exemple, en les traitant comme deniers publics. Quelques personnes ont prétendu qu'on devait laisser aux directeurs des compagnies de régler l'emploi de ces taxes, d'autres voudraient que chaque actionnaire eût le droit de fixer lnimème Pemploi de sa propre part. Je pense que ce dernier mode serait tout à fait imaticable, Cest ruine anomalie que nous ne levons pas désirer voir se produire, Mais je pense qu'on devrait songer à un appor Donnetment plus équitable de ces taxes, II Ya un troisième détail plus important que
s deux derniers, oir: si la minorité pro testante dun Bas-Canada aura un contrôle Q étendu sur la direction et l'ahninis-
ion des écoles séparées, Je sais que cette
y | t question intéresse autant les catholiques que ies protestants, car je crois qu'un tiers des “eoles dissidentes appartiennent anx catho Hquex, - ; 1 « ‘ ,
L'hon, M. HOLTON.- Ces écoles sont
dissidentes sous le rapport de la langue,
L'hon, Proc, Gén, CARTIER.-Pas le moins du monde,
L'hon., M, HOLTOX.. Mais a'ors, pour quoi ?
H'hon, Proc, Gén. CARTIER. n'y a aucune difficulté en ce qui concerne la langue.
L'hon., M. ROSE.—I] s'agit de toutes les écoles séparées pour üne e&tuse où une autre, Le remède peut s'appliquer à toutes. Je ne demande pas quelle mesure on prendra, j'indique seulement qu'il -audra élargir le contrôle des différentes dénominations religieuses. La dernière question a trait aux finances et est plus du domaine de l'hon. ministre des Finances.
nsénnsredit
L'hon. M. GALT.— Je suis prèt à répondre.
L'hon, Proc, Gén. CARTIER.—M. l'Orateur, j'ai assez l'habitude de donner des réponres catégoriques et Je Vais répondre de façon à satisfaire la Chambre aussi bien que mon hon, ami, En ce qui regarde le pre- Mmier point relatif aux Propriétaires non résidents dans les cantons, de puis dire que c'est l'intention du æouvernement de proposer une mesure qui donnera à la minorité le pouvoir de désigner à quelles écoles sépa rées ses taxes devront être aflec tées,
L'hon, J, N, MACDONALD, Dans Jos “antons seulement ?
L'hon, Proc, Gén, CARTIER. Partout et pas seulement aux catholiques, Eu co ‘qui re garde la seconde Questions fa citrioution
des deniers prélevés sur les Compagiies com merciales, je sais Qu'il v a eu des plaintes au sujet de la distribution de ces deniers, Le #ouvVernement a l'intention de proposer une mesure réglant la distribution de ces deniers d'une facon équitable et satisfai sante pour tous, (Ecoutez! et rires, ) Enfin, à la troisième question de mon hon, ami pour Montréal-Centre, je dois dire que cette loi pPOUrvoira à ce que la minorité protestante du B satisfaisant.
Canada ait sur ses écoles un contrôle EÉvoutez! et rires.) J'en on de mon hon.
a pour Châiteauguar, qui a parlé des eo
Viens inaintenant à la que
les dissidentes sous le rapport de la Jangue,
L'hon, M. HOLTON L'hon monsieur 4 ë. L'hon. membre
BC OM a pas bien cor
pour Montréal-Centre disait Qu'il v avait:
"ous le rapport de fa reli
éco & li liquer: culement qu'il jt NY en avoir sous le rap } + tTque rien, dans Ja Loi, ne S'Y opposerait, l'ar exemple, il pourrait Y Voir des Cvoles dissidentes eatholi que dans les Munieiparités où la majorité est
protestante,
L'hon, lroe, Gén CARTIER. QE monbre pour ( hâteauguay a les lois du Ca mali à sa disposition, II peut Y Voir qu'on ü Y mentionne ni ceoles catholiques ni école protestantes Canada les écoles séparées v sont fort à pro
Ce qu'on appelle dans le Haut-
pos désignées sous le nom d'écoles dissi- “tentes dans le Bas-Canada, I] y est dit aussi que là où il y a une minorité dissidente, soit catholique soit Protestante—elle a Je droit d'établir ses écoles, Dans les villes, la majorité étant catholique, les écoles dissi dentes sont généralement protestantes, mais, dans les cantons la majorité est quelquefois protestante et les écoles dissidentes sont catholiques,
Me FOR Quelle sera ja disposition de la loi pour les comtés où la population est disséminée comme dans le mien? Sera-t-il Permis à la minorité d’un canton de s'unir
avec le canton voisin pour établir une école dissidente ?
L'hon, Proc, Gén, CARTIER.—Certainement. Une disposition de Ja loi permettra à la minorité de s'unir à une municipalité contiguë pour former le nombre requis,
L'hon, J, 8. MACDONALD. Tandis que le gouvernement est en voie de nous faire des contidences, (rires), je désirerais savoir si e'est son intention «| ‘accorder à la minorité catholique du Haut-Canada les mêmes privilèges qu'à la minorité protestante du Bas- Canada ?
L'hon, Proc, Gén. CARTIER. —J 'ai assez de ma besogne sans faire celle des autres.
L'hon, procureur général du Haut-Canada n'est pas à son siège, mais Je ne doute pas qu'à l'occasion il ne réponde d'une manière satisfaisante à mon hon, ami de Cornwall,
L'hon, NS. J, MACDONALD, En l'ab- Sence de l'hon. procureur général du Haut- Canada, peut-être L'hon président du con- ‘eil sera-t-il assez bon pour me donner le renseignement ?
L'ihon..M-BROWN.—S: non hou. ami désire une réponse de moi, Je puis seulement li dire que les dispositions du bili des écoles relatives au Hanut-Canada n'ont pas encore tté considérées par le gouvernement, Sitôt que le Bill sera rédigé il sera soumis, sans délai, à Ja Chambre,
L'hon, M, ALLEYN.-J ‘espère que le Souvernement est disposé à accorder aux catholiques du Haut-Canada les mêmes privilèges qu'il a promis aux protestants du Bas-Canada ?
L'hon, M. ROSE. Los explications que le Souvernement Vient de donner devront satisfaire les protestants du Bas-Canada, Sa Hhéralité passée nous est une Harantie que
HOUS aurons justice dans l'avenir. (Ecoutez! Je n'hésite pas à dire que j'ai le plus ferme espoir que la partie bas-cana- Wernement nous traitera Jibé-
onfiance dans mon hon.
ienne du
ralement,
ani le ministre des finances ot ‘dans mon hon. ami le procure: ‘ néral Est, et je suis heureux d'appreni qu'il donnera son at-
tention à Ja question financière concernant la distribution satisfaisante des cotisations des sociétés commerciales, 4] ‘espère que le ministre des finances sera disposé à traiter de la même manière Ja question de la dota tion des eellèg
L'hon, M, HOLTON. Usez de votre influence et vous aurez satisfaction. I] est temps avant que la Confédération ne passe,
L'hon. M. ROSE. Mon hon. ami de Châteauguay a des vues toutes différentes des miennes an jet de Ja Confédération.
Si je voulais suivre cette tactique, son bon avis pourrait m'être utile, mais je suis disposé à faire bien des concessions qui ré- Pugneraient à mon hon, ami pour voir pas-
ser ce grand projet, J'ai pleine confiance dans le gouvernement actuel, et je crois que le parlement local du Bas-Canada nous ren dra aussi bien justice que tous les gouvernements que HOoUus AVONX CU depuis l'union, Nous n'avons jamais été obligés d'appeler à notre secours Jn majorité protestante du Haut-Canada et, si jamais nous nous déei dions à cela, je ne crois pas que nous aurions plus de satisfaction qu'avec la majorité ea tholique du Bas-Canada, (Ecoutez!) Main tenant, M. l'Orateur, en ce qui concerne les trois questions que j'ai faites et l'appréhension d'être maltraités dans le gouverne ment général, d'être à la merci des Cana diens-français dans le parlement local du Bas-Canada, de voir nos droits à l'éducation méconnue, j'ai maintenant l'assurance que le gouvernement agira eonformément aux réponses qu'il viert de me faire,
L'hon. $. MacDONALD, Cornwall.
Pages 425-426,
Il y a encore nn autre point sur lequel nous n'avons pas eu d'autres informations que celles que m'a données ce soir l'hon.
député de South Oxford; le gouvernement, e'est-à la partie du gouvernement qui représe... le Haut-Canada et qui est responsable plus particulièrement de ses actes à cette partie de la province; le gouvernement, dis-je, ne devrait-:il pas en même temps s'occuper de déterminer jusqu'à quel point les catholiques du Haut-Canada pourront se trouver en mesure de conserver leurs d'avoir leur part des deniers publies 4 4e jouire en général des mêmes privuëg + oi, suivant la déclaration du procureur-genéral du Bas-Canada, doivent être accordés aux protestants du Bas-Conada? Je n'ai aucune opinion à exprimer en ce moment sur la justice des demandes faites par les protestants du Bas-Canada: je ne suis pas prêt non plus à dire ce que je ferai lorsque la question viendra sur le tapis, et lorsqu'il s'agira aussi de donner aux catholiques du Haut-Canada plus de droits qu'ils en ont; mais je prétends que le gouvernement de vrait aborder de suite la question de savoir si l’on doit mettre les catholiques du Haut Canada sur le même pied que les protestants du Bas, Cette question intéresse au plus haut point les catholiques du Haut-Canaida, et à l'heure qu'il est ils sont repr'sentés ici par une députation chargée de faire connaître leur emande, Il n'y a pas de doute que pour faire valoir ce qu'ils considèrent leurs droits ils ne se serviront pas de la proposition d'accorder aux protestants du Bas-Canada les privilèges qu'ils réclament pour eux-mêmes, Tenez-vous done pour certains que le jour où les protestants du Bas-Canada viendront réclamer leurs droits ils devront faire valoir également ceux des catholiques du Haut-Canada et se déclarer prêt à exercer
‘onles,
envers eux la même justice qu ils réclame ront «des catholiques du Bas-Canada,
L'hon, M, BROWN.--Mon. hon. ami de Cornwall (M, J, S, Macdonald) n'est cer tainement pas d'accord avec lui-même en exprimant une telle opinion, et il me semble qu'il devrait attendre pour le faire que ceux pour qui il parle l'en aient chargé, lui ou un autre qui partage leurs vues, Pourquoi voudrait-il nous forcer d'adopter une ligne de conduite et des opinions qu'il désapprou ve lui-même ?
L'hon, J, SN, MACDONALD. Mon, hon ami ignorerait il par hasard les révolutions qui ont été passées par les catholiques du Haut-Canada? Ne sait-il pas que le grand vicaire MeDonnell, de Kingston, est en ve moment à Québec pour tâcber de ïes faire prévaloir? Croit-il que je ne demanderai pas au gouvernement de faire connaître ses vues sur la question, parce que je partage telie où telle opinion? J'affirme done que sa réponse ne saurait être remise pour les ru sons données ce soir par le président du con seil (l'hon, M. Brown), c'est-à-dire, que la question devra être prise en considération, C'est en effet un sujet digne d'attention et j'insiste à provoquer celle du gouvernement afin qu'il soit prêt lorsque la question se présentera.
M. A. MACKENZIE.—Quelle question sa présentera ?
L'hon. JS, MACDONALD. La question devra ôtre soumise à cette Chambre,
L'hon. M. BRG °N.—Eh bien! que ne la soulevez:vous vous-mêmes ?
L'hon. J,S, MACDONALD.—-Je veux que les hons, députés qui occupent les fauteuils du ministère soient prêts, lorsque la question leur sera faits, à dire ee qu'ils sont pour faire À l'égard de la minorité catholique du Haut-Canada, ainsi que le procureur-général du Bas-Canada l'a déclaré sans hésiter pour ce qui regarde la minorité protestante du Bas-Canada. (Ecoutez! Ecoutez!) Je n'occupe pas un siège dans cette Chambre à titre de champion d'aucune croyance reli gieuse, muis je suis iei pour veiller à ce que justice soit faite à tous, et comme tel je dis que nous avons droit de savoir si les dis tinetions privilégiées que l’on se propose de faire en faveur d'une minorité d'une partie de la province seront suivies de semblables distinctions privilégiées accordées à Ja mi norité de l'autre partie de la province.
(Ecoutez! Ecoutez!)
La proposition pour l'ajournement débats est alors adoptée.
des
M. CHRISTOPHER, Brome.
Pages 514-515.
Et, au sujet de l'éducation aussi, des ex ceptions d'une nature quelconque doivent être faites en faveur du Has-Canada et du Haut-Canada également, bien que personne
Let nnis
né puisse dire jusqu'à quel point il v sera ou non donné effet, Ainsi done, d'une ma niôre et d'une autre, In position que l'on fait au Bas-Cannda est dim rente de celle des autres provinees, nfin que ses intérôts et ses institutions Ptuissent otre sauvegardés, de dis dom que ce systeme, en genéral, et Ces Hnmunités et eXceptions en faveur du Bas-Canadu, n'ont pas d'autre but que de chercher à remédier Aux difficultés naissant des différences de races et de croyances re Mais, M, l'Orateur, j'aftirme que ce n'est pas le moyen de diminuer un dan
ligieuses,
Her Qui nous menvee de ce coté, [est inu üle de prétendre que ve système va faire cesser les animosités qui rôégnent, Sous l'union législative des deux Canadas, fon fonvant méme comme elle l'a fait, les mi norités tant du Haut que du Bas ont tou Jours manifesté le désir de maintenir l'union intacte, et de voir disparaître les préjugés et les haines qui les divisaient des majorités respectives, Le résultat en a été que les animosités de races qui, précisément avant l'union. existaient dans le Bas-Canadn an plus suprème degré, ont depuis presqu ‘en tiérement été reléguées dans l'oubli. Les hommes politiques du Haut-Cana la n'ont S cessé de se plaindre qu'ils ne pouvaient ner les Anglais et les Français du Bas Canada à leur guise, et qu'il leur était impossible d'engager les premiers, comme Anglais où protestants, à se joindre à eux pour étouffer la majorité bas danadienne,
Dr. J. O0. BEAUBIEN. Montmagny.
Page 557,
Malgré ce qu'en a dit l'hon. député de Loibinière dans un discours qui a paru tant l'amuser lui-même, Ja raison et le bon sens du peuple du Bas-Canada lui feront eomprendre qu'il trouvera des garanties, dans le proiat oui nous est soumis, pour tous ses intér ut ce qu'il a de plus cher, et qu'it. fa À tous ses besoins: et, d'un autre côté, In raison et le bon sens des populations des autres provinces les embécheront de se porter à des excès et à des actes d'injustice contre le Bas-Canada s'il ‘e trouvait dans la minorité et qu'il ne ferait pas l'alliance dont je viens de parler, D'ailleurs, minorité Pour minorité, j'aime mieux me trouver en présence d'une majorité plus #rande, mais moins hostile au Bas-Canada.
Aujourd'hui, sous l'union actuelle, nous nous trouverions à la merei de Ja majorité du Hant-Canada, si elle voulait commettre des injustices à notre égard; mais, avec la Confédération, je crois que nous aurions d'autres garanties que celles que nous possédons aujourd’hui contre toute tentative d'injustice contre nous de la part da gouvernement fédérai, car ja politique de l'Angleterre est de donner à ses colonies autant de contentement que possible. L'hon, député de Riche-
lieu CM, Perrault) Nous à déjà parlé des CYehements survenus avant IS37, en nous disant que nous avions tout à craindre de la part de Ja race anglaise, L'hon. membre n'aurait pas dû aller si loin en arriècre; mais I aurait dû se rappeler que ,n politique que les circonstances ont Hiposce à l'Angleterre t'est pas lt méme du tout aujourd ‘hui qu'el le l'était alors, Croit on que l'Angleterre favorisernit aujourd'hui des entreprises in lustes de la part de Ja Population anglaise contre Je Bas-Canada? L'on dira que la nationalité canadienne franenise ot trop vi.
\äce en ve Pays pour qu'on Puisse l'anéan tir; mais, pour la sauver, il Nous faut acc pter le plan de ln Confédération actuel, car il protège et garantit tous les interéts reli- Rieux du Bas-Canada, sos institutions d'édu cation, ses terres publiques, en un mot tout ce qui formé Ja nationalité d'un peuple, Avec l'administration de nos terres publi- AUes, nous pourrons attirer l'immigration, retenir notre population dans notre pays, et Prospérer autant que les autres provinees, et cela nous est assuré par le plan de la Confédération,
L'hon. J, CAUCHON, Montmorency.
l'age 568,
Avant l'union la majorité parlementaire ‘tait catholique en Bas-Canada et, si elle fut longtemps en lutte avec le pouvoir, ft-elle Jamais une injustice à la minorité protestante? Au contraire, ne l'émancipa-t-elle Pas civilement et religieusement et ne Jui donna-t-elle pas des privilèges qu'elie ne ait pas auparavant ?
Si notre peuple est inflexiblement attaché à sa foi, il esc, aussi, plein 4 tolérance et de bon vouloir Pour ceux qui ne croient pas comme Jui.
Depuis L'Union, les règles sont changées.
C'est le protestantisme qui domine dans le gouvernement et dans la législature, et, cependant, le catholicisme n ‘at-il pas été mieux traité et ne s'y est-il pas ‘éveloppé avec plus de liberté et de fécondité que sous le régime de la constitution de 1791? (Ecoutez!)
En vivant ensemble et en travaillant ensemble, nous avons apbris à nous connaître, à nous respecter, à nous estimer et à nous faire des concessions réciproques pour le bien-être commun.
Nous n'avons aucune crainte, nous eatholiques, à l'endroit du mauvais vouloir d’une majorité protestante dans le gouvernement et dans la législature fédérale, et nous sommes sûrs que les protestants du Bas-Canada ne craindront pas davantage pour eux dAns le gouvernement et la législature locale.
L'hon, député d'Hochelaga a it qu'il était prêt à accorder aux protestants les &aranties de protection qu'ils demandent Pour l’enseignement de leurs enfants; mais
possé
40 LA QUENTION SCOLAIRE
il a été précédé en cela par la convention de Québec et par le sentiment universel de la population eatholique du Bas-Canada,
Si la loi netuelle est insuffisante, qu'on la change, La justice demande que la minorité protestante soit protégée dans Jan même mesure que la minorité catholique du Haut Canada, et que les droits nequis de l'une et de l'autre ne puisrent être atteints ni par le parlement ni par les législatures locales, (Ecoutez!)
M. Jos. 8. PERREAULT. Richelieu.
l'ages 5906, 399-601,
Je n'ai pas besoin de renouveler iri les arguments apportés contre la demande de la représentation d'après la population, dans plus de quatre-vingt discours prononcés en 1860, lors de la diseussion de cette brûlante question; mais je me rappelle cette diseussion avec d'autant plus de plaisir qu'alors le parti canadien-français a montré qu'il avait conservé quelque chose de l'obstina tion dans la jutte et de la persévérance dans la défense de nos droits, dont nos pères ont si souvent donné la preuve, A cette époque, l'hon. proeureur-général Est (M. Cartier) méritait l'approbation de son pays, pour la résistance qu'il faisait à cette demande in juste du Haut-Canada, avee l'énergie et la tenacité qu'on lui connait, car il s'était no blement constitué le champion de nos droits.
Pourquoi vient-il done aujourd'hui proposer un compromis avec ses adversaires d'alors?
Est-ce au moment où les chefs de l'opposition du Haut-Canada avaient, en entrant dans le gouvernement Macdonald-Sicotte, renié absolument le principe de la représentation basée sur la population, qu'il devait abandonner la lutte? Est-ce au moment où le gouvernement Macdonald-Sicotte avait obtenu des écoles séparées en faveur des catholiques du Bas-Canada que le parti de l'hon. membre de South Oxford était à re douter? Est-ce au moment où la loi des écoles séparées pour les catholiques du Haut- Canada constituait un triomphe que n'avait pu remporter l'hon, proeureur-général pendant tout le temps qu'il avait été au pouvoir (que l'hon. procureur-général pendant tout le temps qu'il avait été au pouvoir) que l'hon. procureur-général devait cesser la lutte, jeter ses armes et prétendre, comme Canadien-français, que nous ne pouvions plus tenir sur la brèche, ec qu'il fallait faire des concessions au Haut-Canada?
Je prétends encore, M, le Président, que le tecensement de 1861 n'est pas une base sur laquelle on puisse se fonder pour apprécier exactement le chiffre de la population ées : sement n’est qu'un tissu d'erreurs graves et qui démon-
ue re Feéé
trent l'inexactitude de l'ensemble, Ainsi, quand on y voit qu'à Trois-Rivières il n'y an pas une seule église catholique; qu'à Han milton il n'y en qu'une seule; qu'en 1861 il n'a (té construit que trois Vaisseaux dans le Has-Canada, et que L'on sait qu'à Québec
seul il s'en est construit plus de soixante, l'on peut affirmer en toute sûreté que de semblables inexactitudes ont dû se répéter
dans les chiffres de la population des deux sections, On sait que, dans le Hant-Canadu, le chiffre de la population reelle à été con sidérablement surfait. Tous leurs journaux ne disnient-ils pus qu'il fallait que le recensement de ISO indiquät, en faveur du Haut-Canada, une très forte population de plus que dans le Bas-Canadn? Aussi, le résultat a til constaté une majorité de près de 400,000 fmes en sa faveur, On a telle ment augmenté le nombre des vivants et di minué celui morts, l'addition du nombre des enfants vivants au-dessous d'un an se trouve être de S,000 de plus que celui de toutes les naissances de l'année, (Ecou tez! et rires.) Je veux bien admettre que le elimat du Haut-Canada soit très salubre et très favorable au développement de la population au-dessous d'un an; mais encore peut-on difficilement s'expliquer qu'il n'en meure pas quelquesunx en douze mois et qu'il puisse y en avoir, en une seule année, S,000 de plus, au-dessous d'un an, qu'il n'en est né pendant Les douze mois écoulés, (Ecoutez! etsrires.) Quand je vois de pareils résultats dans notre recensement off ciel, je suis forcé de croire qu'il est inexact et qu'il peut être tout aussi erroné sous tous les rapports de la population générale. Mais surfait la population dans le re Haut-Canuda, dans le Bason l'a diminuée con
des que
Si on à censement du Canada, au contraire sidérablement, ei, nos enltivateurs ont toujours eu peur recensements, parce qu'ils soupeonnent qu'ils sont faits dans le seul but d'asseoir quelques taxes ou de faire quelque levée d'hommes pour la défense du pays, circonstances, Je €rois que la différence dans le chiffre de la population du Haut et du Bas-Canada n'est pas aussi bien établie qu'on veut le faire croire, Je maintiens qu'elle est moindre en réalité qu'elle ne l'est en apparence, et que les chiffres du recensement ne sont pas suffisamment exacts pour que l'on puisse les prendre pour base d'une demande de changements constitutionnels aussi graves, Mais si l'on étudie l'aceroissement de la population canadienne-française, l'on verra que les Canadiens-français ont augme:té jusqu’au chiffre de 1,700,000, ant décuplés deux
des
Sous ces
fois et demi de 1760 à 1860, ce qui équivaut à 3.40 pour cent par année, ou le dou-
blement de la population en 21 ans, ou 25
fois leur nombre en 199 ans, Depuis 1860, l'augmentation a été de 3.60 pour cent par
EXTRAITS DES DÉBATS
an dans le HasCanada, Voilà des chiffres UE prouvent que l'augmentation naturelle de la population dans Je Bas Canada est plus forte que partout nilleurs Dans le Haut Canada, la movenne des Hiissanees à été de 840 pour cent par an, et dans to Bas Ca nada, elle à été de 4,10 Pour vent, ee qui égale tte Auginentation relative plus con “idérable de 20 pour cent dans le Bas que dans le Haut-Canada, Si L'on fuit un cal eut de ln Progression de l'accroissement de la population francaise dans le Has Canada, de I5N4 à 185], l'on HErIVe aux résultats suivants:
pe, par
ht,
De 1784 à 1831, l'augmentation a été égale à 0 :
De 1S31 à IN44, elle n été égale à,.
De IS 44 à IS5L, elle a été égnle à... 4
Mais l'augmentation de Ju population qui en serait résultée à été diminuée par l'émi gration aux Etats-Unis, Les difficultés de sections ont chassé nos jeunes gens à l'é tranger pendant de longues années, et c'est là pourquoi cette augmentation considéra ble ne paraît pas, dans les res "nsements, aussi forte qu'elle l'a été en réalité, Ainsi, le chiffre des émigrés canadiens franeñis aux Etats-Unis, en 1844, s'élevait à 44,000: de IS44 à 1850, l'émigration s'est élevée à 30,000 ce qui, en IS50, élève à 64,000 Le chiffre de nos “ompatriotes passés à l'A tranger, Avec une pareille émigration, il est évident que notre population ne pou vait augmenter rapidement ; mais äujour d'hui, heureusement, le mouveme nt de notre population se fait en sens contraire, Un grand nombre de familles nous sont déjà revenues, tandis que beaucoup d'autres n'attendent qu'une occasion favorable pour revenir au pays qu'elles auraient dû ne jamais quitter, La Population eanadiennefrançaise aux Etats-Unis est encore très considérable, comme on peut le Voir par les chiffres suivants: l'Etat du Vermont compte 14,000 Canadiens-français: celui de Nevw- York, 20,000: l'Ohio et la Pennsylvanie, 6,000; le Michigan, 30,000: l'Tinois, 20.
000: le Wisconsin, 12,000 : l'Indiana, 5,000; le Minnesota, 15,000 Sans compter qu'il Y a encore à peu près 35,000 de nos jeunes Kens enrôlés dans l'armée des Etats-Unis.
Ce qui a lieu en Canada n aussi lieu en Acadie, où la population francaise a augmenté d'une manière vraiment étonnante, Cette augmentation a été, de 1707 à 1737, dans la proportion de 6 pour cent par an; en 30 ans, elle avait quintuplé, Elle a continué à s'accroître à peu près dans la même Proportion jusqu'en 1756, l époque mémorable de ja déportation des Acadiens. De 1755 à 1855, les Acadiens ont décuplé par eux-mêmes, et aujourd'hui Ja population
franco nentienne, dans les provinces mur
times et duns le Maine, ve 'ÉPArTIT corime
suit:
Terréneuse RATTT Cap Breton 1,000 Le du Prince Edounrl 15,06 Nouvelle Ecosse it Nouveau Brinsesiek il Maine ie Ce qui forme un total le CROr TITI
Vovons Mmuntenant, M, le Président jus est l'augmentation annuelle lu Haut Crnnin Cette considération est Hhportante, eur wlle tem à prouver que NX abs Le chiffm des populations du Haut ct du Bus Cunnita seront égales, ot PH conséquent 4 l changements constitutionnels motivés j |
question de Ta représentation basée sur nombre n'ont pas de raison d'être
pe. pur tn En 130, cette atimentation a été de 10.00
En I1S32, elle a été de w.7?7 En 1842, elle a été de 5.42 En 1S52, elle a ete de A: 1 En 1861, elle a été de 4.45 En 1865, elle sera probablement de OTTE
Ce QUI equivant à dire qu'en trente sr la Proportion de cette augmentation ä il minué de plus de 30 pour cent, ot 6 ‘est la diminution de l'immigration que produit cette diminution dans L'une
ment annuel, Les chiffres uivants, nent le nombre d'immigrants arrivés ans le Haut-Canada depuis fs prouvent abon danmment :
Années, (EE atiot 1829 à 1833 .. : 167 607 ESS à 1938... .. 06,131 IS39 à 14: , SHC TH IN44 . " Etre ; 20,142 11° SCORE ) LES ADP ARRET es Li. Noel
DR RES Re TL RSS IS
En 1854, nous n'a ions pas de chemins da fer eomme ceux que nous pos<édons aujourd'hui, et par conséquent l'immigration européenne, qui se dirigeait vers les Etats-Unis, ne passait pas par le Canada, comme elle le fait aujourd'hui pour les Etats de l'Ouest, En 18%4, l'immigration était de 53,000 âmes, et tons ceux qui arrivaient en Canada s'y fixaient invariablement, mais en 1854, cette immigration est tombée à 19,000, dont il ne reste plus que la moitié dans le pays; le reste se dirige vers les Etats de :'Ouest, Ainsi l'on peut dire que l'immigration, qui était de 53,000 âmes en 1854, est tombée en dix ans à 8,000 seulement pour le Haut-Canada, tandis que dans le Bas-Canada nous avons augmenté, par notre accroissement naturel, dans la proportion de 2.20 pour cent à 2.60 pour cent durant la miéme période, Et e'’est justement au moment où uotre population augmente dans cette proportion que l'on veut accorder au Haut- Canada la représentation basée sur la population! Pourquoi ne pas résister encore? On nous dit que si nous attendons à plus tard la disproportion sera plus grande. Je maintiens, en m'appuyant sur ces ealculs et sur d’autres considérations que j'aurai bientôt l'honneur de soumettre à «ette Chambre, que nous ne pouvons que gagner à attendre, puisque la proportion d: notre accroissement augmente et que l'immigration diminue. En trente ans, de 1829 à 1860, il nous est arrivé 942,733 émigrants, qui se sont presque tous établis dans le Haut-Canada. De plus, il y a un autre fait que je désire faire ressortir:
c’est que l'immigration irlandaise, qui s'était élevée, en 1851, à 22,381, a diminué, dans les dix années snivantes, à 376 en 1861, et l’on sait que c’est cette déportation en masse des enfants de la Verte Erin qui a fait la population du Haut-Canada ce qu'elle est aujourd’hui. Du reste, il ne s’agit que de consulter le recensement pour conelure de suite que la différence de proportion dans l'augmentation de la population respective des deux sections n’est due qu’à l’arrivée de ce million d'immigrants dans le pays. Si l’on étudie la proportion des naissances, où de l’aceroissement naturel, on verra que le Bas-Canada s’est accru dans une proportion plus rapide que celle du Haut, et qu'il y a plus de naissances proportionnellement dans notre section. A mesure que ces eauses factices d'augmentation diminuent dans le Haut-Canada, nous avons done la certitude de rétablir l'équilibre entre les deux populations.
M. FREDERICK W. HAULTAIN. Peterboro. Pages 646-647.
Remarquez que je n’'accuse pas mes compatriotes franco-canadiens d'intolérance.
Je dis seulement que les protestants du
Bas-Canada ont raison d'avoir des craintes, sachant dans quelle position ils vont se trouver vis-à-vis de la hiérarchie eatholique, et que ce trait d'intolérance que je viens de citer émane de celui qui inspire cette hiérarchie, Pourquoi faire mention de cela? Kerait-ce pour susciter quelque difficulté à l'égard du projet? Tout au contraire. Je parle en temps opportun et dans le seul but de faire donner à mes coreligionnaires du Bas-Canada des garanties qui leur assureront cette tolérance et ces généreux sentiments dont les eatholiques romains ont jusqu'ici fait preuve à leur égard; et si je demande maintenant ces garanties, e’est pour éviter la nécessité où l'on pourrait se trouver de les donner plus tard. Je n'ai que faire de déclarer quels sont mes sentiments, — ce sont ceux de tout protestant anglais: nous accordons volontiers à nos compatriotes catholiques romains ce que nous voulons pour nous: la liberté de conscience et le libre exerciee de tout droit politique.
(Ecoutez! Ecoutez!)
L'hon. J. S. MACDONALD.—L ‘hon. procureur-gén. Est a parlé au nom des protestants du Bas-Canada, et mon hon. ami, le député de Peterborough (Colonel Haultain) a fait la mème chose avant lui. Comment allons-nous décider entre les deux?
L’hon, M. MeGEE.—L'hon. représentant de Cornwall est comme la feuille blanche qui sépare l’ancien et le nouveau testament, et n’appartient ni à l’un ni à l’autre. (Hilarité.)
L'hon. J. S MACDONALD.—Je trouve réellement cette question très importante.
L’hon. député de Peterborough parle au nom des protestants du Bas-Canada, et l’hon. proc.-gén. Est prétend, lui aussi, exprimer leur opinion. En faveur duquel allons-nous décider?
L'’hon. Proc.-gén. CARTIER.—Ainsi que le sait l’hon. député, j’ai déjà fourni une longue carrière politique, et, pendant tout ce temps, j’ai toujours pris fait et cause, lorsque je la savais attaquée, pour la hiérarchie catholique du Bas-Canada, mais, en même temps, je n’ai jamais manqué d'agir de même pour le maintien des droits de la minorité protestante, et c'est à cela que je dois d’avoir toujours eu la confiance de ce corps.
L'’hon. J. S. MACDONALD.—Non pas comme corps.
L'’hon. M. ALLEYN.—Je propose que cette partie de diseussion soit remise à dimanche. (On rit.)
L'hon. J. $ MACDONALD.—Et avant de commencer nous chanterons la doxologie.
Col. HAULTAIN.—Je crois, M. l'Orateur, que ce sujet est trop sérieux pour qu’il soit une occasion de plaisanteries insignifiantes. Je parle de ce que je sais quand je dis qu’il existe des craintes chez
EXTRAITS DES DÉBATS
un grand nombre de protestants du Bas- Canada, et je ne parle pas inconsidérément lorsque je dis que ce que j'ai cité comme émanant du chef de l'église catholique romaine a eu pour effet de raviver ces craintes. Si, à l'avenir, nous devons progresser amicalement, il est elair qu'il vaut mieux que nous nous entendions franchement avant d'entrer dans cette union, et que nous travaillions tous à éviter l’introduetion de tout système où la commission de tout acte qui, plus tard, pourrait créer des difficultés. Qu'est-ce que disent mes hons. amis du Bas-Canada à l'égard du fait que j'ai cité? Un hon. monsieur a voulu railler en proposant de remettre à dimanche cette diseussion (écoutez! écoutez!); j'aimerais à savoir ce qu'il pense du passage que j'ai lu, Y adhère-t.il?
L’hon. M. ALLEYN.—Je donne ma parole que je n'ai pas lu cette lettre en entier.
Col. HAULTAIN.—Adhère-t-il à Ja partie que j'ai lue ici?
L'hon. M. ALLEYN.—Je suis pour la liberté de conscience dans toute l'acceptation du mot. .
COL. HAULTAIN.— En justice pour euxmêmes, je crois que les hons. messieurs qui appartiennent à la foi catholique de vraient se tenir au courant de ce qui leur vient de Rome. Je sens que je suis justifiable de faire ces observations, et que j'eusse manqué à ce que je dois aux protestants du Bas-Canada si, en leur nom, je n'eusse pas fait connaître sur quoi ils fondent leurs craintes pour l'avenir, J'espère que les hons, messieurs prendront connaissance du document dont j'ai parlé.
J'ignore si la longue liste des erreurs condamnées a été lue dans les églises catholiques romaines, mais je sais que la lettre encyclique, qui l'accompagne, a été com muniquée à ceux qui vont à l'église. Je ne Sais, par exemple, si mon hon. ami a pour habitude d'y aller,
L’hon. M. ALLEYN.—Oh! oui.
L'’hon. J. S MACDONALD.—J aimerais à savoir comment mon hon, ami de Peterborough va contenter ceux dont il plaide la eause s'il vote ce projet de Confédération.
Col. HAULTAIN.—J'ai assez de confiance en mon hon. ami le proe.-gén, Est pour croire qu'il s'opposera à toute oppression dont la population protestante du Bas- Canada pourrait être l'objet. Je suis également convaineu qu'il s’acquittera de la promesse qu'il a faite en cette enceinte au sujet d'amendements à l'acte scolaire du Bas-Canada.
L'’hon. Proc. Gén. CARTIER.—Et je puis ajouter que ma promesse sera facile à remplir, d'autant que le clergé catholique et la majorité des catholiques du Bas-Canada n'ont jamais eu l'idée de vouloir opprimer
leurs concitoyens protestants, Ecoutez!)
M. J. DUFRESNE.—Ce qui s'est passé avant l'union en est Ja preuve.
Col. HAULTAIN.—Eh! bien, après tout ce qui m'a été dit, je demande aux hon.
messieurs qui appartiennent à la religion catholique romaine, de lire ce que le chef de cette église a Cerit et fait répandre par le monde, et de dire s'ils n'ent pas vonfiance dans ce que le chef de leur église a énoncé, on, s'ils Y ont confiance, s'ils agiront dans le méme sens,
L'hon. M. MeGEE.—J ‘espère que l'hon.
monsieur accordera volontiers à la minorité catholique du Haut-Canada les mêmes privilèges que nous sommes prêts à accorder à la minorité protestante du Bas-Canada.
L'hon. J, $. MACDONALD.—L ‘hon.
député de Peterborough croit à la sincérité des intentions de l'hon. Procureur général Est, et dit qu'il s'en rapporte à Jui; mais, d'un autre côté, il donne lecture à cette Chambre d'un décret qui surseoit à toute promesse que l'hon. procureur général peut faire. Telle est la difficulté ‘dans laquelle l'hon. monsieur se trouve placé,
L'hon. Proc, Gén, CARTIER.—Je conseille à l'hon. député de Cornwall de lire ia lettre eneyclique,
L'hon. J. S. MACDONALD. Je l'ai lue d'un bout à l'autre.
M. BELLEROSE,-- Alors, il faut que vous ne l'aviez pas comprise,
L'hon. J, $, MACDONALD.—Tont ce que je voulais dire, «est qu'à mon avis l'hon. député de Peterborough a traité cette question à un très juste point de vue.
Col. HAULTAIN.—Que cela soit ou non, que l'hon. monsieur approuve où n'approuve pas ce que j'ai dit, cela ne me touche en rien. Je n'ai fait que m'acquitter envers mes coreligionnaires du Bas: ‘anada de ce que je jugeais être pour moi un devoir,
(Ecoutez!