‹ La question sexuelleChapitre 108 sur 190 · EFFETS DE LA GUERRE MONDIALE · texte numérisé non relu

EFFETS DE LA GUERRE MONDIALE

vengeance, de jouissances sadiques, de paresse et d'indifférence. Elle provoque de plus l'abus de l'alcool et du tabac.

Chez tous les belligérants on a constaté une recrudescence effroyable des infidélités conjugales non seulement par suite de la prostitution des soldats et des officiers, mais encore par suite de leurs liaisons avec d'autres femmes, soit en pays envahi, soit comme prisonniers ou internés, soit autrement. Les femmes mariées demeurées seules se sont de leur côté fort souvent laissé séduire par d'autres iiommes. ce qui a produit des scènes conjugales tragiques au retour du mari.

Les viols ont été innombrables dans tous les camps. Un soldat revenu de Salonique se vantait d'y avoir commis 20 viols. Les maladies vénériennes, en particulier la syphilis, ont infecté la plupart des soldats. Rappelons ce que nous avons dit à la fin du chapitre I sur la blastophthorie et ajoutons celle de l'alcool à celle de la syphilis. Alors on aura devant les yeux les « bienfaits sociaux » de la guerre mondiale.

Mais ce n'est pas tout. Même dans les pays neutres, en Suisse par exemple, on a pu constater l'effet démoralisant d'une mobilisation prolongée et d'un « drill >• stupide des soldats, drill qui eût dû être remplacé par des travaux utiles d'assainissement, de construction, d'agriculture, etc. On a constaté de nombreuses rechutes chez les abstinents d'alcool.

Aujourd'hui, après la guerre mondiale, vaincus, vainqueurs et neutres se lamentent sur l'effondrement universel de l'humanité et en accusent chacun qui? les autres, naturellement, le ciel et les hommes, sauf eux-mêmes! Alors ils se découragent au lieu de comprendre que seul le travail personnel acharné de chacun, vaincu, vainqueur et neutre, joint à une paix durable, à l'aide d'une vraie société fédérée internationale des peuples enfin libérés, peut encore sauver l'Europe et l'humanité dans une démocratie sociale pacifique et durable, qui ne soit pas une frime.

Je crois que toute personne qui a vu ou senti elle-même les effets néfastes de la guerre mondiale de 1914 à 1918 ou qui, sans y prendre part elle-même, a suivi attentivement ses péripéties dans la presse et par le témoignage de tierces personnes, ne pourra que me donner raison : Assez de victimes! Assez détruit: rebâtissons!

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