AMÉRICANISME
commande vivement la lecture du travail du docteur Jôrger à toute personne désireuse d'approfondir la question. 11 serait utile, à mon avis, de dresser des tableaux généalogiques et la description médicale et psychologique de toute la population d'une petite ville par exemple. Cela vient d'être fait par le docteur Beck à Zurich.
Le docteur Jôrger a complété en 1918 l'histoire de la famille Zéro par celle de sa descendance du côté maternel, celle de la famille Marcus dont la grande m.ajorité se compose de même de vagabonds, d'alcoolisés, de criminels ou d'individus mentalement anormaux.
AmériGanisme. — Je désignerai par ce terme un phénomène malsain de la vie sexuelle, phénomène qui a surtout pour base les idées des milieux instruits des Etats-Unis, et dont l'origine doit être cherchée, je crois, dans la ciiasse aux dollars, c'est-à-dire dans la concurrence individuelle effrénée et sans bornes des intérêts pécuniaires, telle qu'elle règne dans l'Amérique du Nord (à l'exception du Canada français), plus encore que partout ailleurs. Je veux parler de la vie antinaturelle des Américains, et en particulier de la vie sexuelle des Américaines.
Le vrai Yankee méprise le travail agricole et en général le travail manuel, surtout- pour la fenmie, mais aussi pour l'homme. Il voudrait le supprimer absolument et le centraliser à l'aide des machines et du commerce, afin de ne vivre que pour les affaires, préoccupations intellectuelles et le sport, et pour jouir en conséquence. Les femmes américaines considèrent le travail musculaire un peu énergique et surtout le travail à la campagne comme dégradant pour la femme. Ce sont là des restes de l'époque esclavagiste, où on laissait faire tous ces travaux aux nègres. On les leur attribue encore en grande partie aujourd'iiui.
Voulant rester aussi longtemps que possible jeune et fraîche, garder son teint et éviter la flétrissure de ses appas, craignant en outre les dangers, les douleurs et les effets des accouchements, ainsi que le fardeau des enfants. l'Américaine éprouve de plus en plus une grande répulsion pour les grossesses, les naissances, l'allaitement, et en général pour les grandes familles.
Comme, depuis l'émancipation des nègres, il est extrêmement coûteux aux Etats-Unis d'avoir des domestiques, on se contente de plus en plus souvent d'une sorte de vie d'hôtel (Boarding-House),
ce qui fournit aux femmes une nouvelle raison pour éviter, par tous les moyens, les conceptions et les nombreuses familles.
II est évident que cette forme de l'émancipation des femmes est absolument malsaine et qu'elle conduit à la dégénérescence, pour ,ne pas dire à l'extinction de la race. La race aryenne (européenne) mélangée de l'Amérique du Nord diminuerait et s'éteindrait peu à peu sans l'émigration, et elle serait bientôt remplacée par les Chinois et les nègres. Il est nécessaire que la femme travaille comme l'homme et qu'elle ne se refuse pas à sa destination naturelle; toute race qui ne comprend pas cette nécessité finit par s'éteindre. L'idéal de la femme ne doit pas être de lire des romans, de s'étendre sur des rocking-chairs et de ne travailler que dans des bureaux ou dans des magasins, afin de garder aussi longtemps que possible la finesse de sa peau et la grâce de ses atours, mais bien plutôt de se développer fortement et sainement en travaillant de corps et d'esprit aux côtés de l'homme et en procréant de nombreux enfants lorsqu'elle est forte, robuste et intelligente. Cela ne contredit nullement l'avantage qu'il peut y avoir à restreindre le nombre des conceptions lorsque les qualités corporelles et mentales requises font défaut aux procréateurs.
Cabarets et alcool. — Je veux simplement indiquer encore une fois la mauvaise influence du milieu des cabarets. L'habitude de boire corrompt toute la vie sexuelle. Elle est Torigine des formes les plus hideuses de la prostitution et du proxénétisme, et sert à la séduction des filles, ainsi qu'à soutenir d'une façon générale ces infâmes métiers. Je dois encore mentionner ici les filles de brasserie, dont la tâche est d'exciter l'appétit sexuel des clients, afin de les attirer et de les faire boire, tout en les exploitant elles-mêmes par la prostitution. En Allemagne, on appelle ce genre de locaux Animier-Kneipen, ce qui signifie « tavernes à excitation.» La fille « anime » les clients pour les pousser à la consommation. Ces tavernes jouent un rôle profondément dépravant, dans lequel l'alcool et la prostitution se confondent inextricablement. Le système des filles de brasserie d'Allemagne (Kellnerinnen) est devenu, en grande partie du moins, une véritable plaie sociale, qu'il faudra longtemps pour guérir.
Par la boisson, l'homme et la femme deviennent non seulement sensuels et grossiers, mais encore négligents, irréfléchis et imprudents (V. Statistique, chap. VIII, n" 9, b).