‹ La question sexuelleChapitre 116 sur 190 · CONFESSION AURICULAIRE · texte numérisé non relu

CONFESSION AURICULAIRE

Dans le mariage vraiment catholique, il est prescrit de procréer autant d'enfants qu'on peut, car tous les moyens préventifs de la procréation dans le coït sont sévèrement interdits aux deux conjoints. Si donc la femme est très féconde, les époux n'ont qu'à choisir entre l'abstention complète du coït (dans le cas où tous deux sont d'accord) et des grossesses se succédant sans interruption. La femme n'a jamais le droit de refuser le coït à. son mari, ni celui-ci de le refuser à sa femme, tant qu'il est capable de l'accomplir.

Il est facile de comprendre quels puissants effets pareilles prescriptions ont eus et ont encore sur la vie conjugale des catholiques, en particulier sur la quantité et la qualité de leur descendance.

Confession aaricnlaire. — La confession demande une mention spéciale. Dans son livre : Cinquante ans dans l'Église romaine (Genève, chez Jeheber), page 151 le P. Chiniqui, le célèbre réformateur du Canada, devenu plus tard protestant, et qui joua lui-même pendant de longues années un rôle considérable dans le clergé catholique canadien, signale les points sur lesquels le confesseur interroge ses pénitents des deux sexes. On ne pourra lui reprocher d'être incompétent.

Sans doute, l'Eglise d'aujourd'hui répond que le confesseur n'est pas obligé de poser toutes ces questions, que leur détail est laissé à son tact, etc. Nous accorderons qu'il y a des nuances entre le Canada du siècle passé, pays neuf et primitif, et l'Europe d'aujourd'hui. Mais je constate : T que le confesseur ne se contente pas d'écouter ce que lui disent ses pénitents des deux sexes, mais qu'il a le devoir de les sonder, c'est-à-dire de les interroger et 2" qu'une personne catholique célibataire, extrêmement sérieuse et honnête, à laquelle je posai la question à l'improviste, m'avoua que non seulement les sujets sexuels se traitaient à la confession, mais qu'ils y jouaient le rôle principal. Et comme il s'agit de prévenir les pénitents et pénitentes contre de prétendus péchés, mortels ou non, ou de les en absoudre, je ne vois pas comment le prêtre peui s'en tirer sans leur en parler, du moment où les prescriptions de détail dont nous parlons existent.

Je reproduis ici le texte latin original. 11 s'agit de questions qui ont été traitées dans notre chapitre VIIT, de sorte que je me dispense d'en donner une traduction française.

Dens veut que le confesseur pose à ses pénitents les questions suivantes :

1. Pecr.anl uxores, quœ suspecluin viri senien ejiciuni, vel ejicere conantur (Dens, vûL VII, p. 147).

2. Pcccant conjuges mortaliter, si, copulâ inceptâ, prohibeant seminationem.

3. 5/ vir jam seminauerit, dubinm fil an femina leihaliter peccat, si se retrahat a seminando ; mit peccat lethaliter vir non expectando seminationem uxoris (p. 153).

4. Peccant conjuges inler se circa actum conjugalem. Débet servari modus, sive situs : uno nt non seruetur dcbitum vas, sed copula habeatur in vase prsepostero, aliquoque non naturali. Si fiât accedendo a postera, a lalere, stando, sedendo, vel si vir sil succumbus (p. 166).

5. Impotentia. Est incapacitas perficiendi copulam carnalem perfectam cum seminatione viri in vase se debito, seu, de se. apiam generationi. Yel, ut si mulier sit nimis arda respecta unius non respeclu allerius (p. 273).

6. Notatur quod pollutio, in mulieribus possit perfici, ita ut semen earum non effluat extra membrum génitale. Indicium istius allegat Billuart, si scilicet mulier sensial aeminis resolulionem cum magno voluplatis sensu, quâ compléta, passio satiatur (vol. IV, p. 168).

7. Uxor se accusons, in confessione, quod negaverit debitum, interrogatur an ex pleno rigore juris sui id petiverit (vol. VII, p. 168).

8. Confessarius poenitentem, qui confitetur se peccasse cum sacerdote, vel solicitalam ab eo ad lurpia, potest inlerrogare utrum ille sacerdos sit ejus confessarius, an in confessione sollicitaverit (vol. VI, p. 297).

Dans les volumes V et VII de Dens on trouve encore beaucoup de pareilles prescriptions impossibles à reproduire, sur lesquelles le pieux casuiste veut qu'on interroge les pénitents.

Passons maintenant au célèbre Liguori. Parmi de nombreuses autres questions malpropres d'une nature erotique raffinée, tout confesseur est tenu, selon lui, de poser les deux suivantes à ses pénitents :

1. Quserul an sit semper morlale, si vir immital pudenda in os uxoris ... ? Verius affirmo, quia in hoc actu, ob calorem oris, adest proximum pericutum

pollulionis, et videtur nova species luxurise contra naturam, dicta irruminatio.

2. Eodem modo, Sanchez damna virum de mortali qui, in actu coputse, immiter et digilam in vas prsaposterum uxoris ; quia, ut ait, in hoc actu, adest affectas ad Sodomiam (Liguori, t, VI, p. 935).

Laissons maintenant le célèbre Liguori tranquille, et passons à Burchard, évêque de Worms. Il a écrit un livre sur les questions que le prêtre devra poser au confessionnal. Bien que ce livre n'existe plus, il a été pendant des siècles le guide des prêtres catholiques

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