RECHERCHE DE LA PATERNIIÉ
de chose ou rien n'a été fait jusqu'ici pour le peuple (Russie. Galice, ville de Vienne en Autriche, etc.), avec celle de ces mêmes individus en Suisse, par exemple, où l'on a au contraire déjà beaucoup fait pour l'assistance des pauvres, l'éducation des déshérités, l'amélioration des mauvais, on découvre ce qui suit : En Siiisse, CCS individus sont presque tous tarés d'alcoolisme ou d'hérédité pathologique; ce sont des alcoolisés, des ratés, des incorrigibles, des impulsifs, des amoraux de naissance, etc., et l'éducation peut fort peu sur eux. parce que presque tout ce qui possède un meilleur fond héréditaire a pu gagner sa vie honnêtement par le travail. En Russie, en Galice, à Vienne, même, on est au contraire étonné de voir combien d'honnêtes natures se révèlent dans ces classes de déshérités dès qu'on leur fournit un peu de travail et une saine éducation. Ce fait en dit long et surtout plus que les phrases contradictoires — toujours les mêmes — que les énergumènes des partis politiques se jettent mutuellement à la tête.
La Hongrie a donné un excellent exemple d'organisation de l'Etat pour l'enfance abandonnée, dénuée ou maltraitée en fondant de grands asiles où tous ces enfants peuvent être amenés par leurs mères illégitimes ou légitimes ou par d'autres.
Les cas y sont examinés et traités ensuite d'une façon appropriée, aux frais de l'Etat. Souvent on les place dans des familles; on leur fait suivre l'école et apprendre un métier (voir Zoltan DE BosNYAK ct L. Edelsheim Gyulay : Le Droit de l'enfant abandonné et le système hongrois de protection de l'enfance, Budapest, 1909). Combinée avec le système de familles artificielles de Mme L. von Wolfring, ces institutions de l'Etat seraient pour moi l'idéal.
Recherche de la paternité. — Comme on le fait toujours, on m'objectera que la recherche de la paternité est souvent très difficile et périlleuse. Je ne le nie nullement. Mais quand on aura rendu aux femmes les droits que la nature leur donne, et que dans l'éducation des jeunes filles on se sera guidé selon les principes que nous développerons au chapitre XVII, la chose deviendra beaucoup plus facile. Du reste, aujourd'hui déjà, on arrive la plupart du temps, avec de l'énergie et de la bonne volonté, à déterminer la paternité. Si d'un côté la grande amélioration des moyens de transport facilite la fuite et les voyages, elle favorise de l'autre
encore plus la découverte et l'arrestation des individus aux quatre coins du monde. Les rapports internationaux de tous les Etats civilisés s'améliorent et se complètent de jour en jour. Lorsque le globe terrestre aura été plus complètement conquis à la civilisation, — et il n'en est pas loin, — on peut espérer qu'il sera de plus en plus difficile aux escrocs et aux mauvais sujets de se soustraire à leurs devoirs par la fuite.
En examinant la question sous tous ses aspects, il nous est impossible de renoncer à cette condition primordiale pour la conservation de la société humaine, qui consiste à rendre les parents responsables de l'alimentation et de l'éducation de leurs enfants.
Les fameuses idées de phalanstères et de promiscuité, si souvent lancées, sont sorties de cerveaux théoriques et dogmatiques qui avaient perdu leur sens instinctif ou intuitif de la nature humaine, et ignoraient encore ce que les sciences naturelles et l'ethnologie nous ont révélé dès lors à son égard.
Mais la responsabilité des parents s'étend encore à un autre domaine, au devoir de ne pas procréer d'enfants invalides de corps et d'esprit. Nous reviendrons plus tard sur cette question, qui sort du sujet que nous traitons ici.
Tutelle. — Une excellente institution de nos législations actuelles est celle de la tutelle des orphelins, des aliénés, etc. Elle ne demande qu'à être développée avec soin et largement. D'autant plus mauvais, par contre, est le droit qu'accordent plusieurs pays aux communes chargées, d'orphelins pauvres et abandonnés, de hvrer ceux-ci par soumission publique à celui qui offre le plus bas prix de pension ou ne recherche que le travail de l'enfant. D'odieux abus, tels que la négligence, la mendicité, les mauvais traitements, etc., résultent de ce système sordide.
Le sort d'enfants illégitimes remis par leurs mères à des faiseuses d'anges est encore pire. Il s'établit une alliance tacite entre la rapacité d'un côté et l'hypocrisie sexuelle sociale de l'autre, pour entretenir un pareil état de choses et même pour le faire consacrer par ce qu'on appelle le bon ton et les bonnes mœurs. Nombre d'infanticides et d'avortements provoqués résultent, soit de la misère, soit du sentiment de honte que dictent nos mœurs. C'est là que le droit civil devrait s'unir au droit pénal et prendre des mesures à la fois humanitaires et énergiques, aptes à faire cesser