‹ La question sexuelleChapitre 148 sur 190 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Droit et morale. — Les limites de la morale et du droit sont difficiles à fixer. Il en était autrement avec Tancienne conception du droit et surtout de l'expiation du crime. Et pourtant, c'est précisément l'ancien droit qui, basé sur les dogmes de la métaphysique religieuse, a le plus empiété sur le domaine de la morale, en considérant comme crimes toutes sortes d'actes qui, sans léser le moins du monde les hommes, étaient simplement opposés aux idées et aux préjugés régnants sur la religion et la moralité.

D'un autre côté, il sanctionnait, au contraire, des actions directement immorales et injustes, en s'autorisant de dogmes religieux qui les ordonnaient ou les permettaient. Si nous ne considérons le droit que comme une organisation de protection pour la société et les individus contre tout empiétement qui leur fait du tort, il en résulte qu'il est intimement lié à la morale ou éthique, et ne peut être nettement séparé d'elle, comme le voudraient certaines écoles dogmatiques. Le domaine du droit est plus restreint, car il ne connaît guère que ce qui lèse les autres ou la société ou ce qui leur octroie des droits et des devoirs. Celui de la morale est plus vaste, car il renferme des sentiments, des intentions, le devoir de faire le bien et d'éviter le mal, même dans les limites que le droit ne peut atteindre.

Morale humaine et religieuse. — Qu'est-ce donc que l'éthique, c'est-à-dire la véritable morale humaine? On a bâti une éthique dogmatique composée d'une collection de commandements prétendus inspirés de Dieu. Les religions ont établi divers devoirs envers Dieu, et ces devoirs ou commandements sont en partie fort

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