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DANGER DES PERVERSIONS SEXUELLES

choix des individus, selon leur volonté, leur goût et leurs talents. On pourra néanmoins, déjà dans la partie obligatoire de l'enseignement et malgré la coéducation, rendre certaines branches obligatoires pour un sexe et facultatives pour l'autre (par exemple la couture et l'algèbre). Tout ce qui dépasse l'enseignement scolaire obligatoire demeurera naturellement facultatif, et, de cette façon, chaque sexe pourra choisir librement ce qui lui convient, comme c'est aujourd'hui le cas dans les universités seulement. De leur propre mouvement, comme dans la libre nature, le jeune homme et la jeune fille pourront alors chercher leur voie, la trouver et travailler chacun selon son génie propre et ses goûts.

Danger des perversions sexuelles. — Un point très important, mais malheureusement encore trop méconnu jusqu'ici de la pédagogie sexuelle, concerne les perversions sexuelles congénitales. L'opinion traditionnelle voit dans toute anomalie sexuelle un vice acquis, qu'on doit traiter avec une belle indignation morale et châtier. Les effets de cette manière de voir sont désastreux. Elle donne à la jeunesse des notions entièrement fausses, et ferme à la vérité les yeux des parents et des éducateurs.

Ce n'est pas sans motif sérieux qu'au chapitre VII nous avons longuement décrit les phénomènes répugnants de la pathologie sexuelle. Les éducateurs, comme les parents, devraient les connaître à fond. Mais cela ne suffit pas. Ces phénomènes commencent dès l'enfance. Ils se passent longtemps avant que l'enfant dont l'appétit sexuel est perverti ait le moindre pressentiment que ses inclinations ingénues et ses désirs encore tout platoniques sont considérés par les autres humains comme anormaux et contre nature. Les irradiations psychiques de son appétit anormal constituent le plus souvent le vrai sanctuaire des aspirations idéales de ses sentiments, l'objet d'espérances et de luttes encore obscures qui se trouvent en contradiction avec la nature et les inclinations de ses camarades. Voilà pourquoi il ne comprend pas le monde et ne se comprend pas lui-même à cet égard. On se moque de ses exaltations amoureuses, on ne le comprend pas. ou même il inspire le dégoût. L'anxiété et la honte alternent de plus en plus chez lui avec les aspirations perverses de son âme. qui s'accentuent lentement. Ce n'est que peu à peu et plus tard, lorsqu'arrive la puberté complète, que le perverti finit par comprendre sa position exceptionnelle. Il se sent alors mis au ban de la société, abandonné et

sans avenir. Il voit l'idéal auquel aspire son âme bafoué par lés hommes et considéré comme une caricature ridicule ou même comme une monstruosité coupable. 11 est obligé de cacher ses passions comme Un criminel, (^omme son caractère est fort souvent impulsif et faible, et se combine avec un appétit sexuel fort et précoce, il se trouve très facilement entraîné sur la mauvaise pente, surtout s'il vient à découvrir des objets complaisants pour son appétit ou, mieux encore, des compagnons pervertis comme lui.

C'est ainsi que, dans les écoles secondaires, on voit fréquemment se former des groupes de jeunes invertis, que dans les écoles de filles des inverties arrivent par ru^e à séduire leurs amies, etc. Il suffit de signaler ces phénomènes, qui se répètent de temps à autre et entraînent après eux des scandales scolaires, pour faire comprendre à tout homme de bon sens et sans préjugés qu'il est urgent, pour cette raison encore, d'instruire les enfants de très bonne heure sur les rapports sexuels. C'est là non seulement le devoir qu'enseigne une bonne hygiène, mais encore celui de la sagesse et de la morale.

Il est évident que, si les parents et les maîtres échangent librement et franchement, quoique d'une façon convenable et appropriée, leurs pensées avec celles des enfants sur cette matière, ils auront bientôt tiré au clair la nature sexuelle de ces derniers. On découvrira quelles jeunes filles sont froides et indifférentes, et quelles autres, au contraire, sont animées de très bonne heure de sensations et d'inclinations erotiques.

Il va sans dire qu'on parlera et agira différemment dans les deux cas. On ne risquera rien à instruire sans réserve les premières sur toute la matière sexuelle, tandis que chez les autres on devra être prudent, les mettre avant tout en garde contre les irritations de leur appétit, appuyer sur le danger terrible des infections vénériennes, sur le danger actuel des enfants illégitimes et, d'une façon générale, sur celui de la séduction par des hommes sans conscience.

On rencontrera aussi parfois chez les jeunes filles des natures hystériques avec des inclinations inverties, qui tomberont amoureuses d'autres jeunes filles et qui auront, par contre, une répugnance sexuelle marquée pour les hommes. Tout à fait exceptionnellement on découvrira une sadiste.

Chez les garçons on observera des différences analogues dans l'intensité et dans la précocité de l'appétit sexuel. Un observateur attentif arrivera plus fréquemment qu'on ne le croit à découvrir

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