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DANGER DES PERVERSIONS SEXUELLES

chez les garçons des appétits liomosexuels, car ceux-ci sont relativement assez répandus. Il rencontrera plus rarement d'autres perversions telles que le sadisme, le masochisme, le fétichisme, l'exhibitionnisme, etc. Chez les deux sexes on portera toute son attention sur les habitudes de masturbation.

Le grand avantage de pareilles découvertes est qu'on pourra soumettre les enfants atteints de perversions sexuelles à une surveillance spéciale et avant tout les éloigner des internats, où ils sont sujets aux plus fortes tentations. Un inverti dans un internat est en réalité à peu près dans la position d'un jeune homme qui coucherait dans la même chambre que des jeunes filles, et personne ne réfléchit à ce danger.

La perversion, une fois reconnue, on ne doit pas considérer celui qui en est atteint comme un criminel, ni même comme un individu mauvais ou vicieux, mais comme un malade atteint d'une affection nerveuse et qui de ce fait offre des dangers pour luimême et pour d'autres. On le traitera et on l'empêchera de devenir un foyer d'infection pour son entourage Les invertis devront être tout particulièrement surveillés et soignés jusqu'à l'âge adulte. Une fois majeurs, qu'ils bâtissent des villes à leur usage, échangent des anneaux de fiançailles et se marient entre individus du même sexe comme ils aimeraient tant le faire; ce serait, nous l'avons dit, fort innocent, et on devrait les laisser faire. Les adultes normaux peuvent, en somme, fort bien se protéger eux-mêmes contre leurs assiduités, dès qu'ils sont prévenus par une instruction suffisante sur les questions sexuelles.

L'enfant a droit, au contraire, à être protégé contre toute perversion par contamination, ainsi que contre tout attentat sexuel, de quelque nature qu'il soit, et la société a le devoir d'organiser sa protection. Or elle ne peut le faire, si elle n'est pas instruite ellemême sur la question et en état de donner à la jeunesse une instruction rationnelle telle que nous venons de la développer ici.

Si l'on découvre par ce moyen des perversions congénitales dangereuses, surtout le sadisme ou la pédérose, on devra prendre des mesures énergiques de protection, aller même, dans les cas graves, jusqu'aux opérations dont nous avons parlé ou à l'internement définitif.

A part la suggestion, il n'existe pas contre la masturbation de meilleur remède qu'une éducation analogue à celle qui est en vigueur dans les Landerziehungsheime, avant tout le travail cor-

porel continu, joint à une occupation intellectuelle utile et captivante. Lorsque pareil système d'éducation est mis en œuvre dès le jeune âge avec intelligence, l'appétit sexuel ne se développe que plus tardivement, d'une façon plus modérée et plus douce, ce qui est désirable au plus haut degré et influence heureusement toute la vie sexuelle ultérieure de l'homme.

En parlant de la masturbation au chapitre VIII, nous avons vu, du reste, qu'elle peut être l'expression d'états très divers, et l'on agira en conséquence.

Érotisme et enfance. — En donnant de bonne heure aux enfants les éclaircissements nécessaires sur la question sexuelle, on les tranquillise, et c'est encore là un avantage. Beaucoup de garçons et de filles se désespèrent à cause des idées erronées et effrayantes qu'ils se font sur les rapports sexuels. Ils se frappent l'imagination en creusant tout seuls la question, s'isolent et en deviennent parfois mélancoliques ou hypocondriaques. D'un côté, ils entendent autour d'eux des propos pornographiques qui les dégoûtent, tandis que leurs parents enveloppent la question d'un grand mystère; de Vautre, l'appétit sexuel évoque en eux des désirs et exige des satisfactions. Lorsqu'une pollution se produit alors chez un jeune homme de ce genre, soit spontanément, soit par suite d'une excitation artificielle, l'anxiété et la honte, souvent aussi toute la kyrielle de fantômes des maladies, de la dépravation morale, etc., augmentent sa tristesse. Il faut une résolution presque héroïque, si tant est qu'il y arrive, à l'isolé honteux qui n'ose se confier à ses parents ou à ses amis, pour venir ouvrir son cœur à un médecin ou à son père. On a vu, chez les natures nerveuses un peu timides, mélancoliques ou hypocondriaques, des états pareils conduire même au suicide.

Un autre avantage de l'instruction des enfants sur les rapports sexuels est qu'on peut en même temps leur expliquer la question de l'hérédité, le danger de l'usage des substances à effets blastophthoriques comme l'alcool, ainsi que celui des maladies vénériennes. D'un autre côté, il faut faire très attention, dans ce genre d'explications, de ne pas laisser percer son propre érotisme et de ne pas éveiller celui de l'enfant, en s'étendant plus qu'il n'est strictement nécessaire sur les objets sexuels. Autant l'instruction

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sur ce sujet est utile, autant il est inutile et nuisible de s'y appesantir à toute occasion. On doit, au contraire, détourner autant que possible l'attention de la jeunesse des choses sexuelles et l'intéresser à des travaux d'un autre genre, jusqu'à l'âge où elle sera mûre pour le mariage.

Dans le même ordre d'idées, on combattra naturellement la littérature trop erotique et surtout la pornographie et la prostitution. Malheureusement, les livres courants, même ce qu'on appelle les bons romans, les pieuses nouvelles et toute sorte de drames et de vaudevilles qui ont la pleine approbation des dames les plus convenables, grâce à leur forme extérieure fashionable ou même décente, sont souvent remplis d'un érotisme à peine voilé et excitent bien plus l'appétit sexuel que les descriptions réalistes, nues et brutales d'un Zola ou d'un Brieux, parfois même que l'art erotique d'un Maupassant (nous exceptons les gravures ordinairement pornographiques dont on a illustré les romans et nouvelles de ce dernier auteur).

Un médecin expérimenté m'a raconté que dans son pays les enfants de paysans, qui observent l'accouplement des animaux, font souvent, en se baignant ou autrement, des essais d'accouplement. La chose n'e.st évidemment pas recommandable et on devra la combattre. Ces paysans ne sont néanmoins ni plus corrompus, ni plus dégénérés que les citadins, au contraire. Ici encore, une instruction sérieuse, jointe à des avertissements affectueux, sera le meilleur remède, surtout chez les filles, et principalement lorsque notre civilisation sera nettoyée, jusque dans les campagnes, de l'usage de l'alcool et de l'exploitation des classes. Du reste, de pareilles tentatives de la part des garçons enseignent aux filles à se défendre.

Que dira-t-on. par contre, de certains juges autrichiens qui punissaient de prison ou de maison de force des gamins de quatorze ans, parce qu'ils s'étaient accouplés avec des filles du même âge ou les avaient rendues enceintes? Ont-ils vraiment cru avoir ainsi châtié le véritable coupable? Se sont-ils imaginé avoir ainsi travaillé a lamélioration de ces enfants?

La confession des catholiques joue un rôle pédagogique déplorable dans le domaine sexuel. Accordons que des prêtres sérieux, à l'esprit élevé, peuvent être capables d'atténuer dans leur inter-

prétation les ordonnances de Liguori et d'autres que nous avons citées, et de ne pas faire de tort ou de n'en faire que très peu à des jeunes gens encore honnêtes des deux sexes. Il faut cependant reconnaître — le catholique le plus fervent ne pourra le nier — que les prêtres sont des hommes et ne sont tous ni d'esprit si noble, ni si remplis de tact que le demande l'idéal qu'on exige d'eux visà-vis des femmes. Cela suffit pour faire de la confession, du moins dans beaucoup de cas, une institution dépravante au point de vue sexuel. Nous renvoyons, à ce sujet, à ce que nous avons déjà dit au chapiti-e XII sur les expériences du réformateur canadien, le P. Chiniqui.

Le cas suivant est encore caractéristique. Un homme très prude, voyant de petits enfants des deux sexes se baigner ensemble, leur dit d'un air indigné que c'était inconvenant. Là-dessus, un petit garçon lui répliqua naïvement : « Nous ne savons pas qui est garçon ni qui est fille, puisque nous n'avons pas d'habits. » Cette charmante réponse montre bien à quel point certaines gronderies, qui veulent être morales, sont justement faites, au contraire, pour attirer l'attention de la jeunesse sur les questions erotiques et pour éveiller sa lubricité.

Châtiments et sadisme. — Dans ces derniers temps, un fait important a attiré sur lui l'attention du monde entier, à la suite de crimes épouvantables. On ne peut plus douter que dans certains cas des maîtres et des éducateurs pervertis ne cherchent et ne trouvent la satisfaction d'appétits sexuels sadistes dans les châtiments corporels appliqués aux enfants qu'on leur confie.

On n'a pas oublié le cas de l'instituteur privé Dippold (Allemagne), qui, pour satisfaire ses appétits sadistes, maltraita de la façon la plus épouvantable les deux enfants Koch qui lui avaient été confiés par leurs parents. Il martyrisa même l'un d'eux jusqu'à ce que mort s'ensuivit.

L' Arbeiter-Zeitung de Vienne, journal très consciencieux, publie, « avec les noms », les hauts faits du prince régnant d'un très petit Etat allemand, qui, chaque fois qu'un maître d'école avait imposé à un élève dans le lieu de sa résidence un châtiment corporel, se plaisait à s'en faire lui-même le haut et puissant exécuteur. Le journal en question attribue, avec raison nous le pensons, cette fantaisie princière du noble souverain à des appétits sadistes.

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