CONCLUSIONS
D'un autre côté, les variations obtenues par la sélection ne sont dues elles-mêmes qu'à des ecphories plus rapides, provenant de conjugaisons répétées dans un certain sens. Or, Plate et d'autres ont monlré quelles peuvent arriver à se fixer de plus en plus, si elles sont bien adaptées, et à devenir ainsi plus tenaces. On voit par là qu'il n'y pas contradiction entre les faits fondamentaux, et que tout s'explique simplement et naturellement par la combinaison de l'engraphie mnémique héréditaire avec la sélection.
Les nouvelles études plus approfondies sur les transformations des êtres vivants montrent, en outre, qu'elles n'ont pas lieu d'une façon régulièrement progressive, comme Darwin l'a cru d'abord, mais que des périodes de transformation relativement rapide alternent avec des périodes d'arrêt relatif, tant d'une façon générale que pour chaque espèce en particulier. Nous voyons certaines espèces demeurer presque stationnaires pendant un temps immense et tendre plutôt à disparaître, tandis que d'autres, au contraire, varient énormément, trahissant ainsi une transformation actuelle. La transplantation d'une espèce dans un nouveau milieu, par exemple dans un nouveau continent, provoque chez elle, on la prouvé, une transformation relativement rapide. Il est évident que l'engraphie mnémique transforme les êtres d'autant plus rapidement qu'elle-même change de nature, ce qui est le cas dans les migrations que nous venons de signaler et qui font aussi changer les facteurs de la sélection.
D'autres faits montrent clairement que la faune et la flore du monde actuel se trouvent dans une période de recul au point de vue de leur diversification. A la période tertiaire, la faune et la flore du monde étaient plus riches qu'aujourd'hui; il disparaît beaucoup plus d'espèces anciennes qu'il n'en apparaît de nouvelles. Ce fait fondamental semble dià k un refroidissement extrêmement lent de la terre. C'est du moins ce que semblent nous indiquer la puissance formatrice du climat tropical, sa faune et sa flore semblables à, celles de l'époque tertiaire, et, au contraire, la pauvreté et la lenteur relative de la vie dans les pays froids. Voir du re.ste au chapitre I les expériences de Steinach, etc.
Conclusions. — Quelles sont les conclusions principales auxquelles nous amène cette courte étude de l'histoire ancestrale ou phylogénie de l'humanité?
1" Le transformisme ou évolution des fMres est un fait démontré.
2" Les facteurs de l'évolution semblent de prime abord être très divers : sélection. mut<ition. facteurs climatologiques. pliysiques, chimiques, etc.
Nou.s avons vu qu'ils se laissent fous ramener au princi|)e fondamental (le Vengraphie mnémique aidée de la sélection naturelle. Sans doute, la nature de l'engraphie mnémique des agents extérieurs dans In substance vivante est encore inconnue. Lorsque nous pourrons, un jour peut-être, ramener les lois de la vie aux lois de la nature inerte, nous n'aurons plus devant nous qu'un grand mystère métaphysique, moniste, c'est-à-dire uni- (jue, celui de la tendance de l'énergie mondiale à la différenciation des détails et à la production de formes compliquées. Ce qui est important pour nous ici, c'est de savoir que l'engraphie et la sélection sont capables de modifier considérablement les espèces, d'une façon positive ou négative, en bien ou en mal, en les améliorant par une bonne influence et de bonnes conjugaisons, ou en les détériorant par une mauvaise sélection ou par une blastophthorie qui les fait dégénérer. La combinaison d'une mauvaise sélection avec des influences blaslophthoriques constitue un grand danger que court l'humanité, et c'est là qu'une vie sexuelle rationnelle aura à intervenir.
3" Les facultés mentales des espèces animales dépendent, aussi bien que leurs caractères physiques, de leur mnème héréditaire ancestrale. Elles représentent simplement le côté intérieur ou introspectif de l'activité cérébrale, et le cerveau obéit aux lois naturelles de même que les autres organes.
4" Il résulte de tout cela que la phylogénie et la sélection, de même que l'hérédité bien comprise, ont droit à une place fondamentale dans la solution de la question sexuelle, car les germes qui, à la suite de cliaque conception, arrivent à reproduire un individu sont d'un côté les porteurs de l'énergie héritée de nos ancêtres et de l'autre ceux des générations de l'avenir; selon le soin ou la négligence de l'humanité civilisée, ils peuvent être transformés en bien ou en mal, progresser ou reculer. Malheureusement, les préjugés religieux et autres ont réussi à faire régner dans les écoles primaires et secondaires le silence sur les conquêtes de la science en matière d'évolution. Et la majeure partie des hommes n'en entend ainsi parler que par ouï-dire et d'une façon grossière et inexacte, de .sorte qu'une série de phénomènes, familiers aux naturalistes et aux médecins, .sont encore lettre morte pour le reste du public, ou ils lui paraissent du moins contenir des