‹ La question sexuelleChapitre 19 sur 190 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

absurdités. Ceci m'oblige à parler encore de quelques points de détail.

Les temps dits historiques, c'est-à-dire ceux qui remontent aux anciens Chinois, Égyptiens ou Assyriens, temps qui nous paraissent extrêmement éloignés, sont, au point de vue de l'évolution, extrêmement rapprochés de nous. Ces anciens peuples, ceux du moins qui furent nos ancêtres directs, ou qui étaient rapprochés de ceux-ci, sont donc, en langage transformiste qui ne marchande ni le temps, ni le nombre des générations, nos très proches parents. Les quelque cent cinquante générations qui les séparent de nous et les quelques centaines de générations qui se trouvent en plus entre eux et ceux de leurs ancêtres directs, qui furent en même temps les nôtres, représentent, au point de vue de l'histoire ethnologique de l'humanité, une période très brève.

Si nous examinons, par contre, les peuples sauvages de l'Amérique, de l'Asie, de l'Afrique et de l'Australie, étudiés surtout depuis la découverte de l'Amérique et vivant encore en partie actuellement, puis si nous les comparons à nous et à nos ancêtres d'il y a quatre mille ans, nous trouvons sans peine qu'ils diffèrent infiniment plus de nous que nous ne différons de ces derniers, dont les restes etlmographiques et historiques sont assez parlants pour le prouver.

Parmi les peuples sauvages, nous trouvons des races comme les pygmées de Stanley (Akkas), les Weddas de Ceylan, même les Australiens et les nègres, dont toute la structure corporelle décèle des différences très profondes avec notre race européenne et ses variétés. La profondeur et la constance desdites différences démontrent clairement que la parenté de pareilles races avec la nôtre ne peut être que fort éloignée. Il s'agit là de véritables races ou sous-espèces, ou tout au moins de variétés très constantes et accentuées. Rien n'est plus difficile, il est vrai, que de se reconnaître au milieu du fouillis presque inextricable des races humaines. Mais ce que l'on peut assurer, c'est que les races et variétés sauvages très éloignées de la nôtre, et même certaines races plus proches de nous, comme les races mongole ou malaise, nous sont en fait, phylogéniquement parlant, infiniment moins parentes que par exemple les anciens Assyriens. Cela indique que les ancêtres qui nous furent com.muns avec ces races doivent être probablement recherchés à plusieurs milliers de générations en arrière, lors même que leurs descendants vivent encore aujourd'hui sur d'autres continents.

Il est facile de s'expliquer que des races humaines si différentes aient pu se développer séparément dans des continents, sous des climats, avec un genre de vie et dans des conditions de développement très divers, si l'on réfléchit qu'à ces époques anciennes les hommes n'avaient que des moyens de transport très limités et vivaient d'une façon assez peu différente de celle de nos singes anthropomorphes actuels, de sorte que les formes ethniques se conservaient, séparées à de petites distances les unes des autres. On peut observer ce fait actuellement encore chez les petites peuplades ennemies indiennes ou malaises, qui vivent dans les régions tropicales et n'occupent souvent chacune que quelques lieues carrées. Les civilisations supérieures des anciens temps n'ont pu elles-mêmes se développer au delà d'un cercle relativement restreint, leurs armes et leurs moyens de transport ne leur permettant pas de s'aventurer trop loin. La conquête de la terre entière par la civilisation moderne, à l'aide de la boussole, des armes à feu, de la vapeur et de l'électricité, est donc un événement absolument contemporain, unique dans l'histoire du monde, et dont les origines ne remontent guère à plus de quatre cents ans. Cet événement a complètement bouleversé l'évolution naturelle intérieure des races humaines, car toutes les races inférieures, attaquées par les races civilisées armées de fusils et d'alcool, sont destinées à une destruction rapide et complète.

La géologie a découvert de nombreux restes humains dans les cavernes du quaternaire primordial, restes encore bien plus rapprochés des singes anthropomorphes que les races les plus inférieures actuellement vivantes. Leur cerveau, on le voit à leur cavité crânienne, est encore plus petit. Enfin Dubois a découvert à Java le crâne du Pithecanthropus erectus, qui est d'une capacité intermédiaire entre celle du crâne de l'orang-outang et de celui de l'homme. Si l'on découvre encore de pareils restes, la chaîne de transition entre les singes et l'homme sera à peu près complète.

Hybridité. — Consanguinité. — Avant de terminer ce chapitre, nous devons encore étudier la question des hybrides. Il est très important de savoir jusqu'à quel point la fécondité et la descendance sont influencées par le degré plus ou moins grand de la parenté des deux procréateurs. La conjugaison provient probablement d'un besoin général qu'ont les êtres de renforcer leur race par la diversité. La consanguinité perpétuée est néfaste à

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