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GROSSESSE. — CARACTÈRES SEXUELS CORRÉLATIFS

Il est impossible de pénétrer et de comprendre le sens profond et le but élevé d'un acte comme celui de l'accouplement sans connaître les faits de la conjugaison et des origines de l'homme tels que nous les avons exposés dans les chapitres précédents.

La conjugaison exige le rapprochement de deux cellules, par conséquent le mouvement d'au moins l'une d'entre elles. Ce mouvement cellulaire suffit pour les formes inférieures de l'accouplement et se limite d'ordinaire à l'une des cellules conjuguées, à la cellule mâle. Par le fait de son déplacement, elle joue dans l'acte le rôle actif, tandis que le rôle passif est réservé à la cellule femelle. C'est ainsi que nous voyons chez les plantes supérieures les cellules mâles, ou pollen, transportées sur le pistil par le vent ou par les insectes, et de là atteindre la graine, c'est-à-dire l'œuf, par une attraction mécanique endosmotique qui amène la conjugaison.

La chose se passe d'une façon analogue chez les animaux inférieurs, mais la cellule mâle y est douée, en général, d'un mouvement propre. Dès que nous avons affaire à des animaux compliqués, mobiles dans leur ensemble et composés de cellules très différenciées formant des organes complexes, nous voyons apparaître dans la phylogénie animale un second phénomène de mouvements reproducteurs, à savoir le déplacement de tout l'individu porteur des cellules mâles vers l'individu porteur des cellules femelles. Ce simple fait provoque la formation des différences sexuelles corrélatives entre les individus porteurs de chacune des espèces de cellules germinatives. Par suite du développement évolutif de ces deux systèmes phylogéniques de phénomènes moteurs, tendant au but de la conjugaison, nous obtenons pour chaque sexe deux catégories de formations sexuelles :

1° Les cellules gerininntives elles-mêmes, dont la forme femelle (fig. 11, A, pi. II) devient plus grande, plus riche en protoplasma, c'est-à-dire en vitellus, et demeure immobile, tandis que la forme mâle ou spermatozoïde devient extrêmement petite et se munit d'appareils moteurs (fig. 11. B, pi. II);

2" Les individus sexués, avec leurs différences sexuelles corrélatives propres au mâle ou à la femelle, et disposées de façon à donner au mâle le rôle actif et à la femelle le rôle passif.

L'hermaphrodisme normal, complet ou réciproque (escargots, etc.), constitue une étape intermédiaire. Ici chaque individu porte deux sortes de cellules germinatives et possède aussi les organes copulateurs mâles et femelles, de sorte qu'il n'existe qu'une seule forme d'individus s'accouplant réciproquement : l'organe mâle de l'un pénètre dans l'organe femelle de l'autre et vice versa. Il va sans dire que ce fait exclut la formation de caractères sexuels corrélatifs individuels.

Dans la seconde catégorie, le mâle diffère toujours de la femelle, au moins par ses organes sexuels, et. à l'ordinaire, par d'autres caractères physiques et souvent mentaux. La différence dans les fonctions sexuelles entraîne, en effet, la formation de différences dans d'autres organes du corps, dans les instincts et dans les sentiments, différences qui lui sont adaptées et dont les deux dernières trouvent leur expression matérielle clans le développe- Jiient différent du cerveau.

Certaines fonctions spécifiées dans la société peuvent amener chez les animaux sociaux, comme les fourmis et les termites, la formation ou différenciation d'une troisième ou d'une quatrième sorte d'individus. C'est ce qu'on appelle le polymorphisme. Ici, ce n'est pas la fonction sexuelle qui est cause des différences corrélatives des individus, mais la division du travail social. L'ecphorie de la mnème héréditaire, qui produit les formes individuelles polymorphes plus ou moins asexuées (ouvrières, soldats), n'en passe pas moins par les énergies des germes reproducteurs. Ici, l'action de la sélection est nécessaire à l'explication des phénomènes.

Chez l'homme, la différence sexuelle a amené la formation de deux sortes d'individus, assez peu différents dans leurs attributs corrélatifs, et dont chacun est le porteur d'une des formes de cellules germinatives. Dans laccouplement, l'homme joue le rôle actif et la femme le rôle passif. Dès que l'activité sexuelle, dans

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