REPRODUCTION CHEZ LES VERTÉBRÉS
le règne animal, ne se limite plus au mouvement d'une cellule mais exige le déplacement de tout l'individu, nous comprenons immédiatement que l'organisation de ces individus doit devenir beaucoup plus complexe et qu'elle exige un système nerveux central comme appareil directeur. L'individualité sexuelle entraîne donc une collaboration des autres organes du corps et spécialement celle des organes centraux des mouvements réflexes, des instincts et des facultés mentales supérieures de l'homme, dans l'accomplissement de l'acte fécondateur et de ceux qui en sont les conséquences.
De ces simples réflexions découle l'enchaînement complexe des origines animales de l'amour sexuel chez l'homme. La tâche de l'individu actif ou mâle est avant tout d'amener les spermatozoïdes en un point d'où ils puissent facilement atteindre les cellules femelles ou ovules. Cela fait, la tâche sexuelle du mâle est accomplie.
Chez l'individu passif ou femelle des animaux supérieurs, l'accouplement et la conjugaison ne sont au contraire que le commencement de l'activité reproductrice. Il est vrai qu'il n'en est pas ainsi dans tout le règne animal. Les poissons ont des sexes séparés; mais, chez eux, la fem elle dépose ses œufs non fécondés (frai) au fond de l'eau et ne s'en inquiète plus. Le mâle arrive ensuite et déverse son sperme sur les œufs. Il ne s'accouple donc pas avec la femelle, mais féconde directement les œufs déjà pondus. Avec un pareil système, l'amour sexuel perd sa raison d'être et il n'existe pas plus que l'amour maternel, car les petits poissons sont capables dès leur naissance de pourvoir eux-mêmes à leur subsistance. Il y a cependant quelques exceptions, dont une des plus curieuses est celle de certains poissons de la mer Morte, cliez lesquels le père seul couve les œufs en les prenant lui-même dans sa cavité buccale.
Reproduction chez les vertébrés. — Nous n'en finirions pas, si nous voulions décrire ne fût-ce que les principales variétés des rapports sexuels entre les vertébrés. La plupart du temps, le mâle Dossède un organe copulateur faisant saillie au dehors, tandis que la femelle présente une cavité invaginée, plus ou moins cylindrique, dans laquelle cet organe peut pénétrer. Par un mécanisme quelconque, une certaine quantité de sperme est déposée par le mâle dans le voisinage des ovules en état de maturité (fig. 18, Ov. mouv.; voir plus hautj sortis de la glande germinative femelle
OU ovaire, ce qui rend la conjugaison possible. Grâce à leur queue mobile semblable à celle des têtards, les spermatozoïdes (fig. 11, B) parviennent à atteindre les ovules et à les féconder. La façon dont l'œuf, une fois fécondé, soit dans le corps de la mère, soit après la ponte, continue son développement, varie énormément suivant les espèces. Souvent les œufs sont déposés tels quels par le femelle. Dans ce cas, l'embryon se développe hors du corps maternel, comme c'est le cas chez les insectes, les mollusques, les poissons, les amphibies, les reptiles, les oiseaux et les mammifères les plus inférieurs ou monotrèmes (ornithorynques et échidnés).
Chez les mammifères inférieurs il se développe un organe appelé matrice, organe qui permet à l'embryon de demeurer plus longtemps dans le corps maternel. Cet organe est d'ailleurs, encore très incomplet chez eux, et une poche ou repli de la peau du ventre permet à la mère de transporter avec elle ses. petits, encore extrêmement embryonnaires à leur naissance, jusqu'à ce qu'ils soient suffisamment développés pour vivre seuls. C'est là le cas des marsupiaux (sarigues, kangourous, etc.), dont le vagin et la matrice sont doubles (pairs).
Chez les mammifères supérieurs, la matrice se développe de plus en plus, s'ouvrant dans le vagin devenu unique sur la ligne médiane du ventre, entre les deux ovaires, et constituant un organe très spécialisé qui permet à la mère de conserver fort longtemps ses petits dans son ventre. Chez la plupart des mammifères, la matrice a encore deux diverticules allongés, qui peuvent contenir chacun une série successive d'embryons. Chez l'homme, elle forme une cavité unique et contient ordinairement un seul embryon, rarement deux ou plusieurs. De ces faits ressort déjà à quel point le rôle de la femelle des mammifères dans la reproduction est plus important que celui du mâle. Mais ce n'est pas tout. Qu'elle ponde encore des œufs ou qu'elle accouche de petits déjà plus ou moins développés, son rôle sexuel est loin d'être terminé. Les vertébrés supérieurs ovipares, surtout les oiseaux, donnent à leur progéniture des soins prolongés après la ponte. Les petits sont encore longtemps alimentés par leur mère, soit au moyen du lait de ses mamelles comme chez les mammifères, soit avec de la nourriture qu'elle leur apporte du dehors, comme chez les oiseaux, soit de ces deux façons combinées ou se succédant, comme, par exemple, chez les chats.
Chez beaucoup d'animaux le mâle contribue à l'élevage des petits. Nous y reviendrons. Ici, nous indiquons ces faits compliqués