‹ La question sexuelleChapitre 26 sur 190 · GROSSESSE · texte numérisé non relu

GROSSESSE

cette dernière). Cette inégalité se produit plutôt au détriment de la femme, car Tiiomme peut encore se satisfaire lorsque l'orgasme de la femme est terminé, si celle-ci n'y oppose pas de résistance active, tandis que le contraire n'est pas possible sans manipulations artificelles. En outre, ia fréquence et l'intensité des appétits sexuels sont souvent bien plus grands chez l'un des individus que chez l'autre, ce qui les fait souffrir tous deux. Ici encore, c'est la femme qui pâtit le plus, car l'homme peut toujours se satisfaire sans que la femme ait de sensations voluptueuses. Ce qu'on est convenu d'appeler les bonnes moteurs empéclie d'ordinaire les conjoints de parler de leurs besoins sexuels avant le mariage. De ]k résultent bien souvent de graves déceptions, des dissensions, souvent môme le divorce. Je renvoie ici au chapitre XIV {Hygiène du mariage).

Les sensations voluptueuses ne représentent que le moyen employé par la nature pour rapprocher et accoupler les sexes dans le but de reproduire l'espèce. On peut féconder une femme et produire un enfant à l'aide de .sperme injecté dans l'utérus avec une seringue. En outre, il est plutôt exceptionnel que Torgasme vénérien se produise cliez les deux sexes au même instant du coït. Le principal pour la fécondation est que la semence ou sperme puisse entrer dans la matrice. Une fois parvenus aux environs du museau de tanche, les spermatozoïdes grimpent ou nagent, à l'aide de leurs mouvements Dropres, non seulement dans toute la cavité utérine, mais jusque dans les trompes de Fallope et même dans la cavité abdominale, de sorte t(ue la force directe de l'éjaculation a peu d'importance.

Grossesse. — La matrice se dilate considérablement pendant la grossesse. Elle finit par dépasser la grosseur de la tête d'un adulte, et les muscles de ses parois se multiplient et se renforcent énormément, afin de devenir capables d'expulser plus tard l'enfant.

Les phénomènes de la grossesse, de la naissance, des suites de couches et de l'allaitement sont connus de tous, aussi serons-nous brefs. L'entrée en activité presque subite des mamelles après l'accouchement est un phénomène corrélatif fort intéressant. II suffit de jeter un coup d'œil sur celle qui vient d'être mère et de voir les longues complications qui influencent profondément et puissamment tout son organisme en vue de la vie de l'enfant, pour comprendre à quel point le rôle de la vie sexuelle est plus important, plus profond, disons même plus vital, chez la femme que chez l'homme. Ce dernier a besoin sans doute d'un appétit plus violent

qui le pousse à l'acte de l'accouplement parce qu'il y joue le rôle actif, si court soit-il. Mais, le coït fécondant passé, sa contribution à la reproduction de l'espèce est terminée.

Tandis que l'activité de l'homme se termine à la conception, celle de la femme commence seulement à ce moment. Au chapitre premier nous avons indiqué en deux mots les transformations de l'embryon humain jusqu'à la naissance. Pendant neuf mois il croît de la grosseur d'une tête d'épingle, qui est celle de l'ovule (fig. 18. Ov. mouv.), jusqu'à celle de l'enfant nouveau-né. Bien que la femme porte rarement plus d'un embryon en même temps, les jumeaux étant en somme rares, elle a néanmoins plus de peine et de fatigue à le supporter que toutes les femelles d'animaux. Cela ne vient pas seulement de ce que notre vie civilisée, artificielle, alcoolisée, avec ses travaux spécialisés qui rompent l'équilibre vital, a amolli les femmes et les a fait dégénérer, mais cela tient ausssi à l'énorme développement du cerveau humain. La tête de l'embryon humain est d'une grandeur disproportionnée, parce que le cerveau, comme je l'ai montré en 1889, avec M. Schiller {Comptes rendus de l'Académie des sciences) contient déjà à la naissance tous les éléments nerveux qu'il possédera pendant le reste de sa vie. Sans doute ces éléments sont encore petits et ont un caractère embryonnaire, mais les fibres sont prêtes à se recouvrir de myéline et à entrer en fonctions, et tout cela exige une grosseur considérable du crâne. Or, ce n'est pas tout pour la mère que de nourrir de son sang le cerveau et le crâne de l'embryon; il faut encore que cette tête relativement énorme passe à travers le bassin au moment de l'accouchement, et l'on sait que ce moment est le plus dangereux pour la vie de la femme enceinte. Les garçons ayant en moyenne un cerveau et un crâne plus considérables que ceux des filles, leur naissance est d'ordinaire plus pénible.

Accouchement. — 11 faut aue les organes sexuels de la femme se transforment énormément pendant la grossesse pour que l'accouchement soit possible. Ces organes deviennent à la fois plus gros et plus vasculaires, surtout la matrice (fig. 22, Paroi de la matrice). La croissance de cette dernière est étonnante. Grande à l'origine comme un très petit œuf (un œuf de pintade tout au plus), elle arrive à dépasser la dimension d'ime tête d'homme, et son épaisse paroi est le siège d'une multiplication énorme de ses muscles. De gros vaisseaux sanguins se développent dans la paroi

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