‹ La question sexuelleChapitre 27 sur 190 · ACCOUCHEMENT · texte numérisé non relu

ACCOUCHEMENT

de la matrice et tout spécialement dans le placenta (fig. 22 et 23, Placenta), se mettant en relation endosmotiqiie avec la circulation de l'embryon.

Du ventre de l'embryon pousse un organe, Vallantoïde, destiné à amener les vaisseaux sanguins de l'embryon au placenta et en même temps à provoquer la formation de ce dernier. Dans le placenta, les vaisseaux sanguins de l'embryon sont séparés de ceux de la mère par des parois si minces que les sucs nutritifs du sang maternel transsudent directement dans le sang veineux de l'embryon, de même que l'oxygène combiné au sang nécessaire à sa respiration. Jusque-là, le vitellus de l'œuf, nourri par l'endosmose de ses membranes, avait suffi à la nutrition du fœtus encore très petit. Pendant que ces phénomènes se passent, pendant que la substance des deux germes qui s'étaient conjugués se partage en cellules toujours plus nombreuses qui se différencient en feuillets pour former les organes futurs (fig. 21), pendant que certains groupes de cellules se préparent à devenir les uns le canal intestinal, d'autres les muscles et les vaisseaux sanguins, d'autres la peau et les organes des sens, d'autres enfin, sortant de ces derniers, le cerveau, la moelle épinière et les nerfs, la mère peut encore vivre de sa vie ordinaire. Elle souffre cependant de différents troubles en rapport avec ce qui se passe dans son corps.

Il est curieux de constater que ces troubles sont plus accentués au commencement de la grossesse, où la matrice est à peine dilatée, qu'à la fin. Il s'agit surtout de troubles nerveux, c'est-àdire d'un léger dérangement des fonctions cérébrales, des sensations, etc. Des vomissements opiniâtres, parfois incoercibles, de singulières envies, une humeur changeante, sont au nombre des troubles les plus fréquents chez les femmes enceintes, et ils tiennent probablement autant à des irritations nerveuses locales qu'à une transformation générale de la nutrition du corps. Le corps de la mère est en train de s'adapter au développement de l'enfant dans la matrice. Si pesante et si embarrassée que soit une femme dans les derniers mois de la grossesse, par suite de la dilatation considérable de la matrice et par conséquent du ventre (fig. 22), les troubles sont alors moins accentués qu'au début.

Pendant la grossesse les règles cessent, ce qui constitue un soulagement pour la femme. L'appétit ou désir sexuel est très variable; chez beaucoup de femmes enceintes il est diminué, chez d'autres sans changement; rarement il est augmenté. Il existe

encore beaucoup d'autres troubles plus ou moins fréquents, comme par exemple les varices, produites dans les jambes par la pression de la matrice sur les veines, etc. Nous ne voulons pas entrer dans de pareils détails qui nous mèneraient beaucoup trop loin.

Mais toutes les souffrances de la grossesse et de l'accouchement sont compensées et au delà par le désir ardent qu'éprouve la femme normale d'avoir un enfant, et par le bonheur d'entendre son premier cri. Fi ère et heureuse de donner la vie à un être humain nouveau, qu'elle espère prochainement allaiter et porter dans ses bras, elle supporte allègrement toutes les incommodités et même toutes les douleurs de la grossesse et de l'accouchement. Ce dernier (fig. 23) est en effet douloureux, car, malgré tout ce que fait la nature pour relâcher le bassin et le rendre élastique, pour dilater le museau de tanclie (fig. 22, Museau de tanche, et fig. 23, Orif. ext. du col), le vagin et la vulve, le passage de l'énorme tête d'un enfant liumain au travers de toutes ces ouvertures relativement étroites (fig. 23) demeure extrêmement difficile. Ce passage est forcé par les contractions puissantes des muscles de la matrice. Cependant elles ne réussissent pas toujours seules, et dans ce cas l'accoucheur est obligé d'appliquer le forceps, c'est-à-dire une sorte de pince obtuse, à deux branches séparées, pour extraire artificiellement la tête de l'enfant. Bien souvent le museau de tanche, le vagin ou le périnée (la peau située entre l'anus et la vulve) se déchire pendant l'accouchement, ce qui peut amener plus tard des désordres, tels ciue la descente de matrice, etc., désordres pouvant durer toute la vie.

Lorsque l'enfant est né, le cordon ombilical, c'est-à-dire l'allantoïde transformée (fig. 23, Cordon ombilical) coupé et le placenta extrait, les rapports de nutrition et de respiration entre l'enfant et sa mère sont subitement et pour ainsi dire brutalement interrompus. Nourri jusqu'ici par le sang de sa mère à l'aide du placenta et des vaisseaux du cordon ombilical, qui lui fournissaient l'oxygène nécessaire, l'enfant est obligé tout d'un coup de respirer et de manger lui-même. Ses poumons, jusqu'alors inactifs, se dilatent instantanément, sous l'influence nerveuse produite par le sang saturé d'acide carbonique, et le premier cri se produit. Ainsi commence la respiration individuelle. Quelques heures plus tard, la cessation de la nutrition maternelle produit la faim, et celle-ci les mouvements réflexes de succion. L'enfant se met à téter. Pendant ce temps, la matrice vidée se contracte énergiquement et se rétracte énormément en peu de jours. Le sang produit en plus

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