ALLAITEMENT — MATERNITÉ
par Torganisnic maternel, à cause de son adaptation à la nutrition de Tembryon, est alors employé à la production du lait dans les mamelles ou glandes lactifères, lesquelles s'étaient déjà fortement développées pendant la grossesse.
Allaitement. — Maternité. — La mère est instinctivement portée à allaiter son enfant, comme l'enfant à téter. Au bout de quatre à six semaines, la matrice a repris à peu près coir.plètement son volume primitif, mais l'allaitement de l'enfant à la mamelle, dure, chez les peuples sauvages, deux ans et plus.
Il est inutile de rappeler ici à quel point la capacité d'allaitement et la production du lait ont diminué chez les femmes modernes des pays civilisés. Ce triste phénomène de dégénérescence repose en majeure partie, comme Bunge l'a démontré par les chiffres d'une patiente statisticpie, sur l'habitude de nos peuples civilisés de prendre des boissons alcooliques, et il se combine avec d'autres dégénérescences blastophthoriques dues à l'alcoolisme héréditaire. L'avenir montrera si l'allaitement artificiel de nos enfants à l'aide du lait de vache et de l'appareil de Soxhlet aura été un bonheur pour l'humanité. En tout cas, il nous permet de faire vivre des enfants qui seraient morts sans son aide. D'un autre côté, le développement d'une dégénérescence ne peut guère être un avantage pour l'espèce, et notre espoir devrait être d'en revenir à la règle naturelle par l'abstinence de toute boisson alcoolique pratiquée par tous.
La fausse honte qu'ont maintes femmes de laisser voir leur grossessse et tout ce qui a rapport à l'accouchement, les plaisanteries dont on use souvent à l'égard des femmes enceintes, sont un triste signe de la dégénérescence et même de la corruption de notre civilisation raffinée. Les femmes enceintes ne devraient pas se cacher, ni jamais avoir honte de porter un enfant dans leur ventre; elles devraient au contraire en être fières. Pareille fierté serait certes bien plus justifiée que celle des beaux officiers paradant sous leur uniforme. Les signes extérieurs de la formation de l'humanité font plus d'honneur à leurs porteurs que les symboles de sa destruction. Que les femmes s'imprègnent de plus en plus de cette profonde vérité! Elles cesseront alors de cacher leur grossesse et d'en avoir honte. Conscientes de la grandeur de leur tâche sexuelle et sociale, elles tiendront haut l'étendard de notre
descendance, qui est celui de la véritable vie à venir de l'homme, tout en combattant pour l'émancipation de leur sexe. Vu sous cet angle, le rôle sexuel de la femme devient élevé et solennel; l'homme de cœur peut de moins en moins conserver son indifférence en voyant les misères sociales auxquelles a conduit un esclavage de la femme qui a duré des milliers d'années et qui a déshonoré les plus hautes fonctions de son sexe par des abus sans nombre.
L'hygiène de la grossesse, de l'accouchement et de ses suites est de la plus haute importance. Elle ne doit certes pas consister en soins et précautions exagérés, car en gâtant et en amollissant les femmes par l'inaction, on leur a fait plus de mal que de bien. Mais, d'un autre côté, la cruauté sociale qui charge de travail, méprise et néglige de pauvres femmes du peuple en couches, sans même souvent les nourrir suffisamment, est un fait révoltant, et c'est ici surtout que la réforme de l'hygiène sociale devient pour l'humanité une nécessité élémentaire.
Tout ce dont nous venons de parler lie la femme pour des mois et des années à chacun de ses enfants, et l'on comprend que toute son âme soit adaptée en conséquence à la maternité. Lors même que la naissance a détaché l'enfant du corps maternel, il n'en demeure ensuite pas moins attaché par cent liens à sa mère, non seulement pendant la période de l'allaitement, mais encore longtemps après, lorsque les conventions ne viennent pas faire violence aux lois naturelles. Les petits enfants sont profondément attachés à leur mère, et tandis que le père s'impatiente de leurs cris et des embarras qu'ils lui causent, une mère y prend naturellement plaisir. Lorsque les grossesses se succèdent à intervalles raisonnables d'un an ou deux au moins, la femme normale vit avec ses enfants pendant de nombreuses années en un rapport si intime qu'il ne cesse jamais complètement dans une famille animée de sentiments humains et sociaux.
Dans les circonstances normales, les liens spéciaux qui unissent la mère à ses enfants durent toute la vie, tandis que le père, si tout va pour le mieux, devient simplement le meilleur ami de ses enfants grandissants. Il est temps que les pères commencent à reconnaître ces lois naturelles, au lieu de se cramponner d'une façon si tenace au prestige historique et artificiel d'une autorité patriarcale vermoulue et contre nature. Sans doute, il existe beaucoup de mères pathologiques et dégénérées, mais pareille anomalie ne fait que confirmer la règle que nous venons d'indiquer.