PUBERTÉ. - ÉVEIL DE L'INSTINCT SEXUEL CHEZ LE GARÇON 8H
violent, tandis quau contraire le vif intérêt que portent ces derniers à tout ce qui touche aux sexes paraît niais et absurde aux indifférents sexuels.
L'accouplement des animaux, même tles insectes, des mouches ]jar exemple, éveille un intérêt curieux chez ceux dont les dispositions sexuelles sont précoces et fortes: ils en comprennent très vite la raison et sont portés à en tirer des analogies avec leurs })ropres sensations dans le même domaine. L'aspect du sexe féminin a cependant une action bien plus puissante encore sur Thomme normal. Mais ici se produit un pliénoniène particulier. Ce qui excite surtout le garçon à l'aspect du sexe féminin, •.•est tout ce qui est exceptionnel : la vue de certaines parties de la peau qui sont ordinairement couvertes, les habits ou ornements voyants, les odeurs particulières des femmes que le garçon n'est pas liabitué à voir, etc C'est pour cette raison que les frères et les sœurs n'excitent pas ou excitent très i>eu leur appétit sexuel récil)roque. à moins qu'il ne se produise des anomalies ou une exhibition tout à fait exceptionnelle. L'appétit sexuel des garçons de peuples sauvages ciui vivent nus n'est pas ou à peine excité i:»ar des filles nues; fortement, au contraire, par celles qui sont vêtues ou s'ornent d'une façon particulière. L'appétit sexuel d'un Mahométan est fortement excité par la nudité du visage féminin, celui de l'Européen par celle des mollets d'une femme, parce que les femmes ont la coutume de voiler leur face chez le premier et leurs jambes chez le second. 11 ne s'agit là, naturellement, que de différences relatives. Lorsque l'appétit sexuel de l'homme est violent et qu'il n'est pas satisfait, la femme l'excite d'une façon générale dès qu'elle n'est pas par trop vieille ou repoussante.
Un second caractère important de l'appétit sexuel normal est l'attraction spéciale que les apparences de la santé et de la force chez la femme produisent sur l'homme. Des formes saines et florissantes, des odeurs normales, une voix normale, une peau saine à l'aspect et au toucher, constituent autant d'attraits qui charment et excitent l'homme, tandis tiue tout ce qivi est malsain. fané. pâle, maladif, toute odeur pathologique, produit un effet répulsif et empêche ou diminue le désir sexuel.
Tout ce qui est en rapport avec les organes sexuels, leui' aspect, leur toucher, leur odeur, tend en outre à exciter l'appétit sexuel, d'autant plus fortement qu'on a l'iiabitude de les recouvrir; il en est de même des seins.
Les premières sensations sexuelles sont de nature tout à fait indéterminée; c'est quelque chose d'inconscient et d'obscur qui pousse le garçon vers le sexe féminin et le lui fait paraître désirable. C'est ainsi qu'un gamin peut s'amouraclier d'un joli portrait de femme, d'un sein rebondi, de deux yeux agaçants, et être pris d'érections et d'un désir indescriptible, soit à leur aspect, soit seulement à leur souvenir. Ce désir ne se concentre pas encore aussi spécialement sur l'acte sexuel que chez l'adulte déjà expérimenté en ces matières; il est plus généralisé et moins net, quoique fort sensuel.
Pendant longtemps, ces aspirations répétées, ces impulsions et ces désirs, demeurent non satisfaits. Selon les individualités, l'imagination associe les images les plus diverses à de pareilles manifestations de l'appétit sexuel. Les objets de ce dernier s'emparent des rêves et provoquent des érections dans le sommeil. Le garçon remarque bientôt une localisation sensorielle de ses appétits dans ses organes sexuels, spécialement dans le gland, mais aussi aux alentours, et l'image connue ou seulement confusément devinée des organes sexuels de la femme, image qui se présentait à peine lors des premières apparitions de ses désirs, commence à l'exciter de plus en plus.
Chez l'homme naturel ou sauvage, de même que chez les animaux, le garçon fait alors des essais de coït, qui finissent par le conduire à son but, car à l'état de nature, l'homme, cela va sans dire, se marie dès que la puberté est atteinte.
Pollutions nocturnes. — Chez l'homme civilisé, de telles difficultés s'opposent au mariage, qu'il le remplace par la prostitution ou par des moyens plus ou moins contre nature, dès que ses apppétits sexuels parlent un peu plus haut. Chez celui qui s'abstient, les images produites par l'excitation sexuelle, combinées avec les érections, agissent comme toute représentation plus fortement dans le sommeil que dans la veille et finissent par produire des éjaculations de semence, appelées pollutions nocturnes. Il s'agit là, en .général, de rêves erotiques, d'images de femmes nues qui enlacent le dormeur. Celui-ci croit s'accoupler plus ou moins complètement avec elles, et comme le rêve produit en général l'illusion de la perception réelle, tant en qualité qu'en intensité, il n'est pas étonnant que l'orgasme et l'éjaculation séminale s'ensuivent.
Masturbation. — A l'état de veille, l'appétit sexuel non satisfait peut produire de telles excitations, que le garçon se met à