SIGNES EXTÉRIEURS DE L'APPÉTIT SEXUEL
user de légères frictions du gland, frictions qui provoquent chez lui des sensations voluptueuses. Dès qu'il a fait cette découverte, il tend à répéter la chose et à provoquer par là artificiellement des éjaculaticns de semence à l'état de veille. C'est ainsi que se prend la mauvaise habitude de la masturbation ou onanisme, habitude a la fois déprimante et épuisante, qui prend un empire croissant sur celui qui s'y adonne, aucune barrière sociale et aucune autre volonté que la sienne propre ne venant mettre une borne à son appétit. La masturbation est déprimante et rend honteux, surtout par le sentiment de faiblesse que donne et redonne la volonté toujours vaincue de s'y opposer. Quoique, au point de vue purement mécanique, elle pro\®que une éjaculatioln plus normale que les pollutions nocturnes, souvent interrompues à la moitié de leur cours par le réveil et l'évanouissement du rêve qui les avait produites, la masturbation a un effet beaucoup plus néfaste qu'elles, par sa fréquence et surtout par son action déprimante sur le sentiment et la volonté. Nous reviendrons sur ce sujet au chapitre VIII
L'accumulation du sperme dans les vésicules séminales excite fortement l'appétit sexuel de l'homme, et ce dernier est momentanément satisfait par leur évacuation; cela ne fait l'objet d'aucun doute. Mais nous verrons bientôt que cette excitation purement organique ou mécanique, qui semble de prime abord être seule adaptée aux besoins naturels, ne joue chez l'homme nullement le rôle principal. On peut, du reste, facilement comprendre qu'elle ne puisse être le moteur principal de l'acte sexuel. En effet, pour aucun des animaux chez lesquels l'accouplement se produit, la possibilité de l'accomplir ne tient uniquement à l'accumulation du sperme, car elle dépend avant tout de celle d'atteindre une femelle. Il faut donc que le sperme accumulé puisse attendre et, en outre, que la perception de la femelle à l'aide d'un sens quelconque vienne exciter le mâle pour le pousser au coït.
Signes extérieurs de l'appétit sexuel. — Comme tout autre désir, l'appétit sexuel se trahit par la physionomie. Celle-ci consiste dans le jeu de l'activité cérébrale, c'est-à-dire des pensées, des sentiments et des résolutions, sur les muscles, au moyen des centres et des nerfs moteurs. Elle ne se limite pas au visage, mais s'étend à tout le corps. Le ventre, les mains, même les pieds, ont leur physionomie; celle des muscles de la face et des yeux est cependant la
plus vive et la plus expressive. Le désir sexuel se trahit par des regards, par l'expression du visage et par divers mouvements en présence d'individus du sexe féminin. Du reste, les hommes diffèrent énormément les uns des autres dans la façon dont ils trahissent ou, au contraire, dont ils cachent leurs sentiments et leurs pensées par le jeu de leurs muscles, de sorte que le dedans est loin de se refléter toujours fidèlement au deliors. En outre, l'expression, en général, plus ou moins retenue du désir sexuel par le jeu de la physionomie peut être confondue avec celle d'autres sentiments, de sorte que celui qui paraît être le plus libidineux n'est pas toujours celui qui l'est en réalité, et inversement.
Continence de l'homme. — L'abstinence ou continence sexuelle n'est nullement impraticable pour un jeune homme normal, de constitution moyenne, assidu au travail intellectuel et physique, s'abstenant de toute excitation artificielle, principalement de toute substance narcotique et, en particulier, de l'alcool, car ces substances paralysent la réflexion et la volonté. Lorque la matvu'ité sexuelle est complète, c'est-à-dire souvent après vingt ans seulement, la continence est ordinairement facilitée par des pollutions nocturnes, accompagnées de rêves correspondants. La santé n'en souffre nullement. Cependant à la longue cet état ne peut être considéré comme normal, surtout lorsqu'il n'existe aucun espoir de lui voir prendre fin dans un temps plus ou moins déterminé et pas trop éloigné. Ce qui est beaucoup plus anormal, ce sont les nombreuses excitations sexuelles artificielles et précoces que la civilisation entraîne après elle.
Puissance sexuelle. — Nous parlions des énormes variations individuelles de l'instinct sexuel. On peut dire qu'il varie de zéro à une excitation intense et perpétuelle, qu'on appelle satyriase. Par puissance sexuelle, on entend la faculté d'accomplir le coït. Cette puissance exige en première ligne des érections fortes et complètes, ainsi que la faculté de les faire suivre d'éjaculations séminales fréquentes, sans être précipitées. L'impuissance ou incapacité du coït ressort à la pathologie et consiste la plupart du temps dans l'absence ou dans la défectuosité des érections. La puissance et l'appétit sexuel vont ordinairement de pair, mais pas toujours, car on peut être puissant avec de faibles appétits sexuels, et souvent aussi joindre des appétits intenses à une impuissance marquée;