VARIATIONS INDIVIDUELLES DE LA PUISSANCE SEXUELLE
ce dernier cas est. il est vrai, paflioloirique. La puissance sexuelle varie tellement, elle aussi, selon les individus, qu'il est à peine possible de fixer une limite entre ce qui est normal et ce qti est pathologique en trop ou en trop peu.
C'est, en moyenne, entre vingt et quarante ans, surtout entre vingt-cinq et trente-cinq, que la puissance et l'appétit sexuels sont le plus forts chez l'homme. Mais, tandis que plus d"un jeune homme de dix-huit à vingt ans et plus se trouve encore tout à fait tranquille, sans avoir eu d'éjaculation séminale, on trouve souvent. chez des peuples qui mûrissent plus tôt, des garçons de douze à seize ans qui ne laissent rien à désirer, tant au point de vue de la puissance qu'à celui de l'appétit sexuel. Chez nos races aryennes cependant, lorsque pareils faits se produisent avant quatorze ans. ils appartiennent déjà à la précocité pathologique. Le début tardif de la puissance et de l'appétit sexuels est plutôt signe de force et de santé.
A partir de quarante ans, la puissance sexuelle tend à diminuer lentement, et à partir de soixante-dix ans ou même avant à s'éteindre. Exceptionnellement, on trouve des vieillards de quatrevingts ans et plus qui sont encore puissants. Normalement, l'appétit sexuel diminue avec Tâge. Souvent cependant, surtout lorsqu'il est artificiellement excité, il dure plus longtemps que la puissance.
En ce qui concerne la puissance sexuelle, il faut encore distinguer entre celle de l'accouplement et celle de la fécondation. La première peut fort bien exister sans la seconde, lorsque les testicules ont complètement cessé de fonctionner, tandis que d'autres glandes, en particulier la prostate, viennent seconder l'orgasme vénérien par leur sécrétion, lorsque la faculté d'érection est encore conservée. Inversement, les testicules peuvent contenir des spermatozoïdes sains chez des impuissants. En ce cas, la fécondation artificielle par la seringue est praticable.
Variations individuelles de la poissanee sexuelle. — Le fait qu'il existe des hommes cjui. pendant des années, s'accouplent plusieurs fois par jour prouve à quel point la puissance et l'appétit sexuels varient chez l'homme. L'excitation et le désir sexuels peuvent atteindre parfois un tel degré, qu'ils se reproduisent déjà à nouveau quelques minutes après que l'éjaculation de la semence a eu lieu. Il n'est pas très rare de voir le même homme accomplir
en une seule nuit le coït jusqu'à dix ou quinze fois de suite, dans les maisons de prostitution et ailleurs, bien que pareils excès soient déjà du domaine de la pathologie. Je connais un cas où cela se produisait jusqu'à trente fois. Je fus un jour consulté par une vieille paysanne de soixante-cinq ans. qui vint se plaindre de l'appétit sexuel insatiable de son mari, âgé de soixante-treize ans. Il la réveillait chaque jour le matin à trois lieures. avant son départ pour le travail, pour exiger d'elle le coït. Non content de cela, il répétait la chose tous les soirs et souvent encore après le repas de midi. Inversement, j'ai vu des maris bien portants, à l'âge de la plus grande puissance, se taxer eux-mêmes d'excès pour avoir cohabité une fois par mois ou moms souvent encore avec leur femme. Le réformateur Luther, (|ui était un homme pratique, a posé comme règle moyenne deux ou trois rapports sexuels par semaine clans le mariage, à l'âge de la forte puissance sexuelle, cela va sans dire. Je dois dire que mes nombreuses observations personnelles comme médecm ont généralement confirmé cette règle, qui me semble assez bien répondre à l'état normal auquel l'homme s'est adapté petit à petit pendant des milliers d'années.
Les maris qui considéreraient cette moyenne comme un droit imprescriptible feraient cependant preuve d'injustes prétentions, ear il est parfaitement possible à un homme normal de se contenir plus longtemps, et il a le devoir de le faire, non seulement lorsque sa femme est malade, mais encore pendant ses règles et surtout pendant ses couches.
La question des relations sexuelles pendant la grossesse est plus délicate, à cause de la longue durée de cette dernière. Ici. il faut bien des ménagements, mais une abstinence totale des rapports sexuels est, à mon avis, superflue, pour peu que le cours de la grossesse soit normal.
Désir de changement chez l'homme. — Une particularité des appétits sexuels de l'homme, particularité fatale pour la société, est son désir de changement. Ce désir n'est pas seulement une des causes principales de la polygamie, mais aussi de la prostitution et d'autres organisations analogues. 11 tient en particulier au manque d'attrait sexuel de ce à quoi l'on est habitué et à l'excitation d'autant plus forte produite par tout ce qui est nouveau, phénomène dont nous avons parlé plus haut. En moyenne la femme a une disposition héréditaire' beaucoup plus monogame ciue l'homme.