‹ La question sexuelleChapitre 40 sur 190 · LAMOUR · texte numérisé non relu

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lités supérieures de rame, c'est-à-dire des sentiments en général, de l'intelligence et de la volonté, pour constituer les combinaisons héréditaires individuelles les plus diverses, que nous- pouvons appeler constellations. En outre, les dispositions in^viduelles .héritées se combinent chez l'homme avec un nombre immense d'expériences et de souvenirs qu'il acquiert dans tous lesr domaines, dans le courant de sa longue vie, en les accumulant- dans son cerveau par ce qu'on appelle l'éducation ou l'adaptation au milieu. De l'immense complexité des énergies résultant des dispositions héréditaires combinées avec les facteurs acquis, jaillissent les résolutions et les actes de l'homme, sans qu'il puisse se renc^ compte de la multiplicité infinie et latente des causes qui les déterminent, causes dont l'immense majorité se meut dans la mnème subconsciente de notre cerveau.

C'est ainsi qu'un homme peut être un modèle de conduite ou de moralité, simplement du fait que ses appétits sexuels sont presque nuls Un autre souffre, au contraire, d'un appétit sexuel exagéré; à côté de cela, il est bon, dévoué, consciencieux, scrupuleux même, ce qui fait naître en lui de violentes luttes intérieures, dont il ne sort pas toujours victorieux. Un troisième est modéré dans ses appétits; si son sentiment du devoir est puissant et s'il possède une forte volonté, il résistera à ses désirs, tandis que si sa volonté est faible ou son sens moral défectueux, il succombera aux premières excitations ou séductions.

L'amour et l'appétit sexuel peuvent être intimement liés ou complètement séparés chez le même individu .De même qu'une femme froide peut être une bonne mère, une femme très sensuelle peut être une mauvaise mère, mais l'inverse peut aussi se rencontrer.

L'amonr. — Nous entendons parler ici du véritable amour, de nature supérieure, d'un sexe pour l'autre, Vamour sexuel, en tant qu'il n'est pas une simple amitié, mais se combine avec les appétits sexuels. Ecrire sur l'amour, c'est à peu près verser de l'eau dans l'Océan, car la littérature est aux trois quarts composée de récits et de dissertations sur l'amour. On ne peut douter que l'homme normal ne ressente un grand besoin d'amcur. Les irradiations de ce dernier dans la vie de l'âme constituent une des conditions fondamentales du bonheur humain et l'un des buts principaux de la vie. Malheureusement, on conçoit et l'on traite trop souvent la

question avec une sentimentalité exagérée ou, au contraire, d'une façon cyniquement sensuelle; on n'examine qu'un seul côté de la question, ou bien l'on tombe dans des malentendus.

Tout d'abord, l'amour paraît ordinairement s'enflammer par l'appétit sexuel. C'est la célèbre histoire de la flèche de Gupidon. On tombe amoureux d'un visage, d'un regard, d'un sourire, d'une blanche poitrine, du son doux et mélodieux d'une voix, etc. Cependant les rapports entre l'amour et l'appétit sexuel sont extrêmement délicats et compliqués. Chez l'homme, le second existe, ordinairement même, sans le premier, et souvent aussi chez lui l'amour peut persister sans appétit, tandis que chez la femme les deux choses sont difficiles à séparer, et en tout cas, chez elle, l'appétit sans amour est bien plus rare. Les deux choses ne sont donc nullement identiques; même l'égoïste le plus matériel, le plus libidineux et le plus jouisseur devra nous l'accorder, s'il n'a pas l'esprit trop borné.

Il peut arriver aussi que l'amour précède l'appétit, ce qui conduit souvent aux unions sexuelles les plus heureuses. Deux caractères peuvent être extrêmement sympathiques l'un à l'autre, et cette sympathie purement intellectuelle et sentimentale peut se développer, d'abord sans ombre de sensualité. C'est presque toujours le cas lorsqu'elle existe dès l'enfance. En pratique, dans notre société humaine, un nombre énorme d'unions sexuelles, c'est-àdire de mariages, se concluent sans trace d'amour, basées qu'elles sont sur de pures spéculations de convenances et de fortune. Ici l'on admet tacitement que l'appétit sexuel normal, combiné avec l'habitude, cimentera le mariage et le rendra durable. Comme l'homme normal n'a, en général, pas de sentiments extrêmes, pareille prévision se réalise ordinairement dans les grandes lignes : les époux se supportent mutuellement et s'adaptent peu à peu l'un à l'autre, plus ou moins bien, selon les découvertes plus ou moins agréables qui se font après le mariage.

Même lorsqu'ils sont relativement vrais, les romans d'amour traitent, en général, de cas exceptionnels, souvent même pathologiques, car la moyenne des mariages bourgeois paraît aux romanciers beaucoup trop peu piquante et intéressante pour captiver leurs lecteurs. Nous n'avons pas à nous occuper ici des extrêmes, ni des situations tragiques souvent plus ou moins conventionnelles que l'on rencontre dans les romans. Nous devons surtout étudier l'amour normal et ordinaire, tel qu'il se présente le plus souvent dans la réalité.

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