‹ La question sexuelleChapitre 52 sur 190 · L'AMOUR MATERNEL · texte numérisé non relu

L'AMOUR MATERNEL

satisfait son cœur, et c'est pourquoi la femme qui règne est si souvent infidèle à son mari, sinon de fait, du moins de sentiments.

Dans une pareille union, elle n'a pas trouvé l'amour vrai qu'elle cherchait et n'a pas pu l'y trouver et c'est pour cela que, si ses principes moraux sont faibles, elle cherche des compensations auprès de quelque don Juan. Si la femme en question a le caractère ferme ou si elle est froide au point de vue sexuel, elle devient facilement une Xanthippe aigrie ou amère. On redoute ces femmeslà, dont l'espèce n'est pas rare; leur amour déçu s'est transformé en haine, en mauvaise humeur ou en jalousie, et ne trouve plus de satisfaction que dans le tourment d'autrui.

La psychologie de ce genre de fem.mes ne manque pas d'intérêt : elles ne sont en général pas conscientes de leur méchanceté. L'amertume chronique, suite d'une malheureuse disposition héréditaire de leur caractère autant que de la déception de leurs sentiments, leur fait prendre le monde en grippe et les rend incapables de voir autre chose que le mauvais côté des gens. Elles s'habituent à dénigrer tout automatiquement, à prendre ombrage de tout et à médire en toute occasion. Avec cela elles sont malheureuses, mais elles trouvent une joie diabolique dans tous les malheurs, où elles voient une confirmation de leurs sombres prophéties, seule satisfaction capable d'exalter encore leur moi.

Nous venons de dire qu'une certaine disposition constitutionnelle est nécessaire pour qu'une altération aussi déplorable des sentiments féminins se produise; mais cette disposition ne se développe souvent que sous l'influence des circonstances que nous avons indiquées ou de circonstances analogues.

Il est impossible que la vie commune de deux époux ne leur fasse pas découvrir à la longue leurs faiblesses réciproques. Qui n'a pas ses points faibles! Mais im amour vrai suffit en général pour cimenter définitivement une union, pourvu que la femme trouve un soutien dans une qualité solide de son mari, qualité qui lui sert alors d'idéal. Il faut aussi que l'homme, de son côté; trouvant chez son épouse les sentiments doux, reposants et persistants d'un amour dévoué, sache les payer de retour. Ces conditions suffisent, dis-je, si tous deux consacrent leur efforts à l'entretien de leur famille et au bien social.

L'amonr mateTnel. — L'irradiation la plus profonde et la plus naturelle de l'appétit sexuel chez la femme est l'amour maternel.

Une mère qui n'aime pas ses enfants est un être contre nature, et un homme qui ne comprend pas les désirs de maternité de sa femme et qui ne les respecte pas, n'est pas digne de son amour. Parfois l'égoïsme rend l'Iiomme jaloux de l'amour que sa femme porte à ses enfants. D'autres fois, on voit le père témoigner, au contraire, plus d'amour à ses enfants que la mère; de pareilles exceptions ne font que confirmer la règle.

La plus belle et la plus naturelle des irradiations de l'amour est la joie qu'éprouvent les parents à la naissance de leurs enfants, joie qui est l'un des plus énergiques ciments de l'affection conjugale et qui aide les époux à triompher des conflits de leurs caractères et à relever le niveau moral de leurs sentiments réciproques, car elle répond à la réalisation du but naturel de l'union sexuelle.

C'est la femme qui prend ici la part du lion. Une vraie femme se réjouit à chaque progrès de sa grossesse. A peine les dernières douleurs de l'enfantement sont-elles passées, qu'elle rit de bonheur, d'attendrissement et d'orgueil, en entenda*nt les premiers cris du nouveau-né. L'élan instinctif de l'amour maternel vers le nouveauné répond à un droit naturel imprescriptible de ce dernier, car il a besoin des soins continus et minutieux de sa mère. Rien n'est beau au monde comme la joie rayonnante d'une jeune mère qui soigne elle-même son nourrisson et aucun signe de dégénérescence n'est plus pénible que celui des mères qui l'abandonnent, sans nécessité absolue, à des mains étrangères.

D'un autre côté la raison doit mtervenir. Les transports instinctifs de l'amour maternel ont de bonne heure besoin d'un contrepoids. Rien n'est plus propre à empêcher qu'ils ne dégénèrent en gâteries déraisonnables par leur exclusivisme, qu'une éducation absolument scientifique et médicale des petits enfants. L'art médical moderne a fait à cet égard d'immenses progrès; malheureusement, l'égoïsme, la négligence, la routine, le désir de jouissance, ou souvent la misère de beaucoup de mères les empêchent de bénéficier de ces progrès et de les appliquer comme elles le devraient. Au lieu de s'occuper elles-mêmes de leurs enfants, elles les abandonnent à des mercenaires. Ces dernières peuvent être nécessaires pour aider les jeunes femmes pendant leurs premières couches et leur servir en même temps d'instructeurs. Mais une mère naturelle et bonne profitera avidement de ces enseignements et deviendra elle-même une excellente garde parce qu'elle sentira ses attaches naturelles et s'y consiaci'era avec le dévouement d'un amour maternel relevé et affiné

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