SENTIMENTS ET PERSÉVÉRANCE
par la raison et la connaissance. Chez les prolétaires, la misère et l'ignorance des mères, souvent aussi leur légèreté et leur indolence, sont un obstacle à l'éducation rationnelle des petits enfants.
L'amonr de singe. — L'amour maternel constitue donc l'irradiation la plus importante des instincts sexuels chez la femme. Il dégénère très facilement en faiblesse, c'est-à-dire en passion déraisonnable et en condescendance aveugle à tous les défauts de l'enfant, défauts que la mère excuse et transforme en qualités. Les faiblesses de l'amour maternel font grand tort à l'enfant et sont souvent le germe de plus amères déceptions. Les faiblesses héréditaires du caractère jouent ici un rôle immense et même le principal. Cependant, les faiblesses maternelles ont encore d'autres causes : la richesse, l'absence de culture intellectuelle, l'oisiveté, le trop petit nombre d'enfants, etc.
Le meilleur antidote à cet amour maternel déraisonnable, que les Allemands appellent amour de singe, consiste en occupations actives de la femme, combinées à une saine éducation de son caractère. Le travail seul ne suffit pas, si la femme conserve des horizons bornés, si elle ne s'est pas libérée de la routine, de l'ignorance et de la superstition.
Sentiments et persévérance. — La puissance de l'amour chez la femme ne repose pas seulement sur l'harmonie si variée de ses sentiments de sympathie pour son mari et ses enfants, et sur la finesse extraordinaire et le tact naturel qu'elle y joint, lorsque son caractère. Le travail seul ne suffit pas, si la femme conserve des rayon de soleil toujours chaud de la vie de famille, mais plus puissantes encore sont la ténacité et la persévérance de son amour.
En général, c'est par la volonté, disions-nous, que la femme est supérieure à l'homme. C'est ici, dans le domaine de l'amour, que cette supériorité brille de tout son éclat. En règle ordinaire, c'est la femme qui maintient la famille. Dans le peuple du moins, c'estelle qui économise, veille soigneusement à tout et corrige les faiblesses, les actes passionnés et impulsifs, les découragements si fréquents chez le mari. Que de fois ne voit-on pas le père abandonner ses enfants, dilapider son gain et quitter sa place sous quelque futile prétexte, tandis que sa courageuse femme, quoique souffrant de la faim et du dénûraent, tient ferme et s'ingénie à sauver les quelques débris qui ont échappé aux excès et à l'égoïsme du mari.
Le mari d'une femme légère ou alcoolique a pu devenir parfois le seul soutien de la famille, mais de telles exceptions ne font que confirmer la règle qui veut que là où l'amour normal et le courage font défaut à la femme, la fam.ille se désagrège et se dissolve, car l'homme possède bien rarement les facultés nécessaires à son maintien.
Il découle clairement de ces faits, qu'en cultivant la tendance moderne des femmes à devenir jouisseuses et à se dégoûter de la maternité, on prépare une dégénérescence complète de la société. Il s'agit ici d'une maladie sociale grave, qui altère rapidement les qualités et la force d'expansion d'une race, et qu'il est indispensable de guérir à temps, si l'on veut empêcher la race qui en est atteinte d'être Supplantée par d'autres.
Si l'âme féminine manque, en général, d'imagination intellectuelle et de facultés originales de combinaison, d'autant plus puissante est l'intuition pratique de son jugement et de son imagination sentimentale. La finesse de ses sentiments moraux et esthétiques, son tact naturel, son besoin instinctif de mettre quelque brin de poésie dans tous les riens de la vie, contribuent à former le vrai bonheur de la famille, bonheur dont le mari et les enfants' jouissent trop souvent sans se rendre assez compte de tout le travail dévoué, de tout l'amour, de toute la peine que s'est donnée la mère pour faire briller un seul de ces chauds rayons de soleil sous lesquels s'éveillent la joie et la paix.
Routine, etc. — Le revers des irradiations de l'amour chez la femme est constitué par ses faiblesses, que nous avons déjà indiquées en partie. Ajoutons que son intelligence est ordinairement superficielle, qu'elle attribue une importance exagérée à des bagatelles, qu'elle ne comprend souvent pas le but de conceptions idéales et r( ste attachée par la routine à toutes ses marottes. Cette routine représente dans la psychologie féminine l'excès d'une volonté tenace appliquée uniquement à la reproduction de ce qui lui a été enseigné. Dans la famille, la femme constitue l'élément conservateur, parce que chez elle, bien plus que chez l'homme, le sentiment, combiné à une persévérante ténacité, prédomine sur l'intelligence; or, les sentiments représentent partout et toujours l'élément conservateur dans l'âme humaine. — Voilà pourquoi la femme est le soutien le plus puissant et l'appui le plus ferme de l'intransigeance des dogmes et des habitudes, de la mode, des