‹ La question sexuelleChapitre 54 sur 190 · ROUTINE · texte numérisé non relu

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préjugés et du mysticisme. Ce n'est pas qu'elle soit en elle-même plus disposée que l'homme aux croyances mystiques; mais cellesci, une fois dogmatisées et canonisées, faisant briller aux yeux des souffrants les mirages d'une compensation dans un monde meilleur, nous voyons un grand nombre de femmes, malheureuses ou déçues, tomber dans l'exaltation relierieuse et s'accrocher ainsi à l'espoir du bonheur après la mort, qui les dédommagera, croientelles, des vicissitudes de leur existence.

Les autres revers du caractère féminin, tels que le manque de logique, l'entêtement, l'amour des colifichets et de la toilette, etc., découlent des faiblesses fondamentales de la mentalité féminine, telles que nous venons de les analyser. En outre, la dépendance sociale dans laquelle l'homme a placé la femme au point de vue légal et à celui de son éducation, tend à augmenter ces faiblesses. Beaucoup de gens craignent que le droit de vote donné à la femme n'entrave le progrès, pour les raisons que nous venons d'indiquer. Mais ils oublient que le suffrage actuel des hommes est en grande partie, indirectement et inconsciemment, exercé par leur femme. A lui seul, ce fait montre que l'éducation, l'élévation et l'émancipation légale des femmes ne peuvent que développer le progrès, d'autant plus qu'elles contribueront à l'éducation des hommes, trop disposés à dégénérer par suite de leur autocratie présomptueuse et tyrannique. Puis, la femme étant bien plus difficile dans le choix de son mari que l'homme dans celui de sa femme, l'instruction des femmes produira et produit déjà une meilleure sélection dans le mariage.

La femme s'enthousiasme par instinct pour les hommes dont la mentalité et les sentiments sont élevés, et elle s'efforce d'imiter ceux qui provoquent son admiration et de faire triompher leurs idées. Donnons aux femmes leurs pleins droits, à l'égal des nôtres, tout en leur fournissant une éducation supérieure et le même enseignement libre qu'à nous-mêmes; nous verrons alors leur courage au travail abandonner les sentiers stériles et obscurs du mysticisme, pour se vouer au progrès social.

La jalousie chez la femme. — D'autres irradiations de l'amour chez la femme sont semblables à celles de l'homme. La jalousie n'est peut-être pas beaucoup moins développée chez elle que chez l'homme. Elle est moins brutale et moins violente, mais plus instinctive et plus persévérante; elle se traduit par des scènes, des

piqûres d'aiguilles, des chicanes, de petites tyrannies et toutes sortes de ruses, qui empoisonnent l'existence commune tout autant que la jalousie de l'homme et qui restent aussi inefficaces qu'elle contre l'infidélité. Au plus haut degré de la passion, l'homme jaloux assomme ou se sert des armes à feu, tandis que la femme fait des scènes, égratigne ou empoisonne.

Chez les sauvages, les femmes jalouses coupent le nez de leurs rivales avec les dents; à Paris, et en général en pays civilisé, elles leur jettent de l'acide sulfurique au visage. Le but est le même : les enlaidir. Les illusions amoureuses produites chez la femme par l'appétit sexuel sont analogues à celles de l'homme, mais elles se trouvent modifiées par les attributs féminins II en est de même de l'hypocrisie. Le rôle passif de la femme dans la vie sexuelle l'oblige à ne trahir ses sentiments à l'objet de ses désirs que d'une façon très réservée et prudente. Elle ne peut faire d'avances à l'homme sans contrevenir aux conventions et sans risquer sa réputation. Elle doit donc être d'autant plus habile dans l'art de la dissimulation. Cela ne nous donne aucun droit de l'accuser de fausseté, car cet art lui est à la fois naturel, instinctif et imposé par les mœurs. Son besoin d'amour et de maternité la pousse inconsciemment à se rendre à l'homme aussi désirable que possible par sa grâce et ses appas. Ses regards dérobés, ses soupirs, le jeu de sa physionomie servent à trahir ses ardeurs, comme au travers d'un voile. Derrière ce jeu furtif, tout particulièrement propre à exciter les passions de l'homme, se cache chez la femme à la fois naturelle et bonne tout un monde de sentiments délicats, d'aspirations idéales, d'énergie et de persévérance, qui sont au fond bien plus loyaux et bien plus honnêtes que les motifs que révèle la façon plus brusque et plus osée dont l'homme exprime ses désirs Les phrases sonores dont retentit l'amour de ce dernier recouvrent ordinairement des sentiments bien moins purs et des calculs plus égoïstes que le jeu relativement innocent de la jeune fille. Il ne manque sans doute pas de femmes fausses, dont les manières amoureuses ne sont que la toile savante d'une araignée; mais nous voulons parler ici de la moyenne et non pas des exceptions.

La coquetterie. — La vantardise sexuelle de l'homme ne se retrouve que chez quelques prostituées ou chez de rares messalines. Elle est remplacée chez la femme par la coquetterie et le désir de

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