DEMANDES EN MARIAGE
§ 5. — Avances faites à un sexe par l'autre. Demandes en mariage.
Dans l'accouplement, c'est-à-dire clans l'union des entités individuelles sexuées, Thomme inclus, c'est le mâle qui est l'individu actif et qui fait les avances. Chez certains peuples cependant (Paraguayens, Moquis. Gares) c'est la femme qui fait la demande. Chacun connaît les combats que se livrent entre eux les mâles d'animaux, les coqs, les cerfs par exemple, pour conquérir les femelles. Chez certains Indiens on observe aussi des luttes corps à corps, à la suite desquelles le vaincu doit céder sa femme au vainqueur. C'est dans la même idée que les anciens Grecs se livraient au combat pour obtenir une femme, comme nous le voyons pour les prétendants de Pénélope. En Irlande, des faits pareils se produisaient jusque dans les derniers siècles.
D'un autre côté, nous voyons souvent, chez les sauvages et chez les oiseaux, les faveurs de la femelle être obtenues par une cour assidue plutôt que par des combats. Chez certains peuples sauvages, on observe, au contraire, des luttes entre les femmes pour obtenir tel ou tel homme Cependant, c'est ordinairement la coquetterie à tous ses degrés, même les plus adoucis, qui fournit à la femme la base de ses avances. Chez beaucoup de peuples, sinon chez la plupart, les femmes ont le droit de refuser au moins une demande en mariage.
Nous renvoyons ici à ce que nous avons dit au chapitre IV, § 3, sur le flirt.
§6. — Moyens d'attraction.
La parure dans les deux sexes. — La vanité est plus ancienne que l'homme, car on la trouve déjà chez des animaux divers. Les peuples les plus sauvages et les plus grossiers recherchent la parure. Le tatouage, la coloration de la peau, les anneaux placés aux bras, aux pieds, aux lèvres, au nez, aux oreilles, servent à attirer un sexe vers l'autre. Une femme Santale peut porter jusqu'à quinze kilogrammes d'ornements sur son corps. La vanité conduit à des égarements incroyables. Certains peuples se cassent
par exemple des dents pour augmenter leurs attraits. Les absurdités de cette natare s'associent souvent à des idées religieuses, bien qu'en général ces dernières jouent ici un rôle secondaire. La véritable origine de ces coutumes réside dans la vanité combinée au désir sexuel de plaire. Dans les pays chauds tout au moins, les sauvages n'ont commencé à se couvrir de vêtements que dans le but de plaire et de se parer. Les coutumes religieuses qui s'y sont rattachées ne sont nullement primitives; elles sont dérivées de l'appétit sexuel et de la vanité, et elles n'ont été incorporées aux dogmes du mysticisme religieux qu'après être tout d'abord entrées dans les mœurs.
Le tatouage n'est pas toujours laid, et certains tatouages sont souvent des œuvres artistiques. En somme, chez les sauvages, les hommes sont plutôt plus enclins à la parure, à la toilette et à la coquetterie que les femmes. Ce phénomène n'est nullement en rapport avec l'état de dépendance de ces dernières, car celles qui jouissent de la plus grande liberté sont souvent bien moins tatouées et bien moins peintes que celles qui sont réduites à l'esclavage. La véritable raison est que chez le sauvage l'homme risque beaucoup plus que la femme de rester célibataire, ce qui l'oblige à se donner pour plaire plus de peine que les femmes. En général, les femmes des sauvages attachent moins d'importance à leur parure qu'à celle de leur mari, et la vanité de ces derniers se laisse guider en première ligne par le goût de leur épouse. Les objets dont se parent les hommes sauvages sont, en général, des trophées.
Chez les civilisés, au contraire, les hommes ont beaucoup plus de choix et un grand nombre de femmes demeurent célibataires. C'est l'une des raisons qui obligent la femme à s'occuper de sa parure et à conduire son flirt avec plus d'art. En Europe, les boucles d'oreilles constituent un dernier vestige du goût des sauvages pour la parure.
Sentiment de honte des organes génitaux. — La nudité — D'où provient le fait que l'homme a honte de ses organes sexuels? Chez les animaux on ne constate rien de pareil. Le psychologiste Wundt prétend que l'homme possède toujours un sentiment sexuel de pudeur. C'est inexact. Beaucoup de peuples n'en présentent pas trace, ou ils recouvrent de tout autres parties de leur corps que les organes sexuels. Chez les uns ce sont les hommes, chez les