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LOIS DE LA RESSEMBLANCE. HYBRIDES

l'avons vu, de multiples aberrations. Tout ce qui diffère fortement du type de la race est plus ou moins pathologique. Voilà pourquoi l'instinct, déterminé par la sélection sexuelle, le repousse.

La mode règne aussi chez les sauvages, mais elle est moins changeante chez eux que chez nous, et leur goût de la parure ne varie que dans le cercle restreint de leurs coutumes.

Le climat a une action puissante sur le type des races; celles-ci s'adaptent en général au climat qu'elles habitent. C'est ainsi que l'Européen devient plus foncé sous les tropiques, tandis que le nègre et l'Indien deviennent plus clairs dans le Nord.

§ 9. — Lois de la ressemblance. Hybrides.

Toute espèce animale répugne instinctivement à s'accoupler avec une autre, comme s'il s'agissait d'absorber un poison. Même là où ils sont possibles, les hybrides naturels sont donc rares et ne deviennent un peu plus fréquents que pour les plantes et les animaux domestiques. La fécondité des hybrides diminue lorsqu'ils s'accouplent entre eux, ce qui explique pourquoi l'instinct poussant à de pareils accouplements tend peu à peu à disparaître.

Dans son livre sur « la Mnème », R. Semon explique l'infécondité des hybrides dune façon très plausible par le désordre qu'une trop grande quantité d'engrammes héréditaires disparates vient apporter dans la mnème héréditaire de deux cellules conjuguées. Lorsque les parents n'offrent entre eux que des différences modérées, l'homophonie peut encore être rétablie, et alors les divergences ont un effet extrêmement propice sur le produit, par les initiatives ou combinaisons nouvelles quelles fournissent au cours de son développement.

Les notions morales marchent à la suite des instincts, et c'est ainsi qu'on en est arrivé à considérer la sodomie (l'accouplement avec les animaux) comme un crime horrible. Elle se produit surtout par aberration pathologique ou lorsqu'on tient un des sexes complètement isolé de l'autre. Mais il existe même un certain degré d'aversion pour l'accouplement entre races différentes, aussi bien chez les animaux que chez l'homme; il en est ainsi entre les moutons et les chevaux de races diverses, comme entre les blancs,

les nègres et les Indiens. Il existe pourtant beaucoup d'hybrides ou métis dans l'Amérique du Sud. \u Mexique, ils constituent même les deux tiers de la population.

Broca a prétendu que les hybrides humains provenant du croisement de races éloignées, par exemple entre Anglais et nègres ou Australiens, étaient assez stériles. Westermark le conteste. Il accorde cependant que ces .hybrides s'atTaiblissent au bout de quelques générations. On a aussi constaté le fait que les mariages mixtes entre Juifs et Aryens sont en moyenne peu féconds; le fait n'est d'ailleurs pas encore suffisamment expliqué. On peut affirmer que les mulâtres, ou hybrides de nègres ou de blancs, constituent une race dégénérée et à peine viable, à moins que ses descendants ne retournent entièrement à l'une des races primitives. Les métis entre blancs et Indiens de l'Amérique, appelés aussi ladinos, semblent par contre former une race viable, mais de peu de valeur.

§ 10. — Interdiction des mariages consanguins.

Presque partout l'union sexuelle entre parents rapprochés soulève chez l'homme un sentiment de répugnance. On la stigmatise du terme d'inceste. Les exceptions sont très rares. C'est surtout le coït entre la mère et le fils qui excite le dégoût. L'accouplement entre parents et enfants, ainsi qu'entre frères et sœurs, est cependant fréquent chez les Kaniagmutes, chez les Tinnehs et les Tchippenas. Beaucoup d'autres peuples permettent au moins le mariage entre frères et sœurs, qui est ailleurs généralement condamné.

Chez les Weddas, le mariage entre un frère aîné et sa sœur cadette est considéré comme très normal, tandis que celui entre un frère cadet et une sŒ'ur aînée ou entre un neveu et sa tante est regardé comme contre nature. Ce dernier fait montre simplement que les unions entre jeunes hommes et vieilles femmes ne sont pas naturelles. Les unions entre frères et sœurs, et surtout entre demi-frères et demi-sœurs, étaient licites chez les Perses, les Egyptiens, les Syriens, les Athéniens et les anciens Juifs. Celles entre oncles et nièces (plus rarement entre tantes et neveux) sont tantôt permises, tantôt défendues. A l'exception de l'Espagne et de la Russie tsariste, les mariages entre cousins germains sont permis en Europe.

EXOGAMIE ET ENDOGAMIE 181

Exogamie et endogamie. — Chez beaucoup de sauvages, l'interdiction du mariage consanguin peut s'étendre jusqu'à la parenté du troisième degré. Le mariage peut même être interdit à tous les membres de la même tribu ou du même clan, même lorsqu'ils ne sont pas parents. On nomme ce système mariage exogame. L'exogamie est extrêmement développée chez les Australiens, qui ne peuvent se marier qu'entre clans éloignés. Nous reviendrons sur ce point.

Nous voyons donc la grande majorité des sauvages étendre la notion de l'inceste bien plus loin encore que nous. Pourquoi cela? On a beaucoup discuté sur cette question. On disait autrefois que le mariage consanguin était contraire aux commandements de Dieu, qu'il lésait le sentiment naturel de la pudeur, ou encore qu'il embrouillait la parenté, etc. x'Xujourd'hui, on dit qu'il est nuisible à la postérité. L'ethnographie nous apprend toutefois que ce sont là des sentences qui n'ont guère de valeur.

A côté de l'exogamie de nombreuses peuplades, il existe, au contraire, chez beaucoup d'autres sauvages, un système d'endogamie démontré par Mac Lennan; c'est l'interdiction du mariage entre clans différents.

Spencer et Mac Lennan ont donné de ces faits diverses explications peu naturelles. A mon sens, Westermark est, ici encore, dans le vrai, en signalant ce qui suit :

L'appétit sexuel, surtout chez l'homme, est excité par les impressions nouvelles et refroidi par l'habitude. Ce n'est pas le fait qu'un homme et une femme sont parents, mais celui qu'ils vivent ensemble depuis leur plus tendre jeunesse, qui produit chez eux une répugnance à l'union sexuelle. Nous trouvons en effet la même répugnance entre frères et sœurs adoptifs et entre amis intimes d'enfance. Lorsque, au contraire, des frères et sœurs ou des parents rapprochés se sont trouvés séparés dès leur bas âge les uns des autres par des guerres ou d'autres causes, on les voit souvent tomber violemment amoureux les uns des autres, lorsqu'ils se rencontrent plus tard par hasard. Il n'existe donc aucun dégoût inné ou instinctif contre l'inceste en lui-même mais seulement contre l'union sexuelle entre individus qui demeurent ensemble depuis leur première enfance. Comme ce sont les parents et leurs enfants qui se trouvent à l'ordinaire dans cette situation tout s'explique simplement et clairement.

Les causes de l'exogamie s'expliquent de la même façon, par le fait que les membres d'un même clan vivent souvent très

intimement les uns avec les autres. Ce sont précisément les petits clans, composés de trente à cinquante individus et de peu de familles vivant ensemble, qui possèdent les lois les plus sévères contre l'inceste ou contre l'endogamie. Là où les familles vivent en maisons séparées, de pareilles défenses n'existent pas. Les Maoris, qui sont endogames, tiennent beaucoup à la propriété individuelle et leurs habitations forment des villages très espacés; chez eux, les mariages entre parents sont permis L'endogamie règne en général là où la vie de clan est peu développée et où les parents se connaissent et se voient peu. L'aversion contre le mariage entre personnes vivant ensemble a donc aussi bien créé l'interdiction du mariage entre parents que celle du mariage entre membres du même clan. C'est la même raison qui a conduit à interdire le mariage entre beaux-frères par alliance, entre frères et sœurs adoptifs, entre parrains et filleuls, etc. Chez les peuples qui vivent en petites et étroites communautés, l'endogamie ne paraît jamais avoir existé.

L'inceste entre parents vivant ensemble paraît avoir partout une même cause naturelle : le manque de femmes dans les familles vivant isolées et éloignées de tout. Nous le trouvons par exemple assez répandu, à côté de la sodomie, chez les pâtres vivant seuls dans les alpages isolés, etc. Il existe, en outre, un inceste psychopathologique, tenant à des appétits maladifs chez les familles de dégénérés.

Chez les animaux vivant isolément et dont la famille se dissout très rapidement comme par exemple chez les chats, les unions incestueuses, entre parents et enfants par exemple, sont tout à fait ordinaires.

Examinons maintenant ce que nous dit la science sur la question. Nous voyons partout que l'accouplement entre espèces animales bien distinctes ne donne aucun produit. Tout au plus certaines espèces très voisines, comme l'âne et le cheval, le lapin et le lièvre, donnent-elles entre elles des produits qui sont eux-mêmes inféconds (mulets, etc.). La faiblesse ou même la stérilité des hybrides provenant de races éloignées l'une de l'autre ou d'espèces différentes rapprochées prouve le peu de force vitale des produits de procréateurs foncièrement disparates. Mais, d'un autre côté, les dangers d'une reproduction consanguine perpétuée ne sont pas moins évidents. Si l'on continue à accoupler des frères et des sœurs pendant plusieurs générations, on arrive à un abâtardissement de la race, assez rapidement même. On atteint, par exemple, 25 p. 100 de mort-nés contre 8 p. 100 qui est le taux dans les croisements ordi-

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