USAGES RELATIFS AUX NOCES ET AUX CÉRÉMONIES NUPTIALES
Chez les Romains, la dot devenait la propriété du mari. C'est de là qu'est dérivé le régime moderne qui attribue le plus souvent au mari le droit d'administrer la dot de sa femme, dot qui demeure la propriété de l'épouse et de sa famille.
Chez les Mexicains, où le divorce pour les désaccords conjugaux est fréquent, et chez certains Mahométans la séparation de biens existe dans le mariage, et, sur la foi d'un inventaire, les biens de la femme lui sont rendus lorsqu'elle est répudiée ou lorsqu'il y a divorce.
Dans l'Europe actuelle, surtout sous l'influence des usages français, il s'est établi une sorte de mariage par achat inverse (mariage qui existait du reste déjà chez les Grecs), en ce sens que les parents des jeunes filles leur achètent pour ainsi dire un mari moyennant une grosse dot. Westermark termine le sujet qui nous occupe par les lignes suivantes :
« Si elle ne possède pas des attraits personnels tout spéciaux. une jeune fille sans dot risque fort, de nos jours, de ne pouvoir se marier. Cet état de choses se développe tout naturellement dans une société où la monogamie est légalement prescrite, où les femmes dépassent les hommes en nombre à l'âge adulte, où beaucoup d'hommes ne se marient jamais et où les femmes mariées ne mènent trop souvent qu'une vie de paresse. »
Ajoutons, « dans une société où Mammon règne en maître absolu » et l'image ne manquera pas de fidélité.
§ 14. — Usages relatifs aux noces et au:^ céréttionies nuptiales.
Chez les peuples primitifs, où la femme est tout simplement emportée ou achetée comme une marchandise, souvent après entente mutuelle, les cérémonies nuptiales n'existent pas. Elles sont ordinairement nées plus tard des restes (c'est-à-dire des symboles) d'une forme du mariage ou des rapports sexuels, forme abandonnée depuis. La cérémonie terminée et le mariage reconnu légal, l'on festoyait et l'on buvait. Diverses cérémonies religieuses se combinaient, en général, au mariage. Les usages de nos noces modernes proviennent de la même source. A l'époque du christianisme primitif, il n'y avait pas de cérémonies religieuses et
même jusqu'en 1563, époque du concile de Trente, la bénédiction du mariage n'était pas obligatoire. Luther désirait que le mariage fût purement civil, mais on ne voulut pas le suivre dans cette voie, et le mariage civil légal n'a été introduit cliez nous que par la Révolution française, tandis qu'il existait déjà dans les temps les plus reculés chez les anciens Péruviens, chez les Nicaraguais et ailleurs. Chez certains peuples, les mariages conclus sans dot, sans cérémonie ou sans achat, ou même ceux qui sont conclus entra castes différentes, sont souvent considérés, comme un concubinat.
§ 15. — Formes du tnariage.
En laissant de côté les escargots qui sont hermaphrodites, c'està-dire chez lesquels chaque individu est porteur des deux sexes et joue vis-à-vis de l'autre en même temps le rôle de mâle et celui de femelle, il existe chez les animaux à sexes séparés cinq formes d'unions conjugales :
1" La monogamie teimyoraire ou pei"pétuelle, c'est-à-dire le mariage entre un individu d'un sexe et un de l'autre sexe. Tel est le cas de la plupart des oiseaux, de plusieurs mammifères et de beaucoup de races humaines;
2" La polyr/ynie ou polygamie proprement dite, c'est-à-dire le mariage d'un mâle avec plusieurs femelles. Elle existe chez les ruminants, les cerfs, les gallinacés et diverses autres espèces animales, ainsi que chez une partie des hommes, par exemple chez les Islamites, les nègres, les Indiens d'Amérique, les Mormons, etc.;
S'* La polyandrie, ou mariage d'une femelle avec plusieurs mâles. Parmi les animaux on la rencontre en particulier chez les fourmis chez lesquelles chaque femelle est en général fécondée successivement par plusieurs mâles. Chez la plupart des animaux supérieurs, la jalousie des mâles rend la polyandrie impossible. Chez l'homme, elle est rare, mais elle existe chez certains peuples;
A" Le mariage par groupe, ou mariage de plusieurs mâles déterminés avec plusieurs femelles déterminées. Cette singulière institution est très rare; elle existe surtout chez un peuple sauvage, les. Todas. Je ne sais si quoi que ce soit de pareil existe chez quelque espèce animale;
5° La promiscuité, ou l'accouplement indifférent de tous les mâles avec les premières femelles venues de leur espèce, et inversement.