LA DIVISION CELLULAIRE
moitiés (fig. 2). Un instant après les particules de la chromatine se concentrent sous forme de deux bâtonnets contournés, dits chromosomes (fig. 3 et 4); leur nombre varie selon les espèces des êtres vivants, mais il reste invariable pour une espèce animale ou végétale donnée. En môme temps, les deux centrosomes s'éloignent l'un de l'autre de chaque côté du noyau. Les chromosomes se raccourcissent alors et s'épaississent tandis que le noyau de la cellule se dissout complètement dans le protoplasm.a et que sa membrane disparaît (fig. 4).
Aussitôt après, les chromosomes s'alignent régulièrement, comme des soldats à l'exercice, suivant Tun des plus grands diamètres de la cellule, et ils forment une séparation entre les deux centrosomes (fig. 5). Chacun des chromosomes se divise alors en deux moitiés parallèles d'épaisseur égale (fig. 6).
Les figures 3 et 4 montrent que. pendant que ces phénomènes se produisent, chacun des deux centrosomes s'est entouré de rayons étoiles. Quelques-uns de ces rayons s'allongent dans la direction des chromosomes, s'attachent à l'une de leurs extrémités et l'attirent vers le centrosome correspondant (fig. 7). Il se rassemble ainsi autour de chaque centrosome autant de chromosomes que la cellule-mère en possédait elle-même (fig. 8). Simultanément, la cellule s'élargit, et son protoplasma commence à s'échancrer à chaque extrémité du diamètre formé précédemment par les chromosomes. Dès ce moment, le liquide nucléaire se concentre de nouveau autour de chacun des groupes de chromosomes. les rayons disparaissent, et la cellule se partage en deux moitiés contenant chacune un groupe de chromosomes ffig. 9), l'échancrure s'augmentant de façon à former une cloison à travers le protoplasma. Les chromosomes se résolvent ensuite pour former à nouveau le réseau primitif de chromatine du noyau, et nous avons alors deux cellules, présentant chacune, comme la cellule-mère, un noyau et un centrosome.
Ainsi se passent les choses dans la reproduction de toutes les cellules du règne animal et végétal. Chez les êtres unicellulaires (es plus simples que nous connaissions, le partage constitue le seul moyen de reproduction. Chez les organismes compliqués, plantes et animaux supérieurs, chaque cellule se partage de la façon que nous venons d'indiquer, aussi bien au cours de la période embryonnaire que plus tard dans le développement de chacun des organes qui constituent l'organisme. Ce fait montre mieux encore que tous les autres la parenté intime qui relie tous
les êtres vivants. Le fait le plus remarquable est peut-être le partage presque mathématique des chromosomes en deux moitiés, partage qui trahit le but de répartir également leur substance dans tout l'organisme. Nous reviendrons sur ce point.
Reproduction par bourgeonnement. — Parthénogenèse. — Dans les règnes végétal et animal, les êtres supérieurs se compliquent, on le sait, de plus en plus. Ils ne se composent plus d'une seule cellule, mais d'un nombre de plus en plus grand de ces éléments, combinés en un tout dont chaque partie, adaptée à un but spécial, est formée elle-même de cellules différenciées, tant par leur forme organique que par leur constitution chimique et physique. Ainsi se forment, chez les plantes, les feuilles, les fleurs, les bourgeons, les branches, le tronc, l'écorce, etc., et chez les animaux, la peau, l'intestin, les glandes, le sang, les muscles, les nerfs, le cerveau, les organes des sens, etc. Malgré la grande complication des divers organismes vivants multicellulaires, on rencontre souvent parmi eux la faculté de se reproduire par partage ou par bourgeonnement. Chez certains animaux ou plantes, des groupes de cellules végètent en bourgeons, qui se séparent plus tard du corps et forment un nouvel individu : ainsi chez les polypes, chez les plantes à oignons, etc. On peut même former un arbre à l'aide d'une bouture. Des fourmis et des abeilles qui n'ont pas été fécondées sont capables de pondre des œufs qui se développent par 'parthénogenèse (enfantement de vierge) et deviennent des individus complets. Mais ceux-ci dégénèrent et disparaissent, si la reproduction par parthénogenèse ou bourgeonnement se continue pendant plusieurs générations.
Chez les animaux supérieurs, c'est-à-dire chez les vertébrés et chez l'homme, il n'existe plus de reproduction sans conjugaison, c'est-à-dire plus de parthénogenèse, ni de bourgeonnement. Autant que nous avons pu l'étudier jusqu'ici, nous voyons dans toutes les séries animales et végétales la reproduclion sexuelle, ou conjugaison, former la condition sinp. qiiâ non d'une continuation indéfiiiie de la vie. Qu'est-ce donc que la conjugaison?
Les glandes sexuelles. — L'embryon. — Tout d'abord, un fait ffénéral. Si compliqué que soit un organisme, il possède toujours un organe spécial, dont les cellules, toutes de forme semblable, sont réservées à la reproduction de l'espèce et plus spécialement à la
LES GLANDES SEXUELLES. — L'EMBRYON y
conjugaison. Les cellules de ces organes appelés glandes sexuelles, ont la propriété de se reproduire de telle façon qu'elles reconstruisent l'individu entier (le type de Fespèce) dont elles sont sorties, sous une forme presque identique, par la conjugaison (quelquefois aussi, nous l'avons vu, pendant un certain temps par parthénogenèse), dès qu'elles sortent de son corps sous certaines conditions déterminées. On peut donc dire avec Weiswann, philosophiquement parlant, que ces cellules dites germinatives continuent la vie de leurs parents, de sorte qu'en réalité la mort ne détruit qu'une partie de l'individu, à savoir celle qui a été spécialement adaptée à certains buts exclusivement individuels. Chaque individu continue donc à vivre dans ses descendants.
Avant de devenir individu, la cellule ger mi native se partage en un nombre considérable de cellules dites embryonnaires, qui se différencient à leur tour en feuillets ou groupes, lesquels deviennent plus tard les différents organes du corps. On appelle période embryonnaire la période qui s'écoule entre la sortie de la cellule germinative du corps maternel et le développement final complet qu'elle acquiert en devenant peu à peu l'individu dit adulte. Pendant cette période, l'être subit les métamorphoses les plus singulières. Dans certains cas, il se forme même un embryon libre, qui paraît complet, qui a une forme et un genre de vie spéciaux, qui vit parfois plusieurs années sous cet aspect, mais qui finalement se transforme en individu sexué entièrement différent. Ainsi de l'œuf d'un papillon sort d'abord une chenille, qui vit et grossit longtemps, puis se transforme en chrysalide et ensuite seulement en papillon. La chenille et la chrysalide appartiennent à la période embryonnaire. Dans cette période tout animal reproduit sommairement et d'une façon abrégée des formes qui ressemblent plus ou moins à celles par lesquelles ont passe ses ancêtres. La chenille ressemble par exemple au ver qui est l'ancêtre des insectes. Heeckel a appelé cette loi la loi biogénéticiue fondamentale. Nous n'avons pas ici à faire de l'embryologie, et nous nous contenterons de ces quelques indications générales.
Cellules germinatives. — Hermaphrodites. — Arrivons à la conjvgaison. Afin de ne pas compliquer cet exposé, nous laisserors de côté les plantes et nous ne parlerons que des animaux. Chez les animaux multicellulaires, on voit se développer, tantôt chez un même individu, tantôt chez des individus différents, deux
10 lA REPRODUCTION DES ÉTRE« VIVANTS
sortes de glandes sexuelles, renfermant chacune une espèce de cellules : les cellules mâles ou les cellules femelles. Lorsque les deux glandes sexuelles se différencient dans le même corps, on dit que Tanimal est hermavhrodite. Lorsqu'elles se développent chez deux individus différents, les animaux sont dits à sexes séparés. Les escargots sont par exemple hermaphrodites. Il existe, en outre, des animaux inférieurs multicellulaires qui se reproduisent par bourgeonnement, mais chez lesquels la conjugaison a cependant lieu de temps en temps. Nous ne nous occuperons pas non plus de ces animaux, car ils s'éloignent trop de nous pour nous intéresser ici.
Spermatozoïde. — Œuf. ^ Chez tous les animaux supérieurs, y compris les hermaphrodites, les cellules germinatives mâles, ou spermatozoïdes, se distinguent par leur mobilité. Elles ont un protoplasma contractile et des formes très diverses suivant les espèces. Chez l'homme et les vertébrés, elles ressemblent à des larves de grenouilles infiniment petites. Leur queue est aussi mobile que celle des têtards de nos étangs. La cellule germinative femelle est, au contraire, immobile et beaucoup plus grosse qu« la cellule mâle. La conjugaison consiste dans le fait qu'au moyen d'un mécanisme quelconque — il y en a une grande variété dans la nature — la cellule mâle se meut vers la cellule femelle, nommée œuf, et entre dans son protoplasma. En cet instant, il se produit à la surface de l'œuf une coagulation, qui empêche totalement l'entrée d'un second spermatozoïde.
L'œuf et le spermatozoïde consistent tous deux en protoplasina renfermant un noyau. Mais, tandis que lo spermatozoïde n'a qu'un petit noyau et extrêmement peu de protoplasma, l'œuf a un gros noyau et énormément de protoplasma. Chez certaines espèces, le protoplasma de l'œuf croît dans l'organisme maternel d'une façon démesurée, pour former une énorme provision de vitellus (jaune d'œuf) servant de provision de nourriture pour toute une longue période de la vie de l'embryon C'est le cas chez les oiseaux et les reptiles.
Conjugaison. — On doit à Van Beneclen et à 0. Hertvvig d'avoir tiré au clair les phénomènes de la conjugaison. Ces phénomènes commencent, nous l'avons vu, chez les êtres unicellulaires. Chez