SUR L'HISTOIRE DES RAPPORTS SEXUELS HORS MARIAGE
attira dans cette ville i.50\0 prostituées. Partout les filles publiques suivaient les armées.
Dans l'Inde, les jeunes filles se donnent aux prêtres, qui sont les représentants de Dieu et jouissent de grands honneurs. Sous le nom de filles du Temple, les filles des bateaux de fleurs en Chine sont, en réalité, des prostituées. Il en est de même des « puzes » de Java, des filles des maisons de tlié japonaises, etc. Dans divers États civilisés, certaines prostituées intelligentes et raffinées ont toujours obtenu de grands honneurs et de hautes faveurs, ne se livrant que pour des prix très élevés, et elles finissent par substituer à la prostitution proprement dite l'exploitation pécuniaire, beaucoup plus avantageuse pour elles, des hommes riches ou haut placés qu'elles réussissent à séduire.
Le concubinat peut être plus ou moins libre. Les concubines du plus bas étage n'étaient autrefois souvent que des esclaves ou demiesclaves, que les hommes puissants possédaient pour leur plaisir, à côté de leurs femmes, et qui n'avaient qu'à se soumettre. Aujourd'hui, l'omnipotence de l'argent produit des résultats à peu près analogues. Le concubinat libre, dans lequel les rapports sexuels des deux parties contractantes sont absolument libres et plus ou moins indépendants des questions pécuniaires, est fort différent et a un caractère moral bien plus élevé. Il a aussi existé dans l'antiquité sous différentes formes Les hétaïres des Grecs étaient des concubines très considérées, parentes sans doute des prostituées et se donnant le plus souvent encore, il est vrai, pour de l'argent; mais elles avaient pris le caractère d'amies ou de compagnes des grands hommes. Vivant dans le luxe, surtout au siècle de Périclès et plus tard, plusieurs d'entre elles arrivèrent à la célébrité; on leur dressa des statues, et elles devinrent les concubines des rois. Phryné servit de modèle à la statue de Vénus et offrit aux Thébains de restaurer leurs murs à ses frais. Thaïs fut la maîtresse d'Alexandre et donna des héritiers au trône. L'éducation fruste des épouses grecques faisait briller d'autant plus, par contraste, les facultés intellectuelles des hétaïres de haute volée.
Nous pouvons résumer toute la question en ce qui concerne la Grèce par deux mots de Démosthène, mots qui se rapportaient à Athènes : « Nous épousons des femmes pour avoir des enfants légitimes et une gardienne fidèle de notre ménage; nous avons des concubines pour notre service de tous les jours et des hétaïres pour la jouissance de l'amour. »
Dans certains pays, par exemple au Japon, les enfants des concubines sont considérés par le mari comme légitimes, et ils ont les mêmes droits que ceux de sa femme, ce qui donne au concubinat le caractère d'un mariage de second rang.
Dans les temps modernes, il ne manque pas d'hétaïres Sous le titre de courtisanes et de maîtresses, nous les trouvons partout comme favorites des rois, des nobles et des riches, comme maîtresses d'hommes haut placés ou audacieux, jouant souvent aussi le rôle de vampires des têtes à la fois fortunées et faibles de toutes les couches de la population.
D'un autre côté, les femmes haut placées, puissantes ou riches ont aussi leurs favoris, qui jouent auprès d'elles, si l'on veut, le rôle d'hétaïres masculins. De tout temps, certains membres féminins des familles régnantes nous ont fourni des exemples de ce genre.
A toutes les époques de l'histoire des peuples civilisés, la pathologie, elle aussi, a conduit à des rapports sexuels hors mariage plus ou moins réguliers. Ici, l'amour des garçons ou la pédérastie, d'une façon dIus générale l'amour homosexuel, a toujours joué le rôle principal. Nous en reparlerons au chapitre VIII. Chez les Hébreux, les Perses, les Etrusques et surtout chez les Grecs, il était tenu en grand honneur. Les philosophes grecs le favorisaient tant qu'il n'était pas allié à une vile prostitution, mais fondé sur un amour homosexuel idéal. Solon, Aristide, Sophocle, Phidias et Socrate sont au moins fortement suspects de pratiques homosexuelles (voy. chap. VIII), et ils considéraient cet amour, comme quelque chose de supérieur à l'amour normal de la femme. L'amour lesbien et d'autres aberrations sexuelles, telles que le sadisme, ont aussi joué un rôle historique, comme nous le verrons.
§18. — Résumé.
Le mariage humain primitif était probablement de courte durée L'homme était devenu plus tard Carnivore, et le père étant obligé de subvenir par la chasse à l'entretien de ses enfants, les unions sexuelles prirent un caractère plus constant. Ce n'est pas le clan.