‹ La question sexuelleChapitre 71 sur 190 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

ni la tribu, mais la famille qui constitua l'état social primitif de l'homme, état dans lequel le mariage se trouvait être un héritage d'ancêtres « pithécomorphes », c'est-à-dire parents des singes.

Les rapports sexuels libres avant le mariage et des changements fréquents dans ce dernier étaient alors sans doute très ordinaires, mais une véritable promiscuité n'a jamais régné dans l'humanité primitive.

Le patriarcat ou le culte du père, avec ses conséquences désastreuses, a été le résultat de la prépondérance de la force masculine. A un degré plus élevé de la civilisation, cette même prépondérance a produit le mariage par achat et la polygamie. La forme barbare de cette dernière se trouve actuellement dans une décroissance progressive.

Une culture supérieure véritable conduit peu à peu à un amour durable sur des bases altruistes ou éthiques, c'est-à-dire à une monogamie relative et libre.

Le développement du mariage dans la civilisation a augmenté graduellement les droits de la femme. Elle n'est plus demeurée la simple propriété de l'homme. I;es contrats de mariage se développèrent et tendent de plus en plus, dans leur dernière forme moderne, à stipuler une égalité complète des droits des deux sexes.

A la fin de son livre, Westermark dit : « L'hi.stoire du mariage humain est l'histoire d'une union clans laquelle les femmes ont triomphé peu à peu des passions, des préjugés et de l'égoïsme des hommes. » Le terme de réémancipation de la femme serait au fond historiquement plus vrai que le simple terme d'émancipation, car avant l'institution du mariage la femme était libre. Inventé par le mâle plus fort qui commençait à raisonner, le mariage n'a été d'abord qu'un asservissement de la femme. Pour lui rendre sa liberté complète, il faut donc qu'il se transforme à nouveau de fond en comble.

§ 19. — Appendice.

A. Influence de la race sur la vie sexuelle. — Si j'avais les

connaissances d'un ethnographe, j'essayerais ici de constater si les différences de race se retrouvent dans la vie sexuelle des hommes

et comment elles s'y retrouvent. Mais la question est si délicate qu'il faudrait, pour la trancher, être spécialiste et très compétent. A l'exception du paragraphe 17, les données du chapitre précédent sont basées sur l'œuvre très remarquable de Westermark, et elles nous fournissent cependant beaucoup de points de repère. La difficulté principale consiste à démêler dans les mœurs de chaque race ce qui provient de l'habitude et des traditions historiques de ce qui repose sur des particularités héréditaires plus ou moins spécifiques. On tomberait si facilement dans l'erreur en formulant de fausses conclusions qu'il est en somme préférable de se taire.

On parle beaucoup du sang ardent des pays chauds, et en général il semble exact que les peuples qui les habitent ont un tempérament sexuel plus violent et plus précoce que ceux des régions froides. Mais ce n'est point là un caractère de race. Les Juifs, qui ont conservé leur race pure sous tous les climats et dans toutes les conditions d'existence possibles, fournissent un objet particulièrement apte à trancher la question. Les traits de leur caractère se retrouvent dans leur vie sexuelle. Leurs appétits sexuels sont en général très forts, et leur amour se distingue par un grand attachement familial. Leur esprit mercantile influe aussi sur leur vie sexuelle, et nous les trouvons partout fortement impliqués dans le trafic des femmes et dans la prostitution. Ils sont en somme peu jaloux et fort adonnés au concubinage, tout en demeurant très affectionnés à leur femme et à leur famille.

Les Mongols ont aussi une vie sexuelle très intense. Chez les peuples polyandres du Thibet, la jalousie paraît faire complètement défaut. Est-ce le résultat d'une coutume, ou est-ce dû à un instinct phylogénique? Les Mormons, qui descendent de races monogames, confirment bien l'idée que la polygamie n'est pas un caractère spécifique de race. Il serait sans doute intéressant d'étudier les races mêlées de l'Amérique du Nord au point de vue qui nous occupe. A première vue, il semble que l'américanisation des mœurs et du mélange de races aux Etats Unis s'étende aussi à la vie sexuelle, et qu'on ne puisse découvrir de différences foncières entre les Irlandais, les Scandinaves, les Français, les Allemands et les Italiens qui constituent ce mélange. Mais il est possible qu'il ne s'agisse là que d'une impression superficielle, et qu'une étude approfondie des détails nous amène à un autre résultat. Une chose me paraît par contre hors de doute pour la race nègre, c'est la

violence indomptable de sa passion sexuelle combinée à son infériorité mentale.

Un trait frappant est fourni par les mccurs de la race française qui s'est maintenue pure dans les provinces orientales du Canada, et dont les habitudes sexuelles sont bien différentes de celles de la population de la France actuelle. Le Canadien français a des mœurs extrêmement pures et chastes, une vie très réglée et une très nombreuse famille. Les familles de quinze et même de vingt enfants ne sont pas des raretés au Canada français. On peut donc observer ici l'effet du climat et des habitudes sur une seule et même race. Pour les raisons indiquées plus haut, je me contenterai de ces quelques remarques, qui n'ont pas même la valeur d'une esquisse. Je suis cependant certain qu'une étude approfondie de la question ferait découvrir, dans le caractère des individus humains qui se reproduisent, les particularités spécifiques de leur race, particularités qui ne sont qu'extérieurement masquées par les moeurs. Il va sans dire que de pareils caractères seront d'autant plus distincts qu'une race est d'autre part plus profondément différente de ses congénères et que sa séparation ethnique est plus pure. Comme chez les animaux, il faut en outre distinguer entre les légères variétés, très peu fixes, et les races ou sous-espèces, plus constantes et plus profondément divergentes. Il faut en outre se garder de confondre les différences héréditaires ou phylogéniques individuelles avec celles des races ou des variétés. Nous renvoyons du reste au chapitre suivant.

B. Poids du cerveau (capacité cTanienne) selon les races humaines et les sexes. — Bebel [La Femme] a prétendu que chez les peuples sauvages la différence entre le cerveau des hommes et celai des femmes est plus faible que chez les civilisés. Cette opinion est complètement fausse. J'ai consulté à ce sujet mon ami M. Rodolphe Martin, professeur à Munich et anthropologiste distingué. M. Martin a eu la grande obligeance de me fournir une statistique basée sur la capacité crânienne des deux sexes chez différentes races, statistique qui a l'avantage d'être puisée à des sources très sûres. D'après M. Martin, on peut assurer que le poids du cerveau répond à environ 87 p. 100 de la capacité crânienne. Voici le tableau statistique qu'il a bien voulu me fournir :

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