CHAPITRE VI H
Nous renvoyons ici à l'ouvrage bien connu de von Kraflt-Ebing : Psychopathia sexualis (i). On y trouvera une foule d'observations, sur le détail desquelles nous ne pouvons nous étenrlre ici. Disons immédiatement, cju'à l'exception des maladies vénériennes, les organes génitaux ne jouent par eux-mêmes qu'un rôle faible dans la pathologie sexuelle. Le cerveau est le vrai domaine de presque toutes les anomalies sexuelles.
Remarquons, en second lieu, que les maladies de la vie sexuelle n'appartiennent que bien rarement aux affections aiguës que le médecin peut traiter à l'aide de remèdes pliarmaceutiques ou d'autres cures médicales courantes. Elles ont presque exclusivement leurs racines dans la constitution mentale, c'est-à-dire clans les dispositions héréditaires du cerveau de l'individu. Or la pathologie des dispositions mentales ou cérébrales offre un champ extrêmement vaste et susceptible d'assez d'extension pour n'accuser nulle part de limite nette entre l'état normal et les états maladifs qui, eux aussi, sont reliés entre eux par une foule de transitions. Une grande partie des actes dus à des états mentaux, que le public et même de savants théologiens, juristes et médecins non initiés à la psychiatrie considèrent commes crimes, péchés, mécliancetés ou mfamies, sont simplement le produit d'aberrations pathologiques dues à des dispositions héréditaires. Tout dernièrement j'ai été consulté par un malade de ce genre, cjui témoignait, d'ailleurs, des sentiments les plus nobles et qui m'avoua, les larmes aux yeux, qu'en Allemagne, un médecin auquel il avait fait ses aveux l'avait renvové furieux en lui disant : " Ce sont des cochonneries. Vous
(1) Stuttgart chez Ferd. Euke.