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PATHOLOGIE DES ORGANES SEXUELS EN GÉNÉRAL

êtes un cochon. Cessez immédiatement et sortez d'ici. » En réalité, le malheureux soutenait par devoir un combat héroïque contre ses appétits sexuels pervertis, c'est-à-dire pathologiques! N'entendant rien à la plus grande partie de la matière que nous allons traiter, la société humaine pense à peu d'exceptions près, comme le médecin ignare que nous venons de citer. C'est pour cela surtout que je crois devoir au moins esquisser des phénomènes fort repoussants en eux-mêmes, mais qui jettent une grande lumière sur toute la question sexuelle.

§ 1. — Pathologie des organes se:x:uels en

général.

Tout défaut de conformation, toute maladie ou toute opération qui détruit les glandes sexuelles de l'enfant ou les empêche de se développer, produit les phénomènes que nous avons décrits en parlant des effets de la castration. C'est, par exemple, le cas du cryptorchidisme, dans lequel les testicules demeurent dans le canal inguinal et s'y atrophient, au lieu de descendre dans le scrotum. En voici un cas, intéressant aussi à d'autres égards :

Un jeune homme était atteint d'imbécillité et de cryptorchidie congénitale qui avait produit une atrophie des testicules. Eunuque ainsi de naissance, il ne vit se développer chez lui aucun appétit sexuel, pas plus qu'aucun caractère masculin corrélatif. Pour le dégrossir, des tantes trop empressées ne trouvèrent rien de mieux que de le marier à une forte fille, nommée Catherine, qui n'était rien moins qu'innocente. Celle-ci tenta d'abord, par toutes sortes de manipulations, de guérir la cécité sexuelle de son mari et de produire chez lui une érection. Ce fut peine perdue; le malheureux n'éprouva que la sensation d'une brutalité et d'une cochonnerie. Il en fut violemment surexcité, se mit à en rêver, devint somnambule et répétait sans cesse dans son sommeil somnambulique : « Cochonne de Catherine ».

Bientôt la femme se consola avec un amant de puissance sexuelle normale, et tous deux accablèrent de railleries le pauvre eunuque. Furieux, ce dernier acheta chez le confiseur un gâteau, le décora au vert d'arsenic et l'offrit à sa femme pour son jour de naissance. Celleci s'aperçut aussitôt du stratagème en vojant ce gâteau suspect. Le pauvre diable fut mis en accusation et condamné à un long emprisonnement pour tentative d'empoisonnement. Je considère ce jugement

comme un véritable crime légal. Malgré mes protestations, on ne voulut pas admettre rimbécillité et l'on considéra le somnambulisme comme simulé.

D'un autre côté, nous avons vu que les mêmes lésions, lorsqu'elles surviennent seulement chez l'adulte, ne détruisent ni les caractères sexuels corrélatifs, ni la faculté de l'accouplement, ni les sensations voluptueuses de l'orgasme.

Chez l'homme, on observe parfois Vaspermie\ les glandes sexuelles paraissent bien conformées, mais la semence ne contient pas de spermatozoïdes. L'aspermique a malgré cela d'ordinaire des érections, une certaine puissance sexuelle, des orgasmes vénériens, et il est capable de devenir amoureux, quoique ses fonctions sexuelles soient en général faibles. Mais il est incapable de féconder une femme. On peut stériliser l'homme sans le châtrer en oblitérant les deux conduits séminaux.

Certaines femmes qui n'ont jamais de menstruation possèdent cependant des ovaires normaux et peuvent devenir enceintes.

La tuberculose, les tumeurs et les inflammations des testicules et des ovaires peuvent devenir cause de stérilité.

L'érection de la verge est souvent rendue impossible par certains défauts de conformation tels que Vhypospac/ias et Vépispadias, dans lesquels le canal de l'urèthre se trouve ouvert, soit en dessus, soit en dessous de la verge.

L'émission involontaire et sans érection de la semence avec l'urine, avec ou sans sensation voluptueuse, s'appelle spermatorrhée. Elle est souvent une conséquence de l'onanisme, de la nervosité ou d'une forte constipation. On lui a accordé beaucoup trop d'importance. Pour certains hypochondres, la spermatorrhée devient un épouvantail, qui les rend souvent les dociles sujets d'une exploitation charlatanesque. Moins on accorde d'attention à ce phénomène, plus vite il disparaît, surtout lorsqu'il est d'origine purement nerveuse, comme c'est le cas le plus ordinaire.

Le phimosis, c'est-à-dire la trop grande étroitesse de l'ouverture du prépuce, est presque toujours d'origine embryonnaire. Il empêche le gland de se dégager, du moins pendant l'érection. C'est une anomalie très fréquente et fort désagréable. Si, par un effort, on retrousse le prépuce derrière le gland avant l'érection (c'est souvent le cas pendant la masturbation), le prépuce enserre la verge de telle façon qu'on ne peut parfois plus la ramener en avant et

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