PATHOLOGIE DES ORGANES SEXUELS EN GÉNÉRAL
qu'une inflammation avec œdème s'ensuit; c'est le paraphimosis, qui peut devenir très dangereux. En outre, des sécrétions, de l'urine, du sperme s'accumulent et se corrompent dans un prépuce phimosé, ce qui irrite le gland et pousse à la masturbation. On tlevrait opérer tout phimosis, dès l'enfance, par circoncision complète ou partielle.
Chez les femmes, le nombre de nialadies qui empêchent la conception est encore beaucoup plus grand que chez l'homme. L'ovaire peut subir la dégénérescence kystique ou devenir le siège d'une tumeur; ce sont d'ailleurs bien moins les affections ovariennes que celles de la matrice et du vagin qui provoquent la stérilité. Cette dernière résulte surtout des catarrhes et des inflammations qui détruisent les spermatozoïdes avant qu'ils puissent atteindre l'œuf pendant sa descente Les troubles des règles ont beaucoup moins d'influence sur la fécondité. La matrice demeure quelquefois à Vétat infantile, ce qui peut aussi rendre la femme stérile. D'autres maladies des organes sexuels féminins ont un caractère pathologique plus général et n'intéressent guère les rapports sexuels.
Un procédé fort simple permet de rendre les femmes définitivement stériles sans les châtrer; il consiste à interrompre la communication des ovaires avec la matrice par la dislocation ou l'ablation des trompes de Fallope. On évite ainsi tous les effets pernicieux de la castration.
Diverses inflammations, divers déplacements d'organes, surtout Je la matrice, mais aussi des ovaires, sont souvent pour la femme l'origine de douleurs, d'indispositions et de troubles nerveux. Les irrégularités et les t»roubles des règles sont une cause fréquente de nervosisme.
Il est rare cjue l'hymen soit assez fortement développé pour opposer un obstacle sérieux au coït, obstacle qu'on doit alors lever par un procédé opératoire. Par contre, les jeunes femmes souffrent fréquemment de vaginisme. c'est-à-dire de crampes, ordinairement douloureuses, survenant dès qu'un objet (doigt ou pénis) est introduit dans le vagin.
L'hermaphrodisme de l'iiomme est toujours pathologique et mérite une mention. Il est extrêmement rare, et quand il existe, il est presque toujours incomplet. Presque jamais on ne voit une moitié du corps être mâle et l'autre femelle; il s'agit prévue toujours de mélanges incomplets qui concernent principalement les caractères corrélatifs. Une véritable double fonction n'existe guère
que clans les légendes et les contes. J'ai vu moi-même un célèbre hermaphrodite nommé Catharina Hohmann. En réalité, cet individu avait à gauche un testicule bien conformé, enfermé dans un repli de la peau qui ressemblait à une grande lèvre, tandis que le pénis était très court et ressemblait à un clitoris. Déclaré femme, il était certainement homme d'un côté, avait des pollutions et s'amusait sans danger avec des servantes. Par contre, sa nature féminine était plus que problématique. Il parlait bien de menstrues, mais il n'en put être constaté avec certitude, pas plus qu'un ovaire, ni une matrice.
§ 2. — Maladies vénériennes.
Nous ne pouvons donner ici une description complète des maladies vénériennes, qui constituent une plaie terrible de l'humanité, en apportant dans les familles et dans la vie sociale une somme considérable de malheurs et de déchéances. Nous ne voulons pas écrire ici un traité de pathologie. Constatons d'abord qu'une erreur très courante, mais reposant sur l'ignorance des faits réels, attribue à la volupté et aux excès sexuels en tant qu'excès des effets néfastes et même terribles, qui en réalité sont dus uniquement aux affections vénériennes. Quoique le fait soit rare, on peut être infecté par ces dernières, à la suite d'un innocent baiser, d'une coupure au doigt, d'une séance sur le siège d'un lieu d'aissance sali par un malade vénérien, de l'emploi d'un linge contaminé et en général du contact, même le plus décent, avec des vénériens malpropres. Un don Juan un peu pachydermique peut au contraire se livrer aux excès sexuels les plus effrénés sans être contaminé, s'il est propre et prudent et s'il a de la chance. J'ai vu par contre des jeunes gens infectés pour s'être servis d'une prostituée une seule fois dans leur vie, et ruiner ainsi toute leur existence.
Il y a trois sortes de maladies vénériennes, que nous voulons décrire en quelques mots. On peut y ajouter certains parasites, comme les morpions, la gale, etc., (fui se communiquent facilement par des rapports sexuels avec des gens qui en sont infectés, mais aussi d'autre façon. La médecine moderne a facilement raison de ces derniers, qui ne se logent que sur la peau ou dans l'épiderme et n'ont pas de suite grave. Passons donc aux maladies vénériennes.