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LA GONORRHÉE OU CHAUDE-PISSE

1. La gonorrhée ou chaude-pisse. — Cette maladie consiste en une inflammation purulente de l'urètre engendrée par un microbe appelé gonocoque. Traitée soigneusement, la chaude-pisse peut, lorsque tout va bien, guérir en quinze jours, non toutefois sans occasionner de fortes douleurs. Mais très souvent l'inflammation se prolonge, devient chronique et s'attaque à des organes voisins. Gare alors au malade! La chaude-pisse chronique ou goutte militaire, conduit chez l'homme à des rétrécissements de l'urètre qui durent toute la vie et produisent souvent, plus tard, des rétentions de l'urine, des catarrhes de la vessie, des calculs, des épididymites et toute sorte de misères, qui se terminent souvent par la mort lorsque les reins sont intéressés. Une chaude-pisse guérie ne protège nullement contre une seconde infection: elle y prédispose au contraire, et, lorsque cette maladie devient chronique, des exacerbations ou récidives de l'état aigu se produisent souvent sans nouvelle infection.

Chez la femme, les suites de la chaude-pisse sont, si possible, encore pires que chez l'homme, parce que la guérison est chez elle plus difficile. Une prostituée atteinte de gonorrhée peut contaminer un nombre énorme d'hommes, et en ce cas la visite médicale des bordels ne sert de rien. En outre, les gonocoques se nichent dans tous les coins et replis des organes génitaux internes de la femme, où ils provoquent des inflammations fréquentes de la matrice, des trompes de Fallope et même des ovaires, ce qui peut conduire à des adhérences multiples entre les organes abdominaux.

Les femmes atteintes de chaude-pisse chronique deviennent ordinairement stériles. Lorsque la matrice et les ovaires sont intéressés, la femme souffre beaucoup et elle peut être obligée de s'aliter pour des années. Les rétrécissements de l'urètre et les affections de la vessie sont, par contre, plus rares chez la femme que chez l'homme à la suite de la gonorrhée. .

Mais la chaude-pisse ne se borne pas à exercer ses ravages sur les adultes des deux sexes. L'innocent enfant, qui, à sa naissance, doit passer par la vulve de sa mère, y subit, lorsque celle-ci est contaminée, un baptême de gonocoques qui attaquent la conjonctive de ses yeux et y produisent une inflammation purulente très grave, appelée blennorrhagie ou ophtalmie des nouveau-nés. Lorsque l'enfant n'en devient pas entièrement aveugle, il lui reste bien souvent sur la cornée de l'œil de grosses taches blanches, qui nuisent considérablement à sa vue. L'ophtalmie gonorrhéique peut

aussi se produire chez des adultes qui, par imprudence, viennent à toucher leurs yeux avec des doigts maculés du pus de la chaudepisse.

2. La syphilis est une maladie encore plus terrible que la gonorrhée. On sait aujourd'hui que la syphilis est due à un microorganisme appelé spirochète, et le cours de la maladie nous est parfaitement connu. Elle est beaucoup plus chronique que la chaude-pisse et commence par un petit ulcère, induré à sa base et appelé chancre dur, ulcère qui passe souvent inaperçu et qui siège, soit aux organes génitaux, soit ailleurs, par exemple à la bouche, lorsque celle-ci a été en contact avec les organes buccaux ou génitaux infectés d'un syphilitique. Mais le spirocliète ne demeure pas localisé comme les gonocoques. 11 s'infiltre dans tout l'organisme par le sang et la lymphe. Au bout de quelques semaines, des éruptions se produisent sur le visage et sur tout le corps, et alors commence une série de misères dont la cause demeure suspendue sur l'individu comme une épée de Damoclès pendant toute sa vie, même lorsqu'il se croit guéri, car la guérison de la syphilis demeure toujours aléatoire et n'est jamais absolument certaine. Cette maladie peut demeurer latente pendant des mois et des années, pour réapparaître plus tard dans certains organes et y causer de nouvelles lésions.

La syphilis provoque partout des ulcères sur la peau et sur les muqueuses; elle ronge parfois les os. détermine l'atrophie des organes internes, tels que le foie ou les poumons, altère les parois des vaisseaux sanguins, qui deviennent durs et cassants comme des tuyaux de pipe, provoque des maladies des yeux, en particulier de l'iris et de la rétine, des tumeurs ou gommes dans le cerveau, des paralysies de divers nerfs, etc. Elle n'épargne aucun organe.

Parmi les suites les plus terribles de la syphilis, nous devons citer Vataxie locomotrice (sclérose des cordons postérieurs de la moelle épinière), avec ses douleurs lancinantes et sa paralysie lente des mouvements des jambes et des bras, puis surtout la paralysie générale progressive des aliénés qui, en déterminant peu à peu l'atrophie du cerveau, détruit les uns après les autres les sensations, les mouvements et toutes les facultés mentales. Ces deux maladies, si fréquentes aujourd'hui, ne se produisent que chez les anciens

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