JALOUSIE — HYPOCONDRIE — HYSTÉRIE
grand cerveau, c'est-à-dire de l'activité psycliique. Une seule idée suffit souvent pour produire chez l'hystérique la réalisation de ce qu'il se représente. Son imagination passionnée peut le pousser à des opinions et à des actes absolument contradictoires, souvent sans qu'il s'en rende compte. L'amour et la haine alternent souvent che.?. lui par transformation. Selon les influences auxquelles elle est soumise, la même femme hystérique peut devenir le génie du bien ou le génie du mal. Le psycho-traumatisme émotif se produit surtout chez les hystériques.
Dans la sphère sexuelle, les mêmes extrêmes se produisent d'une façon frappante. Enflammée par l'amour, une hystérique peut être portée à un érotisme phénoménal ei aux excès sexuels les plus violents, tandis que l'indifférence, le dégoiit, ou simplement la distraction par d'autres idées la rendront absolument froide. Froide comme la glace vis-à-vis d'autres hommes, elle sera donc, en certains cas, insatiable d'orgasmes de la part de celui qu'elle aime.
On a posé la question de savoir si une femme état capable d'aimer véritablement deux fois dans sa vie. Sans aucun doute, beaucoup de femmes sont si monogames d'instinct qu'elles ne peuvent aimer qu'une fois. Mais il est tout aussi certain qu'une hystérique surtout est capable d'aimer plusieurs fois et des personnes très diverses à des époques différentes. La personnalité de certaines hystériques erotiques est même si dissociable qu'elles peuvent aimer de toute leur puissance plusieurs hommes à la fois. Mais l'hystérique est, en outre, capable de détester un homme avec autant d'ardeur qu'elle le chérissait précédemment, ou au contraire de chérir celui qu'elle avait précédemment détesté, selon les suggestions sous le coup desquelles elle se trouve. Les mêmes phénomènes se produisent chez l'hystérique masculin.
Pour les mêmes raisons, la qualité des sensations et des sentiments sexuels peut varier chez un hystérique selon les influences qu'il subit et passer de l'état normal à l'état perverti, ou inversement. J'ai observé un cas où une hystérique très cultivée était tombée dans sa première jeunesse, profondément amoureuse d'une autre jeune fille. A cette époque ses sentiments étaient purement homosexuels; son amour pour la jeune fille en question était nettement inverti accompagné d'un appétit sexuel intense tandis que les hommes lui étaient absolument indifférents. Plus tard, un homme tomba amoureux d'elle, et elle se donna à lui plutôt par pitié et passivité féminine suggérée que par amour. Plus tard
encore, elle devint passionnément amoureuse d'un autre homme, tout comme elle l'avait été de la jeune fille au début de sa vie. Son dernier amour fut aussi exalté que libidineux. Donc l'appétit sexuel avait repris chez elle sa direction normale, sous l'influence d'une affection hétérosexuelle.
Chez les hommes hystériques, des changement analogues surviennent moins facilement, à cause de la nature de la sexualité masculine, qui distingue plus nettement entre l'âme et l'appétit; mais on les observe aussi. Chez la femme, l'imagination et la dissociation hystériques facilitent donc un rayonnement polyandre de l'appétit sexuel, rayonnement qui est rare du reste dans le sexe féminin. Ce fait rapproche la sexualité des femmes hystériques de celle des hommes, en l'éloignant de la norme féminine. Les hommes hystériques deviennent au contraire plus féminins, non certes que leur appétit soit moins polygame (polygyne), mais par suite de la forme en général plus dissociée de leurs sentiments et de leurs pensées.
i) Une variété de l'amour pathologique d'individus anormaux est l'amour imaginaire, non fondé sur des idées délirantes. Certains psychopathes des deux sexes se persuadent qu'ils aiment quelqu'un, mais ils s'aperçoivent subitement pendant leurs fiançailles ou même seulement après leur mariage, qu'ils se sont trompés et qu'ils n'ont jamais aimé la personne en question. De pareilles illusions sont la cause de nombreuses fiançailles rompues, de divorces et de déboires conjugaux.
k) La tyrannie amoureuse constitue une autre variante de la pathologie de l'amour. Les amoureux de ce genre tyrannisent et tourmentent constamment l'objet de leur passion par leurs désirs, leurs observations, leur humeur susceptible, leurs contradictions, leurs exigences et leur jalousie. Cette atroce façon d'aimer est fréquente dans les deux sexes, peut être encore plus chez la femme que chez l'homme.
l) L'amour des psychopathes est un chapitre qui n'a pas de fin. Si la société humaine connaissait mieux la psychopathologie, une grande partie des malentendus et des misères conjugales pourraient être évités.
J'ai connu une femme qui ne permettait pas à son mari de s'enfermer aux lieux d'aisance, craignant perpétuellement qu'il n'enfermât la servante avec lui. Une autre était prise de jalousie folle dès qu'une femme se trouvait assise en face de son mari à l'hôtel et