PERVERSIONS SEXUELLES DUES A LHABITUDE
surtout en réactivant la scène primitive dans le sommeil hypnotique (Frank, Grseter) on peut fréquemment obtenir la guérison de la perversion sexuelle, de Tanesthésie psycho-sexuelle, des phobies, etc.
Il» PERVERSIONS SEXUELLES DUES A L'HABITUDE.
Sans être congénitales, sans reposer sur une prédisposition spéciale, toutes les perversions de l'appétit sexuel que nous venons de décrire peuvent s'acquérir, à l'aide de l'excitation artificielle et continue d'un appétit sexuel qui cherche à se satisfaire par le changement et la recherche de situations exceptionnelles. En outre, on a souvent recours à une satisfaction perverse de l'appétit sexuel, par exemple à l'onanisme, à la pédérastie ou à' l'introduction de la verge dans la bouche, soit pour éviter une conception, soit pour se protéger des infections vénériennes, soit enfin (la masturbation surtout) pour s'éviter une condamnation, une honte publique, ou simplement des ennuis ou des dépenses. Enfin, comme nous venons de le voir, la boisson favorise énormément le développement des perversions sexuelles.
Il est évident qu'un commerce de femmes systématiquement toléré par l'Etat, comme l'est le proxénétisme par la prostitution réglementée, emploie tous les moyens imaginables pour attirer et exciter ses clients. C'est ainsi que la prostitution devient la haute école de tous les raffinements de la perversité sexuelle. Non seulement elle offre, selon la demande, les objets spéciaux que réclament les individus atteints par hérédité de telle ou telle des perversions que nous avons appris à connaître, mais elle développe artificiellement les habitudes perverses chez l'homme normal. On utilise même les manipulations sadiques ou masochiques pour raviver un appétit sexuel affaibli par l'abus. Los individus devenus impuissants cherchent souvent à s'exciter en observant le coït des autres En un mot, tout un levain d'ordures et d'ignominies éclot et grouille sur le fumier de l'excitation vénale et artificielle de l'appétit sexuel.
Les apôtres de Mamon et de Bacchus, les premiers par inté rêt, les seconds à l'aide dune narcose qui fait dégénérer et qui paralyse les sentiments élevés et la réflexion, travaillent de
connivence à entretenir ce marécage ordurier. Les mêmes individus cumulent fort ordinairement les deux apostolats et deviennent eux-mêmes les victimes de leurs deux faux dieux, non sans leur avoir préalablement sacrifié des centaines de leurs semblables.
Afin qu'on me comprenne bien, je me résume comme suit :
a) On rencontre fréquemment la pédérastie, sans trace d'inversion ni de l'appétit sexuel ni de l'amour. Elle se pratique aussi sur la femme par l'introduction de la verge dans le rectum. Mais l'homme normal ne la préfère jamais, ou presque jamais, au coït normal.
b) La masturbation compensatrice, dont nous avons parlé, est très fréquente et cesse avec la possibilité d'un coït normal.
c) La sodomie est souvent aussi compensatrice.
(/) Il en est de même des attentats sur les enfants, qui ne reposent ciu'exceptionnellement sur une disposition héréditaire.
e) L'amour lesbien, le coït par la bouche, l'excitation artificielle du clitoris à l'aide de la langue ou autrement, peuvent avoir une origine tout autre que l'inversion sexuelle ou d'autres perversions.
Toutes ces choses se passent principalement dans les bordels ou avec les prostituées, dans les casernes, dans les internats, dans les couvents et dans les lieux isolés où les hommes, et parfois les femmes, vivent seuls et séparés de l'autre sexe.
Par leur nature même, le sadisme, le masochisme, le fétichisme et l'exhibitionnisme sont beaucoup plus rarement la suite de pareilles habitudes, parce que leur objet et les images auxquelles ils s'associent n'offrent pas par leur analogie une compensation à l'excitation normale de l'appétit sexuel ou ne l'offrent qu'accessoirement et insuffisamment.
Je suis obligé de contredire ici von Krafft-Ebing, qui considère l'exhibitionnisme comme l'effet de l'impuissance de certains individus dépraves par suite d'excès, ou encore comme l'acte inconscient de certains épileptiques. Sans doute, les deux cas qu'il signale peuvent se présenter, mais les exhibitionnistes que j'ai observés étaient tous des psychopathes, dont la perversion était primordiale et héréditaire, à l'exception de quelques personnes chez lesquelles la perversion avait pour origine la suggestion ou l'alcoolisme, qui en avait tout au moins fait éclore la disposition.