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PERVERSIONS SEXUELLES DUES A L'HABITUDE

L'amour lesbien mérite ici une mention spéciale, du fait que le clitoris est, en somme, assez mal placé et que le coït, surtout lorsque l'éjaculation de l'homme se produit rapidement, ne satisfait très souvent pas la femme. Il en résulte que nombre de femmes normales un peu raffinées préfèrent souvent se procurer l'orgasme à l'aide de l'amour lesbien. Celui-ci a ses clubs de perverties, dont beaucoup ne sont donc nullement homosexuelles, ni par hérédité, ni de naissance.

Quoique fort différentes en elles-mêmes des perversions héréditaires, les perversités acquises sont reliées aux premières par une série ininterrompue de dispositions héréditaires latentes plus ou moins accentuées et souvent difficiles à démêler dans les cas particuliers, surtout lorsque la suggestion s'en mêle.

Parmi les perversions sexuelles entièrement héréditaires et congénitales, beaucoup se produisent chez des individus très convenables, souvent même hautement doués et ayant des sentiments délicats et altruistes; nous devons insister sur ce point trop méconnu. Ces gens-là sont sans doute presque toujours plus ou moins névrosés à d'autres égards aussi. Ils se désespèrent eux-mêmes de leur perversion et en ont tellement honte, qu'ils préfèrent souvent emporter leur secret avec eux dans la tombe plutôt que de faire entrer même un médecin dans leurs confidences.

D'autres se confessent occasionnellement à un médecin, et c'est alors que ce dernier voit se dérouler devant lui la vie d'un martyr qui désire la mort et ne pense qu'au suicide. Les natures faibles, les cyniques, les égoïstes, les anormaux, qui sont légion dans les centres dégénérés de notre civilisation corrompue, cèdent au contraire à leur perversion et deviennent fort souvent la proie des tribunaux ou tout au moins l'objet du mépris public. Comme ce sont presque eux seuls qu'on connaît, on en induit, par une généralisation faite à la légère, que les pervertis sexuels sont nécessairement des cyniques, des individus dégoûtants et vicieux ou sans volonté. C'est une induction fausse. Il est malheureusement impossible de juger du nombre des perversions sexuelles que dissimulent un grand nombre de pessimistes et d'originaux des deux sexes, en général célibataires surtout du sexe masculin.

Je ne crois pas me tromper en prétendant que, lorsqu'une perversion sexuelle n'est ni héréditaire, ni favorisée par une disposition héréditaire latente, ni développée ou fixée par l'alcoolisme, il sera ordinairement ou du moins très souvent possible de la guérir par la suggestion ou, et surtout, par la psychanalyse, comme l'ont montré, les docteurs Fran, Grseter. La suggestion agit même fréquemment dans les cas où l'alcool fait éclore une tare héréditaire. Les récidivistes incorrigibles dans le domaine des perversions sexuelles sont donc, j'en suis persuadé, soit héréditaires, soit fortement prédisposés, soit dégénérés par l'alcoolisme. La force originaire de la volonté chez le perverti est aussi d'une grande importance. Les volontés faibles tendent toujours à retomber dans l'ornière.

L'assainissement social des rapports sexuels pourrait certai nement réduire à un minimum, sans grand danger public, les perversités compensatrices ou libidineuses des individus normaux qui s'abstiennent de narcotiques. La prohibition des boissons alcooliques ferait disparaître définitivement non seulement les perversions directement dues à l'alcool, mais peu à peu aussi celles qui sont dues à la blastophthorie alcoolique des ascendants. Les autres perversions héréditaires d'origine non alcoolique ne peuvent, par contre, être définitivement éliminées que par une saine sélection humaine, c'est-à-dire par un eugénisme raisonné.

Les perversions acquises par suggestion, auto-suggestion ou par des émotions pathogènes (psychotraumatisme) seront combattues par la suppression des exemples dépravés qui les causent, ainsi que la thérapeutique suggestive et psychanalytique. Il va sans dire que les pervertis sexuels devront toujours s'abstenir entièrement de boissons alcooliques.

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