‹ La question sociale en EspagneChapitre 10 sur 187 · I. Zancada, op. cit., p · texte numérisé non relu

I. Zancada, op. cit., p

cherchèrent naturellement à attirera eux les classes ouvrières. Déjà, dans la proclamation où il appelait les Espagnols aux armes, en août 1867, le général Prim promettait l'abolition de l'a odieuse contribution des octrois », la disparition du service militaire, el la réduction clés impôts. Après la victoire, le gou\ernement provisoire, présidé par le duc de la Torre, reconnut, dans son manifeste du °25 octobre 1808, la liberté de réunion et d'association pacifique comme dogme fondamental des révolutionnaires espagnols, en même temps qu'il annonça de profondes réformes en faveur du prolétariat.

Nombre de métiers de Barcelone et de la province s'empressèrent de profiter des bonnes dispositions gouvernementales — auxquelles ils n'étaient guère habitués — pour constituer des associations et même une Fédération, le Centre fédéral des sociétés ouvrières i qui, dans un Congrès tenu la même année, décida qu'il serait, en politique, républicain, démocrate fédéraliste, et que, sur le terrain économique, il poursuivrait l'amélioration des conditions du travail. En 1868 aussi, les ouvriers du coton se groupèrent en une Fédération de las 1res clases de Cataluha ou de vapor, qui comprenait trois sections répondant aux divers métiers: préparateurs ds iils, fabricants de fils et tisseurs mécaniques. Ce fut, sans doute, la plus importante société ouvrière qui ait jamais existé dans toute l'Espagne; elle réunit 6.000 fédérés (sur un total, il est vrai, de 70.000 ouvriers du colon que Ton comptait alors en Catalogne) , répartis sur différents points de la province.

Chacune de ces sections locales avait sa commission particulière, son secrétaire et son règlement, et elles se réunissaient toutes chaque année en Congrès, à la lin de janvier.

Le triomphe de la Révolution de septembre coïncida presque avec l'apparition de l'Internationale au sud des Pyrénées. Elle était née à Londres, cinq ans auparavant, mais elle ne pénétra en Espagne qu'après la chute d'Isabelle II. et sa propagande dans ce pays profita naturellement de la liberté accordée par le nouveau régime. Un député italien. Giuseppe Fanelli, ami personnel de Bakounine, et délégué par Y Alliance démocratique socialiste de Genève, vint créer, en 1869, parmi les républicains et les socialistes madrilènes, un petit groupe organisateur de vingt et un membres, parmi lesquels le graveur Morago et le typographe Anselmo Lorenzo.

Ce dernier, que j'ai visité, l'an dernier, à Barcelone, a raconté les origines de l'Internationale espagnole dans un livre des plus curieux et qui dénote certaines prétentions littéraires, intitulé El Proletariado militante.

Fanelli constitua à Barcelone un second noyau, qui avait à sa tête les frères Pelliccr. l'un graveur et l'autre peintre. L'Internationale lit de rapides progrès dans le monde des travailleurs : ils s'eNpliquent à la fois par le tempérament ardent et mystique, à la fois, des Espagnols et par l'état économique si misérable du pays, a cette époque'.

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