Mesure assez différente, selon les régions
ACTION DE L ÉTAT EN FAYEl R DL PROLÉTARIAT AGRICOLE 33:'»
tité respectable pour un pnvs pauvre, comme Tétait alors la Péninsule '.
Il semblait que de telles richesses ne pussent facilement échapper à l'attention des pouvoirs publies, qui en avaient, jusqu'alors, si copieusement abusé. Cependant, lors de l'invasion française, le trésor des pôsitos fut mis en sûreté, et si bien caché... qu'on l'oublia pendant près de cinquante ans !
C'est, du moins, ce que Ton a prétendu. Le 15 août 1849 — nous dit-on — le ministre des Finances, qui en aurait eu connaissance par la lecture d'un livre d'histoire (ce détail semble manifestement exagéré) ~, ordonna une enquête auprès des autorités provinciales, en leur demandant s'il existait encore des pôsitos. 11 n'obtint point de réponse. En 1850, nouvelle enquête. Enfin, après des recherches, on arriva, .en 1863, à cette constatation qu'il y avait encore 3.418 pôsitos, possédant ensemble un trésor de 189.697.020 réauv.
La vérité est que. si les pôsitos demeurèrent officiellement ignorés pendant de longues années, ni l'Etat, ni les députations des provinces (conseils généraux], ni les municipalités, ni même les simples particuliers — politiciens influents, a caciques » de petites villes — . ne se gênèrent, pour puiser largement, comme par le passé, dans les caisses de ces établissements. A partir de 1836
1. D'après la Espana Economka y Financiers du 14 décembre I'.miT.
2. Ce fait a été, cependant, rapporté sérieusement par un Anglais. Henry-W. Wolff, dans son livre Peoples Banks, a record of social and économie success (Londres, 1896), p. 187.
336 LA Ol ESTION SOCIALE EN ESPAGNE
même, le pouvoir central sembla s'en désintéresser complètement, en abandonnant leur administration et leur surveillance aux conseils locaux.
En 1-840, 1854 et 1855, diverses propositions de loi furent déposées aux Cortès, en vue de convertir [es. pôsitos existants en banques «agricoles plus modernes, mais sans résultat1.
La Real Orden du 9 février 1861 marque une nouvelle tentative de réorganisation des pôsitos, en augmentant notamment le personnel chargé de leur inspection et en chargeant les gouverneurs de province de faire une enquête sur ceux qui avaient disparu. Mais les événements de 1868 empêchèrent de donner suite à ces prescriptions.
Le 26 juin 1877, fut édictée une loi pour l'amélioration et la réorganisation des pôsitos, qui créait, dans toutes les provinces, des commissions permanentes, chargées de les inspecter et munies de pouvoirs étendus. La loi avait été sagement étudiée, et elle fut complétée par un règlement qui en prévoyait l'exécution dans les moindres détails..
1. En dehors des tentatives de réforme des Pôsitos, on trouve dans les annales parlementaires espagnoles d'autres projets et propositions de loi concernant l'organisation du crédit territorial : c'est ainsi qu'une ordonnance du régent du royaume, dès 1841, tendait à la création de Banques de laboureurs, mais elle ne donna aucun résultat pratique. Un décret royal de 1881 ouvrit une enquête dans le même but; à la suite de cette enquête, une commission fut nommée par M.Moret, en 1883; M. Romero Robledo organisa des commissions provinciales et locales en 1884; enfin, M. Montero Rios présenta aux. Cortès. en 1886, un projet de loi sur le crédit agricole, bien étudié et très détaillé, mais qui n'arriva pas à être discuté. Une autre enquête fut ouverte en 1887, et de nouvelles propositions ou projets de loi furent déposés au Parlement par MM. Torre Minguez (1894). Rivas Moreno (1896), Moret (1897), Gamazo (1899), Sanchez de Toca (1900). (Voir L. Redonet y Lopez Doriga, op. cil., p. 292 et suiv.. et D. Pazos y Garcia, op. cil., p. 193 et suiv.)
Malheureusement, s'il faut en croire une autorité compétente et impartiale, « les nouveaux organes, créés par la loi de 1877, ne tardèrent pas à être envahis par le vice qui corrompt toute la vie politique espagnole ' ».
En 1885, les statistiques officielles évaluent les ressources métalliques des pôsitos existant à cette époque à 1.592.127 pesetas, et leurs créances à 19.629.142 pesetas. Leurs ressources en nature étaient les suivantes :
En caisse. Au pouvoir des débiteurs.
Blé 99.983 hectolit. 1 .656.903 hectolit.
Avoine . . . 688 » 21.594 »
Seigle . . . 8.089 ' » • 91.097 »
En calculant le blé à 22 pesetas l'hectolitre, l'avoine à 12 et le seigle à 14, on arrive à un total de 40 millions de pesetas : soit un capital de 61 millions, inférieur de près de moitié à celui que donnent les statistiques pour 1800!
A la fin de 1907, lés pôsitos disposaient d'un capital de 94 millions de pesetas (grains, numéraire et immeubles), sanscompterune somme de 206.396.617 pesetas, représentant leurs créances contre l'État, les provinces et les municipalités -.
Le nombre des pôsitos n'est plus aujourd'hui que de 3.460, répartis entre 38 provinces : 4. 144 ont donc disparu depuis 1800, sans qu'on sache à quelle époque et dans quelles circonstances la plupart de ces disparitions se sont produites. Quelques-unes ont