‹ La question sociale en EspagneChapitre 128 sur 187 · Voir L. Redonet y Lopez Doriga. op. cit., p. 337 et suiv · texte numérisé non relu

Voir L. Redonet y Lopez Doriga. op. cit., p. 337 et suiv

préféra liquider, plutôt que de recourir à des mesures judiciaires, qu'elle jugeait aussi funestes pour elle (jue pour ses créanciers1.

L'histoire delà Banque agricole (TOviedo n'est pas moins lamentable : comme pour les précédentes, son échec doit être attribué au manque complet d'éducation et de sens moral chez une bonne part de ses débiteurs campagnards2. Cette Banque avait été établie, en 1857, avec un capital de 309.312 pesetas, provenant, pour la plus grande partie, de la souscription ouverte en Amérique dans la colonie asturienne.

Un grand nombre de caisses de la province de Mincie, du Levant et du Midi, s'appellent Cajas Fontes, du nom de leur propagateur. Ce sont des caisses de secours et de prêts à l'usage des très petites gens, puisqu'elles permettent l'épargne par fractions de centimes par jour. Le taux maximum des prêts est de 3 p. 100 et les intérêts versés pour le dépôt peuvent atteindre, grâce à d'ingénieuses combinaisons, près de () p. 100.

Les caisses de Navarre, dues surtout à D. Yictoriano Flamarique, sont, comme les caisses Chaves, à responsabilité illimitée, sans gain personnel pour les associés. Mais elles sont aussi des caisses d'épargne, et exigent pour chaque déposant l'apport de 10 pesetas qui ne «tonneront pas d'intérêt et qui serviront à la constitution du capital social. Ce type a été reproduit en Aragon et dans d'autres provinces.

I et 2. Voir L. Iledonet y Lopez Doriga, op. cit., p. 340 et suiv.

D'autres tentatives méritent encore d'être signalées. Quelques-unes ont fini même par triompher des multiples obstacles qui leur barraient la route. C'est ainsi que la Chambre agricole de Jumilla (province de Murcie) a fondé une caisse d'épargne (ca/a de ahorros) qui, au lieu de placer ses fonds dans les banques et grands établissements de crédit, les a utilisés pour instituer le crédit agricole avec garantie purement personnelle et moyennant un modique intérêt1.

Pour réaliser cette idée, il a suffi, nous dit le Bulletin de cette caisse, d'une société bien accréditée dans le pays, de quelques personnes, très peu nombreuses, désintéressées, et d'un village ayant suffisamment de culture pour comprendre les avantages qu'on lui offrait, et assez laborieux et honnête pour remplir ses engagements.

Les deux grands apôtres des caisses rurales dans la Péninsule, MM. Chaves Arias et Rivas Moreno, ont fini aussi, à force de persévérance, par triompher de l'apathie et de la routine de leurs compatriotes : le premier, dans la province de Zamora, où les caisses fondées sont sur le type Raiffeisen (responsabilité solidaire des associés) ; le second, dans celles de Murcie, d'Albacete et de Grenade, sur le type Schulze (sans responsabilité illimitée).

Enfin, la promulgation de la loi de 1906 et du règlement de 1908 sur les syndicats agricoles a eu pour conséquence, nous l'avons vu, la création d'un

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