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Malato, loco cilato

38 LA Ql ESTION SOCIALE EN ESPAGNE

nistes pensèrent que le nouveau régime serait de nature à faciliter la propagande et la réalisation de leurs idées. Ce fut une illusion de courte durée. Pi y Margail, le seul homme d'État qui ail manifesté pour eux quelque faiblesse, dut vite abandonner le pouvoir à Salmeron, qui céda la place, à son tour, à Castelar, et ni l'un ni l'autre de ces deux Présidents ne se montra enclin à favoriser l'Internationale. Les troubles qui éclatèrent successivement à Malaga, à Alcoy, à Valence, à Carthagène, à Murcie, à Cadix attestèrent le désenchantement du prolétariat et le travail faitdans les esprits par les théories anarchistes, particulièrement en Andalousie. Dans cette contrée et aussi en Estramadure et dans la province de Badajoz, les paysans procédèrent au partage des terres.

A Séville, un comité de salut public limite la durée de la journée de travail à huit heures et déclare que les relations entre maîtres et ouvriers seront réglées en vertu de la «liberté absolue». Pour préparer « la liquidation sociale», tous les loyers seront réduits de moitié, les biens des églises confisqués, toutes les pensions supprimées. Les fabriques et les ateliers sont fermés, et les terres non exploitées sont attribuées à ceux qui peuvent les faire valoir i.

A Grenade, les « cantonalistes » — comme on appela les promoteurs du mouvement — décident qu'on vendra les églises, qu'on fondra les cloches pour en faire du billon et qu'un impôt écrasant sera levé sur les riches.

i. Laveleye, op. cit., p. 212.

On a voulu voir dans cette insurrection « canlonaliste » une « contrefaçon de la Commune de Paris L ».

Peut-être a-t-on exagéré son caractère socialiste : il est certain, toutefois, que si elle obéit surtout à des tins politiques, les internationalistes rie laissèrent pas d'y jouer un. rôle important". Elle fut, d'ailleurs, assez rapidement étouffée, sauf à Carthagène, que son maire, Salvochea, le « Blanqui espagnol » défendit pendant six mois.

A Barcelone, le conseil local de la Fédération espagnole de l'Internationale proclama la République fédérale, édicta des règles concernant la durée de travail et dressa une table des salaires; enfin, il convoqua 30.000 ouvriers sur la plaza île Cataluha. Mais ce mouvement échoua, comme il avait échoué partout ailleurs — s'il faut en croire les purs marxistes, par la faute de la majorité anarchiste de l'Internationale, qui n'avait cessé de prêcher l'abstention électorale et l'indifférence en matière politique.

Après le Coup d'État du 3 janvier 1874, le maréchal Serrano dissout l'Internationale. Selon le rapport du délégué espagnol au Congrès de Genève (septembre 1873), cette association comptait alors 270 fédérations régionales, comprenant 557 sections de métiers et 117 sections diverses, en tout 674 sections, avec 300.000 affiliés :!. Si l'on estime à 4 ou

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