Op. cit., p. 329 et suiv
2. Aranda, Campomanes et Olavide. lors de leur fameuse tentative de colonisation de la Sierra Morena, s'étaient montrés autrement larges, puisqu'ils laissaient le colon entièrement installé, en lui donnant, en plus de l'habitation, le bétail, lus outils, les semences, en un mot tout ce qui était nécessaire aux travaux de défrichement et de culture.
La loi Besada accorde, il est vrai, aux nouveaux colons certains avantages : elle les exempte, pendant les cinq premières années qui suivront l'adjudication, du paiement de la contribution territoriale, ainsi aue des droits d'acquisition. Enfin, elle accorde des prix en numéraire à ceux qui établiront dans une colonie une industrie agricole ou forestière, à ceux qui feront avec succès l'élevage des vers à soie ou qui augmenteront leurs ressources par l'élevage, la pisciculture ou l'horticulture.
propriétaires, qui se figurent que toute amélioration de la classe des travailleurs doit entraîner nécessairement un renchérissement de la main-d'œuvre rurale.
Toutes ces raisons, jointes au souvenir malheureux de tentatives antérieures, expliquent le pessimisme de nombreux Espagnols et leur peu de confiance dans les lois « de colonisation ».
C'est ainsi que Fermin Caballero les condamnait absolument : du moins, la plus grande partie de l'Espagne ne lui semblait pas réunir les conditions qu'il jugeait nécessaires à leur succès1. Au système de la colonisation, il préférait celui du coto redondo, c'est-à-dire des petites exploitations, créées sur les grands domaines et répandues à profusion dans la campagne.
Pour un économiste plus récent, M. Luis del Valle, il faut distinguer entre la « conception philanthropique » de l'idée de colonisation et sa « conception économico-sociale ». En se plaçant au premier point de vue, l'idée est condamnée : la colonisation constitue, selon le mot de Caballero, un « détestable système de bienfaisance ». Dans la seconde conception, l'entreprise peut réussir, mais c'est à la double condition que l'on y consacre un capital suffisant et qu'on confie son exécution à une intelligente direction technique : et, malheureusement, la loi Besada ne semble pa$ à M. del Valle réunir ces deux conditions indispensables : « la nouvelle loi, écrit-il, est une construction théorique