D'après Francisco Moran, loco cit., p
lui-même allusion. C'est malheureusement recueil où sont venu échouer nombre de lois généreuses et sagement étudiées, comme la loi sur le droit d'association du 30 juin 1887, qui est très libérale, et qui rend, cependant, encore si peu de services.
Avant de songer à introduire des réformes, il importe de mettre le peuple en état de les comprendre.
Cette tache éducatrice sera nécessairement longue, et c'est pourquoi l'État ne doit pas reculer, s'il le faut, devant des mesures coercitives, pour triompher de l'égoïsme des riches et de l'ignorance des pauvres. C'est à cette condition seulement que sera résolue la question agraire.
Mais l'Etat ne saurait prétendre corriger les mœurs des citoyens, s'il ne leur donne lui-même l'exemple, en réformant sa propre administration et en réfrénant le « caciquisme politique ».
Autant que les œuvres d'enseignement, il doit s'efforcer aussi de développer l'esprit d'association et les institutions de crédit. A quoi servirait-il, en effet, de donner la terre au cultivateur, si on ne lui fournit, en même temps, les moyens de la conserver et d'en tirer profit ?
En un mot, « terre libre, peuple éduqué, justice garantie i », telle est la formule en laquelle se résume admirablement la solution de la question agraire chez nos voisins. Il ne leur a peut-être manqué jusqu'ici que la volonté de la mettre à exécution.