V. infra, p. 401 et suivantes
les membres de lu Confédération générale du Travail en France.
Cette analogie ne saurait, au reste, surprendre, si Ton songe que dans les syndicats affiliés à laC. G. T., il se trouve nombre d'anciens anarchistes mal repentis, qui y exercent une influence prépondérante.
Chez les uns comme chez les autres, c'est la même antipathie contre l'État et la patrie, le même désir de mener la lutte contre la société capitaliste en dehors des partis politiques, un égal mépris du suffrage universel, l'intention arrêtée de ne compter, pour mener à bonne lin la révolution sociale, que sur les forces du prolétariat. Tout au plus, peut-on remarquer que les libertaires sud-pyrénéens ont admis d'emblée cette conclusion, à laquelle nos « syndicalistes » ne sont arrivés qu'après l'expérience pleine et entière — décisive, selon eux, et qu'ils jugent désastreuse — que la France a faite de la démocratie.
LeCongrèsanarchisted'Amsterdam. en août 1907, a donné raison aux anciens « collectivistes » de la Péninsule, en ralliant les anarchistes à l'idée d'organisation ; il s'est prononcé pour la constitution de groupes locaux et de fédérations nationales, entretenant des rapports entre elles ainsi qu'avec le bureau de Londres, et il a adopté la thèse, soutenue par Malatesta, du syndicalisme comme moyen anarchiste. Le résultat de ces décisions n'a pas tardé à apparaître au sud des Pyrénées, et, en janvier 1908, il s'est constitué à Barcelone une nouvelle Fédération, la Solidaridad obrera, qui groupe, parait-il, 103 syn-
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dicats et 24.000 membres, et qui entretient d'étroites relations avec la Confédération Générale du Travail française. C'est sur ses instances, que notre Confédération Générale du Travail est intervenue, le 16 avril dernier, en faveur des condamnés d'Alcala del Valla, par une lettre adressée au président du Conseil, M. Maura. Enfin, la Confédération espagnole semble avoir joué un rôle important dans les récents événements dont Barcelone a été le théâtre (juillet 1909), et sur lesquels, à l'heure où nous écrivons, la lumière est loin d'être faite1.
Le socialisme marxiste n'a pas remporté en Espagne les mêmes succès que Fanarchisme bakouniste, et ceci n'a pas besoin de longues explications. En dehors des raisons historiques que nous avons données, de ce fait surtout que \ Internationale fut introduite au sud des Pyrénées par un disciple et ami du célèbre agitateur russe, il faut dire que le tempérament individualiste et violent et l'esprit simpliste, épris d'idées grandioses, des Espagnols, les porte d'un coup aux théories extrêmes, tandis que leur soif de clarté et leur manque de culture scientifique répugnent aux conceptions un peu nébuleuses et trop ardues de l'auteur du Capital et de ses disciples d'outre-Rhin.
Le socialisme espagnol est personnifié par un an-