‹ La question sociale en EspagneChapitre 27 sur 187 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

A. Observations générales.

Le manque de statistiques et de sources certaines d'information.

I. La population ouvrière ; les recensements de 1887 et de 1900. Conclusions qu'on en peut tirer : 1° l'extrême supériorité numérique des agriculteurs par rapport aux travailleurs de l'industrie : 2° l'industrie en Espagne est excessivement localisée.

IL Le coût de la rie : dans quelles proportions elle a augmenté depuis 1827, et principalement entre 1900 et 1909.

III. Le taux des salaires : divers documents qu'on peut utiliser.

B. Monographies particulières.

IV. L'ouvrier en Catalogne : Importance de la population ouvrière de cette région. Les salaires. Le mode usuel de paiement. La durée du travail. L'hygiène des ateliers. Les grèves. Les « sociétés de résistance » et la défense patronale.

V. L'ouvrier en Biscaye : les travailleurs des mines et de la métallurgie. Les grèves de 1890, 1892, 1903 et 1906 dans la zone minière : leurs causes et leur solution. La propagande socialiste et l'enquête de l'Institut de Réformes sociales. La journée de travail. Les salaires. Les modalités de paiement. Les cantines. Le coût de la vie. Les économats patronaux.

VI. L'ouvrier dans la province de Madrid : la population industrielle. La journée de travail. Les salaires. L'alimentation. La question du logement.

VIL L'ouvrier en Galice : La misère et l'esprit révolutionnaire. La propagande anarchiste. Les grèves de ces dernières années.

VIII. L'ouvrier dans les Asturies: salaires, journée de travail, alimentation. La propagande socialiste.

Dès que l'on aborde l'étude du problème ouvrier

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au sud des Pyrénées, on se heurte à un écueil, quasi insurmontable, qui est l'absence à peu près complète de statistiques suffisantes et dignes de foi- Si l'on peut, à la rigueur, se faire une idée approximative du développement économique de la Péninsule et des fluctuations de son commerce, grâce aux chiffres publiés chaque année par la Direction générale des Douanes espagnoles, il paraît, en revanche, bien difficile d'apprécier l'importance numérique de sa population ouvrière, agricole ou industrielle.

De manière générale, les statistiques officielles, éparpillées dans les cartons des différents ministères, à Madrid, sont incomplètes et mal faites, et — ce qui est plus grave — elles sont loin de concorder toujours entre elles. La plupart des savants étrangers, qui se sont occupés de la Péninsule, ont déploré un pareil état de choses. C'est ainsi que l'Anglais Palgrave traite les statistiques espagnoles de very scanty in formation ; six seulement, parmi toutes les publications officielles, trouvent grâce devant le professeur Conrad1 ; et de son côté, M. Mischler, de l'Université autrichienne de Graz, écrit, au sujet des mêmes publications, « que la plus grande partie de leur contenu s'épuise en tables... »

Cela est dû surtout au manque de méthode et d'esprit de suite — qui est un des défauts enracinés de l'administration au sud des Pyrénées. Son excuse est la difficulté de mener à bonne fin une enquête sérieuse, en raison de la mauvaise volonté

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