Statistik, tome I", Iéna
des autorités locales et des populations consultées, à cause aussi de l'insuffisante préparation scientifique du personne] chargé d'établir les statistiques, qui ne sait pas toujours tirer parti des matériaux qu'il a entre les mains. Bien que des progrès sérieux aient été réalisés à cet égard — surtout depuis la création de l'Institut de Réformes sociales, — dont nous aurons l'occasion, au cours de ce volume, de louer la féconde et utile activité — il reste encore beaucoup à faire, avant de posséder une série de données sérieuses, sur lesquelles on puisse étayer une étude vraiment scientifique. Et cette absence de documents exacts et contrôlés n'est pas seulement déplorée par l'économiste, qui étudie l'Espagne ; elle est encore plus regrettable, oserai-je dire, pour les pouvoirs publics eux-mêmes : vu l'impossibilité où iis se trouvent de diagnostiquer exactement les maux dont souffre le pays, ils ne sauraient prétendre leur porter remède
Un des maîtres de l'Université espagnole. M. Vicente Gay, l'a parfaitement compris, en demandant plus de méthode et plus d'unité à la fois dans l'établissement des statistiques : « La création d'un Institut national de statistique, sur le modèle de l'Institut Impérial allemand, serait, écrit-il, un pas de géant pour l'Espagne... » Et il ajoute : « A l'heure actuelle, il n'y a point pour nous d'autre politique possible que de cheminer à la grâce de Dieu, ou de nous laisser guider par les feux-follets de vagues idéals, lorsque l'activité des partis politiques ne s'épuise pas en vaines rivalités oligarchiques... Il en
sera ainsi, tant que nous manquerons des éléments de connaissance complexe des masses... Dans les ténèbres, il n'est pas possible de faire de politique rationnelle. Il n'y a ]>as d'autre remède que de s'abandonner au hasard ou à l'improvisation... »
Malheureusement pour le sujet qui nous intéresse, les statistiques établies par Ylnstituto geografico y de Estadistica de Madrid, à qui ont été confiés les recensements officiels par professions, n'échappent pas aux critiques générales que nous venons de formuler. Les dernières datent de 1887 et de 1900, mais il est impossible de les comparer entre elles, car elles ont été faites sur des plans et d'après des -\>tèmes différents, le recensement de 1900 ayant été seul établi, soi-disant, d'après le système Bertillon. On aura une idée de leur peu de valeur scientifique par les tableaux-annexes, que nous publions à la fin de ce volume (V. tableaux A et B)1.
Les chiffres, que nous reproduisons ici, à défaut d'autres indications, ne sauraient donc être acceptés que sous la plus expresse réserve.
D'après le recensement de 1887, pour une population de 17.565.63:2 individus, le nombre des personnes s'adonnant à l'industrie (manufactures, mines et leurs dérivés) s'élevait à 243.867, dont 198.113 hommes et 45.754 femmes, contre