V. supra, p
LA CONDITION Dl PROLÉTARIAT DE L IND1 STRIE 93
ouvrier en Catalogne et à Barcelone, en particulier, semble s'être ralenti. La société qui avait provoqué la grève de 1902, la Fédération Metalurgica, fut dissoute, en mai 1905.
Les années suivantes, on ne peut guère citer que des grèves partielles, sans importance : il n'y en a pas eu plus de 23 pour toute Tannée 1905, avec 1.6T6 grévistes : 19 ont échoué. En 1906, 23 grèves également pour 18 métiers et 2.491 grévistes. Ces chiffres ne semblent pas avoir été dépassés en 1907 et 1908. Plus encore que l'insuccès de 1902, c'est la crise industrielle qui suffit à expliquer ce calme relatif. Beaucoup d'ouvriers catalans ont dû s'expatrier et ont été remplacés par des travailleurs, venus d'autres provinces.
Un économiste catholique, M. Sastre, qui s'est fait une spécialité de l'étude des questions ouvrières à Barcelone, estime que le nombre des ouvriers syndiqués en « sociétés de résistance » -*— qui dépassait 45.000 en 1902 — n'estplus, en décembre 1908, que de 10.000 à peine. Sur 88.000 ouvriers environ, qui composent la population ouvrière de Barcelone, il n'y en aurait que 9.457 qui seraient syndiqués, soit par rapport au chiffre total une proportion de 10,7 p. 100 seulement1.
Ceci n'empêche pas les sociétés qui existent d'avoir un caractère révolutionnaire très marqué, en général. Nous avons, de plus, constaté la tendance des anciennes Fédérations anarchistes à se recons^