Historia ciel lujo y de las leyes suntuarias
2. Memorias del comercio, de la marina y de las arles de la antigud ciudad de Barcelona.
3. Loi du 6 août 1811. Voir infra, p. 171, 177. 381 et suiv.).
Quant aux biens du cierge, ils furent également sécularisés et vendus, à la suite de la suppression des ordres religieux par Mendizabal en 1836 : l'œuvre de ce ministre resta, pourtant, incomplète et plusieurs lois ou Concordats, en 1845, 1851 et 1857, opérèrent un retour en arrière.
Mais l'effet de cette double mesure ne fut pas aussi heureux, semble-t-il, qu'on eût pu l'espérer. Le partage des biens du clergé ne se fit point, comme en France, en faveur des petits propriétaires, des paysans : ceux de ces biens, que l'on mit en vente, fuient achetés parles seules personnes qui eussent alors à leur disposition les capitaux nécessaires, c'est-à-dire par les usuriers, par les « caciques » de village ou les bourgeois des villes. Quant à la disparition des biens communaux, comme nous le verrons, elle fui assurément désastreuse pour les pauvres gens — si nombreux dans les campagnes — qui y trouvaient l'unique moyen de ne pas mourir de faim..,1.
Les paysans conservèrent, cependant, dans quelques régions, — en particulier dans les Pyrénées catalanes, — le droit de pasto, c'est-à-dire la liberté de faire paître leurs troupeaux dans les propriétés
1. « Quand j'avais seize ans, il y avait encore des dehesas boyales (terres de labour), des terres communales. Le pauvre pouvait les ensemencer, il y coupait aussi du bois, des genêts, il y récoltait des spartes et même parfois du charbon et du poussier. 11 pouvait aussi y chasser la perdrix ou le lièvre et même d'autre gibier. De la sorte, s'il connaissait la pauvreté, il ne savait pas ce que c'était que la faim. Aujourd'hui, toutes ces terres sont devenues des domaines privés, et le pauvre, s'il n'a pas de travail, meurt de faim, et s'il s'empare de ce qui n'est pas à lui. il va au bagne... » (Lettre de l'agitateur Perez del Alamo à J.-J. Morato, dans VHeraido de Madrid, ~2'J juillet l'JOS.j
il LA Ql ESTION SOCIAL;-. EN ESPAGNE
ouvertes, quand elles sont en friche, et môme, comme à Santander el dans une partie des Asturies, dans les propriétés closes, après la récolte, en dépit de toutes les dispositions édictées pour prohiber ces derrotas, assez analogues à la « vaine pâture » du droit français.
La communauté primitive des terres a subsisté aussi dans certaines parties de la Catalogne, dans les vallées du Ter, de Tresser, à Urgel, notamment. On signale aussi des partages périodiques de terres municipales à Sayago (province de Zamora), sur plusieurs points de la province de Léon, de l'Estrémadure, et môme dans la région occidentale de la Castille1.
Mais ces survivances, — en somme, peu importantes — n'arrivent pas à faire oublier les effets déplorables qu'eut le partage des biens communaux sur la situation du prolétariat des champs".
Les conséquences de la disparition des grem'ios, — définitive, comme je l'ai dit, en 1835, — ne furent pas moins fâcheuses pour les ouvriers des villes : le régime coopératif leur était devenu odieux, à cause des atteintes qu'il portait à leur liberté, mais il n'en était pas moins préférable à l'état diso-
1. Voir G. de Azcàrate, Ensayo sobre lu historia del derecho de I'road y su estado actual en Èuropa (3 tomes, 187'.)), p. 180 et suiv.
et R. Altamira, Historia de la pyopiedad comunal (18'JO).